‹ Joseph Bonaparte en Amérique: 1815-1832Chapitre 19 sur 41 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Sommaire: Campagne toute d'opinion. — Lettres à M.Lacoste. — Redevenu un Bonaparte. — Idées Napoléoniennes. — La légende. — Ecrits sur l'Empire ou l'Empereur. — Tacticien habile. — Connaissance des hommes. — Raison et dialectique. — Finesse de Louis-Philippe. — L'intérêt individuel. — Le roi bourgeois. — Du côté des vainqueurs. — Les chefs libéraux. — Le vide autour de l'idée bonapartiste. — Mémoires de Lavalette. — Tableau histo'rique sur les Etats-Unis. — Family library. — Mémoires de Fouché. — Article de M. de Cormenin. — Coopération active au Courtier des Etats-Unis. — Article : Cendres de Napoléon. — Charles Lameth et l'Empereur. — Article du National. — Homme politique et chef de parti. — Lettre à Ch. J. ingersoll. — Le général Lallemand ne donne pas signe de vie. — Travaux du Rail Road. — Proposition de Lafayette. — Défense de trente heures. — Impossibilité d'abandonner Napoléon II. — Classes populaires, riches banquiers et négociants de Paris. — Appui contre la République. — Considérations \ historiques. — Informations précieuses. — Entre les lignes. — Histoire officielle. — Lafayette désillusionné. — Le duc de Reichstadt. — Son portrait. — Paroles de l'Çmpereur d'Autriche. — Propos des princes de Melternich et Esterhazy. — Il tempo e galant homo. — Cuisine de journal. — Docteur Antomarchi. — Le maréchal Marmont. — Gravures — Avide de nouvelles politiques. — Lettres de 0. P. Q., du Movning Chronicle. — Discours de Lafayette, Maugnin, Lamarque, etc. — L'Esprit de la Révolution. — M. Walch et la National Gazette of the United States. — Les Erreurs de Boui^nerme. — Ingersoll et son ouvrage. — Sous la dictée des faits. — L'homme se livrant tout entier. — Tâter l'opinion. — M. de Flahaut. — En sûreté, mais mal reçu. — Victor Beslay et la lettre à Lafayette. — Proclamation de 1815.

— Réponse de Lafayette. — Le frère de TEmpereur. — Un oubli. — Principes généraux et propositions faites. — Gages. -^ Avis de libéraux. — Parti national. — Colonel Combes. — Le peintre Goubaud et M. Orsi. — Le général Lallemand et sa mission. — Dollars et lettre. — Intérêts communs. — Séduction. — Bonhomie et mépris. — Homme d'action. — Un bras non une tête. — Origine d'une dette. — De grands enfants. — Ney et Napoléon. — Mouvements réflexes Nature faible et principes solides. —

Défaut de la cuirasse. — Les circonstances. — Symbole vivant. — La liberté des Deux-Mondes. — La meilleure des Républiques. — Naiveté. — Les couleurs nationales. — Point de vue. — Une passe d'armes. — Situations de jadis.

— Drapeau des Tuileries. — Royalistes et bonapartistes.

— Le terrain se dérobe. — Les membres de la famille Bonaparte. — Action politique efficace.

La position prise par Joseph vis-à-vis du nouveau régime établi en France et consacré par Texercice non contesté du pouvoir, l'obligeait à une campagne toute d'opinion. Il ne s'agissait plus d'opposer immédiatement le gouvernement du duc de p.eichstadt au gouvernement de Louis-Philippe existant de fait sinon de droit; il fallait ramener les esprits à l'ordre de sentiments et de principes que ce jeune prince incarnait en sa personne. Ce fut dans ce but que le chef de famille des Bonapartes, non seulement subventionna un certain nombre de journaux; mais encore en fonda un, exclusivement à sa dévotion : le Courrier des États-Unis.

Un certain nombre de lettres, adressées à M. Félix Lacoste, directeur de cette feuille,

va nous permettre de voir avec quelle activité, avec quelle attention et avec quelle tension d'esprit de tous les instants, celui qui n'est plus que de nom le comte de Survilliers et que les circonstances viennent de faire redevenir un Bonaparte, s'occupait de la propagande faite pour le triomphe des idées napoléoniennes. Il ne se contente pas de donner la note politique qui devra servir de ligne à ce journal : il s'occupe du passé comme de l'avenir, soigne la légende et s'efforce, par tous les moyens à sa disposition, de lui conserve? son caractère de noblesse et de grandeur. Il lit tout ce qui s'écrit sur l'Empire ou sur l'Empereur. Il relève les erreurs, met en lumière la calomnie, attaque vigoureusement les ennemis perfides et ne les quitte que percés à jour. Il fait des extraits des ouvrages favorables et des analyses d'articles de journaux amis. Tout lui sert d'arme, les fautes des adversaires comme le concours des partisans. Il se montre excellent tacticien, habile général et véritablement homme politique d'incontestable valeur durant toute cette campagne. Il y fait preuve d'une connaissance des hommes qui rappelle, par bien des points, la sûreté de coup-d'œil, sous ce rapport, de Napoléon. Il établit les principes avec ime hauteur de jugement, une vigueur de logique

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et une richesse d'argumentation véritablement remarquables. Si la raison et la dialectique menaient les choses humaines et devaient fatalement remporter la victoire, il est indubitable qu'il eût conquis rapidement le trône souhaité pour son neveu. Malheureusement, il n'en est pas ainsi, et il put bientôt s'en apercevoir. La finesse malicieuse et l'astuce de Louis-Philippe se firent un jeu de mettre à néant tous ses beaux projets et ce magnifique plan. Il opposa à l'honnêteté, à la dignité et aux calculs supérieurs de Joseph le piège, toujours certain, du succès, de l'ifttérêt individuel. Joseph connaissait les hommes, nous l'avons dit, mais à la façon de son frère, voulait les mener par leurs beaux côtés. Le roi bourgeois s'adressa à leurs instincts les plus mesquins. Les hommes, du régime renversé par la Révolution de Juillet ne lui inspiraient momentanément aucune crainte :

c'étaient des morts ou des blessés. Il se retourna donc du côté des vainqueurs et les convia à la curée. Parmi ceux-ci, il était surtout indispensable de rallier les chefs libéraux qui n'avaient prêté qu'un concours conditionnel, et qui, désappointés, pouvaient tourner les yeux vers l'héritier du grand capitaine à qui ils devaient, pour la plupart, leur fortune et leur rang social. Il s'attacha à les combler

et réussit, de cette façon, à faire le vide autour de ridée bonapartiste, ruinant ainsi l'édifice que se plaisait à élever, en imagination, Texilé de Point-Breeze.

Les lettres auxquelles nous venons de faire allusion vont nous permettre de suivre pas à pas toutes ces machinations, qui appartiennent aujourd'hui à l'histoire. Voici la première de ces lettres:

Point-Breeze, 30 octobre 1830.

Monsieur,

J'ai reçu les deux volumes de M. Lavalette. C'est encore un ouvrage qui n'est pas de l'homme dont il porte le nom : j'en trouve bien des preuves évidentes. Il est plein de fautes que Lavalette ne pouvait pas commettre.

J'ai reçu aussi le Tableau Historique sur les Etats- Unis..,

Les éditeurs du Family Library peuvent trouver dans la biographie des contemporains de quoi compléter les articles qu'ils trouvent trop courts. Gooçoit-on qu'on puisse puiser des notices historiques dans un libelle reconnu libelle par les tribunaux français de la Restauration (les Mémoires de Fouché).

Rappelez ma recommandation à ce sujet : je ne veux pas un numéro de cet ouvrage, si on y rétablit les horreurs que j'ai bâtonnées.

Agréez mon amitié. Votre affectionné serviteur.

Joseph.

J'ai lu et relu avec plaisir dans votre dernier numéro, l'article de M. Gormenin. C'est la métaphysique bien

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développée de ma lettre aux députés de 1830. C'est la seule opinion que je voudrais signer, de toutes celles qu'ont manifestées nos générations prétendues de 1830: qui sont tous des qiiasi hors M. Cormenin*.

La seconde lettre contient la preuve de la coopération active dont avons parlé.

Point-Breeze, 15 novembre 1830.

Monsieur,

Depuis que M. Mailliard vous a écrit au sujet de* M. Gerutti, je ne sais pas ce qu'il est devenu. J'ai lu dans le numéro ci-joint du Nationaly que vous ne recevez pas, je crois, l'article Cendres de Napoléon^ qui m'a paru rédigé avec tant de vérité, que j'ai pensé que vous pourriez l'insérer dans votre journal, en rendant compte des séances de la chambre, à la date du 4 octobre. Je vous l'envoie.

Gomme je conserve tous les articles sur lesquels je puis écrire tôt ou tard, je vous prie de me le renvoyer. Si vous l'imprimez, envoyez-moi dix numéros de votre journal où sera inséré cet article.

Je voulais ajouter que M. Lameth^ avaij; été rayé de la liste des émigrés par l'Empereur ; qu'il avait été employé, ou lui, ou ses frères et ses neveux. Je crois avoir des lettres de lui qui me remercie d'avoir aidé à son retour en France. Il était cousin de Girardin, qui m'a toujours pressé de m'intéresser à cette famille. Mais, peut-être, ferez-vous mieux de vous borner à copier l'article du National.

Rien de> nouveau ici. Votre affectionné.

Joseph^.

* Lettre adressée à M. Lacoste, n« 7, Broad Street, à New-York ; autographe appartenant à l'auteur.

* Charles.

' Lettre à M. Lacoste, appartenant à l'auteur.

Nous reviendrons tout à l'heure à Joseph exerçant ses fonctions d'inspirateur de journal et présidant à l'orientation du Courrier des États-Unis, Mais nous voudrions, pour un instant, laisser de côté sa correspondance avec M. Lacoste, pour replacer au premier plan l'homme politique et le chef de parti. Une lettre du plus haut intérêt, adressée, de Point- Breeze, le 2 janvier 1831, à M. Ch. J. IngersoU, à Philadelphie, va nous permettre de le faire.

Poinl-Breeze, 2 janvier 1831.

Monsieur,

Aujourd'hui seulement je reçois votre lettre du 29 décembre dernier, je suis fâché du contretemps qui vous empêche de venir ici, et je le suis aussi de ne pouvoir me rendre à Philadelphie, avant votre départ.

Je n'ai pas reçu de réponse à ma lettre du 18 septembre à la chambre, et je n'en attendais pas ; je ne sais pas même si elle lui a été présentée par les officiers, à qui elle a été adressée; les événements qui décident de tout dans ce monde restent, et je suis prêt à les recevoir tels qui se présenteront, sans trop de crainte, ni trop de joie. Le général Lallemand est sans doute arrivé en Angleterre, puisque le Boat qui l'y a conduit est de retour à New- York, mais je n'ai encore aucune nouvelle directe de son arrivée en Europe : on avait annoncé prématurément son débarquement au Havre. Les travaux du Rail-Road sont en pleine activité ici devant ma maison, au delà du Tournepicke^ , il paraît

* Voies de péage construites par des particuliers et pour Toutretien desquelles ils percevaient une redevance.

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que cette direction coûtera à la compagnie cinq mille dollars en plus.

Je vous remercie de l'intérêt que vous me continuez, je lis aussi tant bien que mal vos délibérations àHarisbourg.

Je vous prie, Monsieur, d'agréer mon sincère attachement.

Je dois voys dire, que d'après les nouvelles que je reçois de personnes très sûres, que M. la Fayette, avait d'abord proposé à l'Hôtel-de- Ville : !• l'exclusion de tous les Bourbons : 2<» qu'il n'avait aucune objection à la proclamation du jeune Napoléon ; il n'a cédé à ceux qui ont voulu le duc d'Orléans, qu'après une défense qui a duré trente heures.

H est de fait aussi que les combattants des trois journées ont souvent proclamé Napoléon II, que les troupes de ligne ont cédé avec moins de répugnance en entendant ces cris, et que les classes populaires qui se sont battues ne s'attendaient pas à la proclamation du duc d'Orléans : elle a été l'ouvrage des riches banquiers * et négociants de Paris, qui ont craint les mouvements populaires et qui se sont appuyé sur celui qui était présent, et qui leur a paru leur donner plus de garantie contre la République et leur prêter l'appui de son nom, de son argent, et de sa clientèle existant à Paris : ceci est de l'histoire : les journaux sont payés par les adhérents du nouveau gouvernement,

Joseph, comte de Survilliers.

M. Charles Ingersoll.

Cette lettre, dans laquelle Joseph nous apparaît en philosophe qui ne se fait guère d'illu-

* Que Dapin qualifiait lui, de « loups cerviers. >

sion sur les chances de sa démarche auprès des députés, offre un grand intérêt que les considérations historiques qui s'y trouvent développées, basées sur des dessous de cartes dont les historiens de la Révolution de Juillet n'ont peut-être pas tenu assez de compte, à moins qu'ils ne les aient ignorées. On savait bien que le mouvement populaire avait été escamoté par la bourgeoisie. Mais on ignorait généralement que le courant ainsi détourné de sa pente naturelle avait eu un caractère de bonapartisme assez marqué. C'est sur ce point, que Joseph avait un intérêt tout spécial à surveiller et à reconnaître, que ses informations deviennent précieuses pour nous. Cela expliquerait la facilité avec laquelle le nom d'un Napoléon fût accueilli plus tard comme un symbole sauveur. En somme, les déplacements d'opinions et de sentiments, produits par le régime dit constitutionnel, n'auraient été que tout superficiels, n'auraient agi que sur quelques couches supérieures et seraient restés sans action sur les masses profondes.

Dans la lettre qui va suivre et adressée, cette fois, à M. Lacoste, le 8 mars 183d, le comte de Survilliers revient sur ce qu'il a déjà dit à propos de la part prise par Lafayette aux événements de 1830. Il continue à admirer et à respecter la loyauté indiscu-

table du vieux général, mais on sent, à lire entre les lignes, qu'il est moins épris de sa finesse politique et qu'il doute un peu de ses instincts d'homme d'État. Nous le verrons bientôt livrer le fond de sa pensée à cet égard.

Il est vrai que je n'ai pas caché à un ancien

officier, bon patriote, qui se trouvait chez moi lorsque je reçus une lettre du général Lafayette, que cette lettre était effectivement du général dont le patriotisme était toujours pur et dégagé de tout esprit d'intrigue. Voilà tout ce que j'ai dit et dû dire pour faire plaisir à un brave homme qui aime Lafayette et qui a aussi beaucoup d'amitié pour moi*.

C'est à Ingersoll, un des confidents préférés de son amitié, que le comte va faii'e part de son opinion intime sur les capacités politiques du général républicain. Cette lettre contient également divers détails, aussi curieux que circonstanciés, sur le duc de Reichstadt. On y voit, ce que l'on savait déjà, quel culte passionné ce jeune homme avait pour la mémoire de son illustre père, ce qui était moins connu, c'est la bonne humeur avec laquelle l'empereur d'Autriche acceptait, non seulement l'instruction secrète et peu conforme aux désirs de la diplomatie européenne, que son petit-fils parvenait à se donner et, ce qui

* Lettre autographe, appartenant à l'auteur.

n'est pas moins nouveau, c'est l'aveu fait par ce monarque, suivi d'une confidence analogue de son ministre, qu'il accepterait volontiers une restauration impériale, bien loin de s'y opposer par la force des armes. Nous voilà ici fort en désaccord avec les affirmations de l'histoire officielle. Cela arrive, du reste, presque toujours lorsque l'on a sous les yeux des papiers intimes, des relations privées. L'histoire n'est en quelque sorte, la plupart du temps, qu'une belle façade d'édifice avec grandioses colonnes surmontées d'un magnifique fronton.

Les portes secrètes sont derrière, et ce sont les mémoires et les correspondances qui savent en faire tourner la clé ou au moins, les entrebâiller.

Point-Breeze, 21 mars 1831.

Monsieur,

Il ya bien longtemps que je ne me suis rappelé à votre bon souvenir ; dans votre dernière lettre vous me demandiez des nouvelles de ma lettre aux députés. Elle n'a pas été lue et n'a pu être publiée dans les journaux, tous payés par le gouvernement et par les Bourbons. On a négocié pour cette insertion et les événements allant toujours leur train, mes amis ont jugé qu'elle ne pouvait être d'aucun bon effet après tant de délai.

M. de la Fayette me mande qu'il a cru que le duc d'Orléans seul, pouvait prévenir la guerre ; aujourd'hui il a été dépouillé de son commandement, il s'aperçoit que le nouveau roi de son choix est Bourbon,

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qu'ainsi, il ne peut vouloir ce que veulent les libéraux et conserver la paix avec la légitimité. Lafayette veut plaire à sa conscience républicaine et à Topinion américaine, et il oublie qu'il est en France, vous voyez ce qui lui en arrive. Le présent est gros de l'avenir, nous verrons.

J'ai de bonnes nouvelles de mon neveu par une lettre de Vienne, d'un ami sûr qui l'a vu plusieurs fois, il me mande : « Il ressemble à l'empereur son père, excepté les cheveux qui tirant sur le blond, il est fort bien élevé, instruit, spirituel. 11 apprend chez le prince Charles tout ce qui a trait à l'histoire de son père, et s'amuse à surprendre son grand-père par les récits qui prouvent qu'il en sait plus que son gouverneur n'avait eu ordre de lui en faire savoir. Gomme TEmpereur l'aime tendrement il s'en amuse beaucoup lai-même ; et il a dit : Je ne ferai pas pour le fils de Napoléon la guerre à la France, mais je ne m'opposerai pas non plus à la volonté nationale, ni aux destins de mon petit-fils, surtout à sa majorité. » Il me revient le même propos de la part du prince de Metternich, et* de Londres, du prince Esterhazy, ambassadeur d'Autriche. // tempo e galant Homo»

Agréez mon amitié. Votre affectionné,

Joseph, comte de Survilliers.

Charles Ingersoll, Esq. Harrisburgh, Pennsylvanie*.

La lettre du 26 avril 1831, adressée à M.Lacoste, nous ramène a.n Courrier des États- Unis et nous offre Joseph exerçant sa direction active sur ce qu'en style de métier on appelle la cuisine du Journal :

* Lettre autographe communiquée par M. lagerfoU.

M. Peugnet vous remettra un numéro du journal de M. >iValsh dans lequel est inséré une lettre du docteur Antomarchi dont vous serez peut-être bien aise de faire usage. Dans l'un des prochains numéros vous pourrez lire une lettre du maréchal Marmont sur le même sujet. On m'écrit qu'elle courre tout Paris (manuscrite) et qu'elle y fait beaucoup d'impression. Recevez-vous le journal de M. Walsh.

M. Peugnet part le l«^ S'il vous le demande, remettez-lui l'une des gravures qui vous restent encore à moi. Offrez-en une de ma part à M. Charles Graham, dites bien que c'est parce que je compte sur la libéralité de ses opinions et son amitié pour moi.

N'oubliez pas que nous sommes très impatients de nouvelles ; que vous avez nos sacs ; que la ligne de New- York, qui part à midi, touche tous les soirs ici.

Je reviens de Philadelphie où j'ai vu plusieurs de vos abonnés. Ils trouvent qu'en général vous mettez trop d'articles de haute science et même de littérature, dans un temps où l'on est avide de nouvelles •politiques. On aime beaucoup votre correspondant parisien, les lettres de 0. P. Q. Vous n'en avez imprimé qu'une, le Moming Chronicle en publie tous les jours. Elles exciteraient plus l'intérêt que vos articles Transfusion dv sang dont vous menacez encore vos lecteurs. Ce que je vous en dis n'est pas pour moi, car j'ai lu l'article dont je parle et que je lis journellement , dans M. Walsh les lettres de 0. P. Q., mais c'est pour les lecteurs qui ne reçoive que votre journal qu'il importe de ce point laisser usurper par la littérature ou les sciences une place où ils voudraient lire jusqu'à satiété des récits ou des opinions politiques. Les discours de MM. de Lafayette, Mauguin, Lamarque, Salverte, celui du général Bachelu que je lis dans le numéro 57 du National et d'autres sembla-

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bles, intéressent autrement la curiosité. Ils nous évitent le travail de la traduction qu'exige la correspondance de 0. P. Q.

Je vous renvoie V Esprit de la Révolution dont je n'ai pas fait usage et dont j'aurai besoin lorsque vous vous en serez servi. Il y a un tableau des neuf constitutions adoptées par la nation depuis 89 avec renoncé du nombre des votes qui les ont sanctionnés. Peut-être est-ce un des articles que vous avez désignés pour en faire usage*.

Le M. Walsh auquel il vient d'être fait plusieurs fois allusion dans la lettre que nous venons de transcrire, était éditeur de la National Gazette of the United States^ de Philadelphie, et le billet qui va suivre nous prouve que Joseph exerçait son action indirecte sur ce journal, comme sur un certain nombre d'autres. Ici, comme presque en chaque occasion où nous voyons ce prince entretenir des relations intéressées avec la presse, il s'agit de rectifications historiques, de vérités à rétablir en face de faits falsifiées volontairement ou simplement par ignorance.

Philadelphie, 23 mai 1831, Monsieur, Vous \ errez par la lettre ci-jointe qu'il faut chercher ailleurs que chez M. du Ponceau les Erreurs de Bourrienne^.

* Lettre autographe appartenant à l'auteur.

* Les Mémoires de Bourrienne, mis en ordre et rédigés par Max de Villeinarest, ont paru en 10 volumes in-8«. à Paris en 1829. Cette publication souleva de vives protestations et, Tannée suivante, parut Bour^

Le consul de France vous les a-t-il rendus ?

Agréez, Monsieur, ma considération la plus distinguée*.

Le nom dlngersoll est revenu fréquemment sous notre plume, suivi de quelque communication intéressante concernant la personne ou les faits et gestes du comte de Survilliers. Les deux lettres que nous venons de reproduire, à lui adressées, et dans lesquelles Joseph parle à cœur ouvert, donnant l'impression d'un ami traité comme un autre lui-même, prouvent à quel point cet américain sagace, expérimenté, prudent, sérieux, par conséquent de bon conseil, était parvenu à pénétrer avant dans son intimité. Or, IngersoU a tenu un journal méticuleux, intelligemment circonstancié de ses rapports avec ce prince. Ce journal n'existe plus ; mais la partie la plus importante a été reproduite par l'auteur dans un ouvrage, bien souvent consulté par nous, intitulé : History of the Second War, etc. Il en occupe les chapitres III et IV, c'est-à-dire près de 300 pages du premier volume de la seconde série. C'est à cette relation, écrite sous la dictée des faits, que nous allons faire des em-

rienne et ses erreurs volontaires et involontaires, etc., 2 vol., in-8«, ouvrage dû à la collaboration du général Belliard, du général Gourgaud, du comte d'Aure, de Joseph Bonaparte, du baron Âfeneval, et«.

* Lettre autographe faisant partie de la collection de M. Ferdinand J Dreer, de Philadelphie.

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prunts répétés, chargés de compléter, d'éclairer et d'encadrer les propres lettres de Tex-roi.

Ce sera comme si nous les replacions dans le milieu môme qui les a vu tracer, au sein des circonstances qui les ont motivées, dans Tair ambiant, l'atmosphère morale qui leur sont propres.

Jamais nous ne nous serons trouvés aussi près, du moins aussi constamment près de Joseph ; jamais nous n'aurons été à même de le mieux étudier, pouvant confronter ses paroles avec ses écrits ; mots volants, imprévus, nésdu moment, de prime-saut, avec les lignes écrites, pensées à loisir, mûrement pesées. C'est Thomme se livrant tout entier, et cela, à l'époque la plus active de la période de sa vie que nous tachons de fixer.

En même temps que Joseph cherchait à amener à lui, c'est-à-dire à l'idée impériale, l'opinion publique en Europe et aux Etats-Unis, il faisait tâter, chaque fois qu'il en trouvait l'occasion, cette opinion publique. Il se servait pour cela de toutes les relations de parenté, d'amitié, ou simplement de sympathie politique, qu'il trouvait à sa portée. C'est ainsi que nous le voyons réclamer de M. de Flahaut^ des communications sur l'état des esprits en Angle-

* IngcraoU qui tient peut être la chose de la bouche même de Joseph, donne le comte de Flanaut, comme fils de Talleyruad et de Madame de Souza.

terre. IngersoU va nous parler de la réponse à ces demandes.

Le 25 mai 1831, Joseph me lut sa réponse (à M. de Flahaut) datée de Londres 10 mars* à la question qu'il lui avait posée.

A savoir s'il pourrait débarquer sans danger en Angleterre. Le comte de Flahaut l'informait qu'il serait en sûreté dans ce pays ; mais mal reçu, parce que non seulement le gouvernement britannique, mais aussi la population, était manifestement pour le nouveau roi des Français 2.

Les extraits du journal dlngersoU nous ranaènent à la personne de Lafayette et nous initient à l'échange de lettres que la Révolution de 1830 amena entre Joseph et lui.

Le premier acte de Joseph, dès que la nouvelle de la Révolution lui fut connue, avait été d'écrire à Lafayette (7 septembre J830), une lettre qui devait lui être portée par le général Lallemand. Mais ce dernier, ayant été retenu par un accident, le message fut remis par Victor Beslay, ûls d'un député libéral de la Chambre française^, que j'ai eu l'occasion de rencontrer à Point- Breeze. Dans cette lettre, il protestait contre le gouvernement de tout Bourbon en Fra.nce, et posait son principe favori que : des familles particulières ne pouvaient avoir que des devoirs à remplir envers la nation, et que la nation seule avait le droit de choisir la forme de son gouvernement. Joseph assurait Lafayette que,

* La Icllrc de Joseph avait clé écrite en septembre 1830.

« IngersoU. Tome !•' 2« Série, p. 390.

3 Victor Bcslav, qui fut plus tard lui-même député, était fils de Charles Beslay, député de Poutivy (Morbilian). C'est le même Charles Beslay, qui fut délégué à la Banque de France durant la commune de 1871.

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du moment où il voyait figurer le nom du duc d'Orléans parmi ceux des hommes au pouvoir, il était dans son intention de se rendre immédiatement en France, n'oubliant pas que son neveu avait été appelé au trône en 1815 par les députés que les baïonnettes étrangères avaient seules dispersés. Le 26 novembre 1830, Lafayette répondit par une lettre commençant ainsi : « Avec Taffectioi^ et le respect pour la bonté dont vous m'avez donnée en tout temps des preuves, et pour laquelle ma gratitude et mon attachement n'ont pu que s'accroître à la suite de notre dernière conversation confidentielle, conversation durant laquelle ont été agitées des questions se rapportant au passé, au

présent et à l'avenir n Dans cette lettre, il expose

d'une façon très détaillée, pourquoi il a donné la préférence à un d'Orléans plutôt qu'à un Bonaparte. Votre frère, grand et incomparable, mais dont le système était basé sur le despotisme, l'inégalité, le servilisme et la guerre, aurait ramené ces fléaux, suite ordinaire de la gloire militaire. » Ensuite, les motifs qui déterminèrent Lafayette à se rallier à Louis- Philippe, sont longuement énumérés. L'avenir se chargea de renverser bientôt ce beau jugement en le mettant en contradiction avec les faits. Le 15 janvier 1831, Joseph répondit par une lettre (qui fut égarée, ce qui amena un changement de date, l®^ avril, ainsi qu'un post-scriptum) lors de l'envoi. Joseph s'y faisait le défenseur de l'Empereur « qui avait été contraint à la guerre d'Angleterre, et amené par la guerre à la dictature. Quatre mots qui contenaient l'histoire de l'Empire, dont la constitution aristocratique n'eut qu'un but : reconcilier l'Europe avec la France impériale*. )>

* Ingersoll, Mistory of the Second W(ir^ etc., l*' vol., 2" série, p. 390, 391.

Lafayette, quoiqu'il fasse allusion dans sa lettre à la conversation qu'il eut à Point-Breeze avec le comte de Survilliers, lors de son triomphal voyage aux Etats-Unis, semble un peu avoir oublié la teneur de cette conversation. Il parle des principes généraux qui l'ont empêché de se faire le champion d'un# restauration napoléoniene. Or, l'époque de sa visite à Bordentown, où les principes n'étaient pas encore bien ancrés dans son esprit, où il ne reculait pas devant un compromis politique les rejetant dans l'ombre, puisqu'il proposait à Joseph, considéré dans cette négociation comme chef de lafamille Bonaparte, de préparer la Restauration du régime impérial sous le nom du duc de Reichstadt, et il ne s'agissait pas de phrases banales, dépouillées de toute sanction, puisque la somme estimée nécessaire pour arriver au résultat indiqué avait été fixée par le Général lui-même. La seule excuse que pouvait faire valoir actuellement Lafayette, c'est que les temps étaient changés et que Louis-Philippe avait donné des gages au parti libéral, tout au moins, que ce parti se figurait en avoir de suffisants pour agir d'un commun accord avec ce monarque. Pourtant, si nous en croyons Ingersoll, tous les libéraux n'étaient pas d'accord, même avec le général-citoyen :

Joseph, dit Fauteur de la seconde guerre, etc., reçut

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plusieurs lettres de différentes personnes en France, toutes le poussant au retour par l'assurance qu'ils lui dpnnaient des dispositions favorables de l'opinion pour former un parti national contre les royalistes. Victor Beslay, ainsi que le colonel Combes, écrivirent dans le même sens des lettres dont Joseph me fit lecture le 4 avril 1831*.

L'écho de ce mouvement de l'opinion publique n'arrivait pas seulement jusqu'aux oreilles du comte de Survilliers ; divers membres de la famille Bonaparte, s'agitant par contre-coup, écrivirent aussi à Joseph pour le pousser à l'action :

En sus des nombreux messages et lettres que reçut le comte en 1831, arrivèrent au mois de décembre, le peintre de portraits Goubaud^ et M. Or si, fils d'un banquier de Livourne, envoyé par Hortense, femme de Louis Bonaparte et par son fils Louis ^, lequel le pressa de partir, l'assurant que le moment était propice pour renverser Louis-Philippe. Ces affirmations ne l'entraînèrent pas pour l'instant, mais ranimèrent ses espérances et agirent sur la résolution qu'il prit dans la suite*.

Tandis que Joseph recevait tant de courriers le rappelant de leurs vœux en Europe, une lettre sur laquelle il avait à bon droit de toutes autres raisons de compter, n'arrivait

< Paçes 391, 392.

* Artiste qui peignit le beau portrait de Joseph dont nous donnons une reproduction gravée en tète de cet ouvrage.

* Depuis Napoléon III.

. *^Cai. J. Ingcrsoll, History of the Second War,elc., p. 392, 393.

364 JOSEPH BONAPARTB

toujours pas à Point-Breeze. Le général Lallemand% dont la venue en Angleterre n'était plus depuis longtemps un doute pour Joseph *, devait avoir eu tout le loisir de remplir la mission dont il s'était chargé. Ingersoll, très sévère pour le général donne en ces termes la cause selon lui, de ce silence injustifiable :

Lallemand était parti pour la France avec des lettres de Joseph et plusieurs milliers de dollars, qui lui iurent avancés. De l'argent, il n'en rendit jamais compte. Quant aux lettres il les livra à Louis-Philippe, qui lui conseilla, comme on me Ta rapporté à moi-môme, de les brûler, parce que rien ne pouvait être fait ni pour ni par la famille Bonaparte ; que, d'ailleurs, les partis orléanistes et bonapartistes avaient des intérêts communs en France et qu'il était tout disposé à les employer (comme il Ta fait pour Lallemand) contre la branche aînée ^.

On le voit, le général Lallemand fut un des hommes sur qui Louis-Philippe exerça sa pateline séduction et qui se laissèrent prendre à Thameçon de sa bonhomie si fine au fond, si dédaigneuse,, faite du mépris du troupeau humain destiné à être mené par des subtilités de bourgeois retors. Ingersoll porte un jugement trop tranchant, trop tout d'une pièce,

* Parti de New- York à destination de Liverpool, le dimanche 24 octobre 1830, sur le navire John Jay {Poiûson., mardi 26 octobre). U reçut de Louis-Philippe le commandement de deux brigades de cavalerie, dans la 5« division militaire.

* Voir sa lettre à M. Ingersoll en date du 2 janvier 1831.

» Ch. J. Ingersoll, Hittory of the Second War, p, 386.

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sur cet officier rallié au gouvernement de la classe moyenne. Lallemand était avant tout un homme d'action, tout de premier mouvement, par conséquent obéissant bien plus à l'impression du moment qu'à un calcul ou à un raisonnement quelconque. Il se jette dans les bras, paternellement ouverts de Louis- Philippe, comme il s'était jeté dans ceux du frère de l'empereur le traitant en ami ; comme il s'était lancé dans l'aventure, puis dans les aventures du Champ d'Asile ; comme il était parti, un beau matin, pour la conquête de l'Amérique centrale, un autre jour pour celle du trône du Mexique. C'était un bras, non une tête, un de ces divisionnaires qu'on ne consulte pas en conseil, mais qu'on fait donner des premiers sur le champ de bataille. S'il ne rendit pas son argent à Joseph, c'est tout bonnement parcequ'il n'y songea pas. Il lui eût ouvert aussi facilement, sa bourse à l'occasion, sans penser qu'il y avait, dans l'acceptation de son offre, l'origine d'une dette.

Louis-Philippe n'avait pas de peine à manier de tels individus. C'étaient de grands enfants sous leurs brillants uniformes. On se rappelle Ney, le plus grand et le plus noble de ce type de militaires, jurant à Louis XVIII de ramener Napoléon dans une cage de fer et, le

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moment venu de s'emparer de lui, ne sachant que se jeter dans les bras de son Empereur.

Un regard de cet Empereur eût fait précipiter le roi par dessus bordàLallemand. Mais l'Empereur était mort et le protecteur, le bienfaiteur Joseph, banni. Or, il s'agit avant tout d'être présent avec les gens d'action.

Leurs déterminations, toutes soudaines, ne dépassent guère le mouvement réflexe. Hier, demain, là-bas ne compte guère pour eux. Ils sont livrés au premier venu capable de jouer sur le clavier de leurs sentiments ou de leurs passions. Lallemand est le type de l'homme solide de coffre (selon l'expressif terme populaire), gouverné par son sang et ses muscles ; solide de corps, et de principes faciles, parce que les principes sont choses toutes nerveuses et cérébrales et ne ressortent pas du domaine de l'action, l'entravent même quelquefois.

Il représente à peu près la contre-partie d'un Lafayette, nature faible tyrannisée par de solides principes.

Cependant, Louis-Philippe eut aussi facilement raison du second que du premier. C'est qu'il eut la nouvelle habileté de prendre le nouveau chef à conquérir par le défaut de la cuirasse, le point vulnérable que l'on rencontre en tout homme. Lafayette avait de solides principes ; mais de prodigieuses circonstances j

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dont on a pu dire qu'elles forçaient les individus les plus ordinaires à se surpasser, à voir et à faire grand, des événements capables de tourner toutes les têtes, l'avaient conduit peu à peu à se confondre avec ces principes, à s'en prendre, en quelque façon, pour le symbole vivant, l'expression et la manifestation visibles. Là Muse nationale a chanté : « La liberté des Deux-Mondes, c'est Lafayette en cheveux blancs. » Et ce qu'elle chantait, Lafayette, en cheveux blancs^ se l'est persuadé de bonne foi, se l'est dit sans musique et le plus sérieusement du monde. Or, quand l'on est soi-même un principe, il devient légitime de faire ce que l'on veut. On a toujours raison. Lafayette qui en était arrivé à affirmer tranquillement et avec conviction que la meilleure des Républiques était une monarchie, devait se montrer non moins éclectique sur la personne du titulaire de cette monarchie, puisque les principes demeuraient saufs de toutes les façons, attendu que lui, Lafayette, était dans l'affaire, c'est-à-dire y faisait entrer du même coup la liberté des Deux-Mondes, De là sa bizarre et naïve correspondance avec Joseph Bonaparte.

Quelle que soit, d'ailleurs, la valeur des explications qui peuvent être données à ces oublis ou à ces défections, Joseph avait déjà parcouru une carrière trop semée de hauts et de bas

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