POUR FONTAINEBLEAU
1773. — Cabinet du conseil.
1776. — Salle de spectacle et cabinet de retraite du roi.
pour CHOIS Y.
1776. — Trois tableaux pour la salle de la table mouvante.
1777. — Trois autres, id.
1777. — Six tableaux de dessus de portes en bas-reliefs , id.
1774. — Cabinet du roi.
On connaît en outre de François Vernet un Paysage et un Vase de fleurs, qui sont au musée d'Avignon, n°s 295 et 296, un tableau religieux (?) que l'on peut voir également dans cette ville à l'église Saint -Agricol, et enfin les panneaux qui décorent la chaise à porteurs de Marie-Antoinette. Ces ouvrages, peu remarquables, montrent que l'artiste avait pris au pied de la lettre la clause de son engagement qui lui permettait de ne « faire aucuns chefs-d'œuvre. »
D'après les registres de l'église paroissiale de Saint- André- des -Arcs > François Vernet est mort le 15 février 1779.
autre. L'un des frères de Joseph avait, par bonne fortune, reçu à son baptême un nom dont l'initiale pouvait donner lieu à des méprises en sa faveur. Il s'appelait Ignace, et signait ses tableaux : /. Ver net. Mais il avait trop peu de talent pour soutenir ses tentatives de supercherie, et les ignorants pouvaient seuls se laisser prendre à cette fausse marque de fabrique. Horace Vernet disait que tous les mauvais paysages attribués à son grand -père, dans les différentes galeries de l'Europe, pouvaient être mis sans hésitation au bilan de son grand-oncle.
La bonté de Joseph s'étendait en dehors du cercle de sa famille. En voici une preuve : à la place de conseiller à l'Académie était attachée une pension fie six cents francs. Vernet, qui fut promu à cette dignité en 1766, céda son modeste traitement à Restout vieux et infirme, puis à Drouais le père. Il fut du reste récompensé de sa bonté comme il arrive trop souvent : après la mort de ses obligés, il eut toutes les peines imaginables à rentrer en possession de ses six cents francs; on invoquait contre lui la prescription.
Vernet pouvait faire du bien, car il était heureux luimême, et il distribuait seulement la monnaie des faveurs dont le sort l'avait comblé. Il obtenait, chaque année, de nouveaux succès. Le Salon, qui était alors de création récente, lui permettait de rester en rapports constants avec le public, dont il était un des enfants gâtés.
La première exposition régulière de peinture et çîe sculpture eut lieu en 1737, grâce à l'initiative d'un ministre des finances, Orry. Il fut d'abord convenu qu'il y en aurait une tous les ans, mais on s'aperçut vite de la difficulté qu'il y avait à trouver, dans ce court intervalle de •temps, des ouvrages nouveaux dignes d'être montrés au
public. La production dans les arts n'avait point encore atteint ce développement que nous lui voyons aujourd'hui. En outre, les artistes molestés par la critique (et ce sont forcément les plus nombreux) jetèrent les hauts cris. Le ministre se vit forcé de revenir sur la décision précédemment prise, et le Salon ne s'ouvrit plus que tous les deux ans.
Joseph, qui s'était déjà fait connaître et apprécier par ses envois d'Italie depuis 1746, et ensuite par ses Ports de mer, consolida sa réputation avec une série de Clairs de lune, de Couchers du soleil, de Tempêtes, de Naufrages, etc., qui eurent tous les honneurs des expositions jusqu'en 1789.
«Diderot, Grimm, Bachaumont, Marmontel, l'abbé Leblanc, qui étaient à cette époque les maîtres de la critique d'art, contribuèrent beaucoup à faire apprécier au public le talent de Joseph Vernet. Ils ne tarissaient pas d'éloges sur les moindres de ses productions.
Vernet, on le voit, a eu l'une des vies de peintres les plus brillantes et les plus douces qui se puissent imaginer. Après avoir surmonté vaillamment les premières difficultés de sa jeunesse, il n'a plus connu les luttes, les douleurs, les déceptions, toutes ces amertumes enfin, dont la fortune abreuve en général les artistes. Il avait du reste .un talent si souple et si prompt, que les plus sérieux obstacles n'étaient pas capables de l'arrêter. Ce qui, pour tant d'autres moins favorisés, est un labeur incessant et des plus ardus, devenait pour lui un véritable jeu, et il devait être pour ainsi dire fatalement heureux dans tout ce qu'il entreprenait.
Folie de madame Vernet. — Enfance maladive de Carie. — Son premier dessin. — Il aura des bottes ! — L'atelier de Lépicié. — M. et madame Chalgrin. — Mot de Voltaire. — Le salon de madame Geoffrin. — Grétry, Gluck et Piccini. — La loge des Neuf-Sœurs. — Prix de Rome. — Amour et religion. — Bernardin de Saint-Pierre. Réception de Carie à l'Académie. — Mort de Joseph et naissance d'Horace.
Vernet eut cependant, en dehors de son art, de grands sujets de tristesse. Chez lui, ce fut le cœur qui se chargea d'expier l'heureuse chance de l'esprit, et de rétablir cet équilibre de douleurs et de joies, auquel la vie de tout être ici bas semble implacablement condamnée. Tandis que son orgueil et sa vanité trouvaient leur compte légitime dans ses triomphes de chaque jour, il était d'autre part bien cruellement éprouvé.
Sa femme avait conservé de son origine britannique des traces évidentes dans toute sa personne : dans son maintien, dans ses habitudes. Elle avait emporté de son pays une légère dose de spleen, que la nostalgie vint augmenter encore. Son humeur inquiète se changea bientôt en véritable folie. Elle était sans cesse poursuivie de l'idée qu'on en voulait à ses jours, et soupçonnait tout son entourage. Elle n'osait ni manger ni boire, de crainte que les boissons et les aliments qu'on lui présentait ne continssent quelque substance vénéneuse.
Joseph, très-inquiet de cet état, crut qu'un changement d'air serait le meilleur remède pour la pauvre malade, et il la mena passer plusieurs étés à la campagne, à Meudon ou à Saint-Cloud. Il cherchaitpour elle toutes les distractions imaginables : il lui faisait faire des excursions à Sèvres, à Vincennes, à Auteuil, à Versailles, à Luciennes. Pendant ces promenades, les enfants étaient montés sur des ânes, et leur père, qui les gâtait à la journée, les comblait de friandises, de « douceurs » , suivant la gentille expression que Ton retrouve souvent sur ses livres de dépenses.
A Paris, Joseph s'ingéniait à chercher des amusements. Un jour, toute la famille Vernet allait dîner chez le suisse des Tuileries. Le lendemain, c'était encore fête : on passait la soirée, soit à la Comédie italienne, soit à la Comédie française, soit à l'Opéra; ou bien on allait voir simplement des danseurs de corde qui avaient aussi leur charme. La semaine suivante, on soupait en pique-nique avec mesdames Vanloo et Coustou; après quoi, on se rendait tantôt chez Cornus, tantôt chez Nicolet, de célèbre mémoire. Mais madame Vernet ne prenait pas toujours sa part de ces plaisirs ; lorsque son humeur noire la tourmentait par trop, elle restait à la maison , tandis que son mari , transformé en mère de famille, menait les enfants à la foire Saint-Ovide, ou leur procurait quelque autre récréation du même genre.
Madame Vernet cherchait à s'isoler de plus en plus, à mesure que les années aggravaient son état. Tous les efforts furent impuissants à conjurer cette horrible maladie; et, en 1774, Joseph dut se résigner à se séparer de sa femme. Il la mit en pension dans une maison de Monceaux, où elle mena dès lors une existence inerte dont elle ne fut délivrée qu'après de longues années de souffrances.
Joseph, devenu ainsi veuf de sa femme vivante, reporta
toute sa tendresse sur ses enfants, et particulièrement sur Carie, qu'il pressentait devoir être son héritier le plus direct, celui de son talent en même temps que de son nom. L'aîné de ses fils, Livio, n'avait aucun goût pour les arts. Du reste, il était presque toujours loin de la maison paternelle : entré, en 4 7625, au collège de Juilly, il ne devait en sortir que pour faire son droit.
Durant son enfance, Carie était d'une santé délicate. Très-jeune encore, il fut atteint d'une petite vérole confluente qui se porta sur les yeux, et le médecin chargé de le soigner déclara un jour au malheureux père qu'il n'y avait plus qu'un moyen, et encore bien incertain, de sauver la vue de son fils ; mais ce remède était presque impraticable : il s'agissait de trouver une personne qui eut le courage d'appliquer ses lèvres sur les paupières malades et d'opérer une succion. Joseph n'hésita point un instant à se charger de cette effroyable cure; aussi Carie disait-il plus tard que son père lui avait donné deux fois la vie. Ce trait, s'il n'est pas plus beau que celui de mademoiselle de Sombreuil, est au moins son digne pendant, et Ton aurait pu croire qu'une femme, une mère en était seule capable.
A cause de sa constitution chétive et malingre, Carie fut pendant toute son enfance l'objet de précautions inouïes. Jusqu'à l'âge de huit ans on le mena en lisière, et cet état de choses aurait pu se prolonger longtemps encore, si, un jour que Saint-Jean le conduisait, le gamin n'avait pris, comme on dit, ses jambes à son cou. Joseph, .averti de cette escapade, entra dans une violente colère; mais l'épreuve n'en était pas moins faite, — elle avait été favorable, — aussi Carie fut-il dès lors affranchi de cette tutelle excessive.
A défaut de précocité physique, la précocité intellec-
ET HORACE VERNE T
tuelle fut du moins un don commun à tous les membres de cette famille; nous en avons vu la preuve pour Joseph, et la biographie d'Horace nous en fournira d'autres exemples.
En 4 762, Joseph donnait déjà à Chariot, c'est ainsi que s'appelait alors ce baby de quatre ans, des « carnets pour dessiner. »
On raconte que, l'année suivante, Carie obtint son premier succès d'artiste d#ns le salon de M. d'Angiviller. Amené là par son père, et ne pouvant, bien entendu, prendre aucune part à la conversation, il s'était mis à dessiner un cheval sur un méchant morceau de papier qui lui était tombé sous la main. La tête et le corps de la bête étaient tracés, mais il ne restait plus assez de place pour mettre les jambes. Que faire? notre Raphaël en herbe n'était pas homme à s'embarrasser pour si peu ; en quelques coups de crayon il eut bien vite improvisé un lac dans lequel l'animal était censé se baigner. Ainsi, les proportions se trouvaient sauvegardées, et la difficulté habilement tournée.
Pour apprendre à écrire, Carie copia tout au long un Traité de peinture. C'était, on le voit, un enseignement à deux fins. En tète du registre dont il se servait pour faire ses devoirs, on lit cette phrase :
«Papa m'a promis de m'acheter des bottes, l'année prochaine! »
Il paraît que cette promesse si brillante lui tenait fort au ccesur : cette inscription se retrouve plusieurs fois sur son cahier, tracée en gros caractères puérils comme l'idée qu'ils expriment.
Cependant il commençait à être temps de donner une direction sérieuse aux études de l'enfant pour le mettre à même de devenir un homme.
Joseph lui choisit, parmi ses confrères, un excellent pro-
fesseur, Lépicié , l'un des maîtres les plus originaux du xvme siècle, le continuateur et presque l'émule de Chardin! Nous avons retrouvé, dans les papiers de Carie, le brouillon d'une lettre qu'il écrivait à son père, en 1769, peu de temps après son entrée à l'atelier. La voici dans toute la naïveté de sa rédaction et de son orthographe :
« Mon très-cher Papa ,
« Je vous écrit pour (vous) informé de la rangement que nous .avons fait, Gounod 1 et moi. Nous nous coucheront le soir à huit heures; le matin, nous nous lèveront à cinq heures, pour être chez M. Lépicié à cinq heures et demi. Nous aurons le modèle jusqu'à huit heures. Le reste du jour, nous dessinerons tantôt d'après le dessein et tantôt d'après de grandes estempes pour nous apprendres à composés. Nous dessinerons une semaine d'après nature et une semaine d'après la bosse, mais toujours à la môme heure. Nous serons six : MM. Lépicié, Métivier, Godefroy, Colmart, Gounod et moi. Sa nous revfendra à trois francs par mois chaqun. M. Lépicié (dit) que si il me voyait assez fort pour dessiné à l'Académie, et que vous le vouliez, j'y dessinerez. « Je suis, mon très-cher papa ,
• « Votre très-humble et très-obéïsant fils,
« Carle Yernet. ))
Deux ans après son installation à l'atelier, Carie fut jugé digne de passer du simple dessin à la peinture proprement dite. Son père lui acheta un chevalet, une palette, un pincellier, une boîte à couleurs, et le 4 4 novembre 4774, notre rapin commençait sa première académie.
1. François-Louis Gounod obtint le second prix de Rome en 1783. S'il n'est pas très -célèbre par lui-même, il a laissé à son fils, l'auteur de Faust , le soin d'illustrer son nom.
Lorsqu'il fut un peu familiarisé avec le métier, Joseph l'emmena faire avec lui des études d'après nature dans les bois de Meudon.
Mais la véritable vocation de Carie se manifesta dès son enfance, et Ton put vite prévoir, d'après ses goûts de jeunesse, le genre dans lequel il se distinguerait par la suite.
A quinze ans, Carie était déjà passionné pour l'équitation. Il faisait, le plus souvent possible, ainsi que le prouvent les livres de dépenses de son père, des promenades à cheval, quelquefois seul, le plus souvent avec son camarade Gounod. Lorsqu'il y avait des courses , il était toujours au premier rang des curieux, et n'avait qu'un désir, celui de jouer'sur le turf un rôle plus actif.
S'il tenait de son père par sa prodigieuse facilité et par ses dispositions pour la peinture, sa mère lui avait transmis, de son côté, sa distinction et son élégance : il était de race des pieds à la tête. Les exercices du corps prenaient une grande part de son existence; lorsqu'il se sentait fatigué de peindre, l'équitation ou l'escrime étaient ses meilleurs délassements.
Joseph, trop vieux alors pour rien changer à sa manière de vivre, se contentait de payer tous ces plaisirs. Lui aussi pourtant aimait- à s'égayer; mais il lui fallait des joies moins fatigantes. Tl allait souvent, faire des parties avec Carie à la Râpée, au Wauxhall ou aux Porcherons; il le menait voir les comédiens de bois et les fantoccini ; il n'abandonnait pas non plus le théâtre de son ami Nicolet, dont il était un des plus anciens habitués.
Vers le commencement de 1776, Vernet maria sa jeune fille Émilie à l'un de ses confrères de l'Académie, à un architecte distingué, Chalgrin, qui devait plus tard construire l'arc de triomphe de l'Étoile.
Madame Chalgrin était une charmante femme, pleine de grâce et d'esprit. Elle a fait dire à Voltaire ce mot digne du marquis de Bièvre : « Voilà madame Chalgrin qui nous quitte, nous allons être bien malheureux; car, sans elle, il ne reste que chagrin. »
A partir de cette époque , Vernet , se sentant trop seul chez lui, rechercha encore . davantage les distractions de tout genre. 11 en trouvait de puissantes dans le monde, où il était admis sur le pied d'égalité qui convenait à son mérite. Il allait chez mesdames de Boufflers, de Meulan, de Mazarin , d'Egmont, de Pontchartrain , chez madame Necker, chez le président Molé, chez M. Dupin de Francueil, l'ancêtre de notre grand poète George Sand. Il recevait dans son atelier la cour et la ville. Mesdames les comtesses de Provence et d'Artois venaient lui rendre visite et admirer ses tableaux avant l'exposition. Si l'on veut se reporter à l'époque dont nous parlons, c'est-à-dire avant 89, on comprendra que ce n'était point un mince honneur pour un artiste qui n'était pas né, que d'avoir ainsi conquis son droit de cité au milieu d'une aristocratie jalouse* de ses prérogatives et entichée de ses préjugés.
Il est inutile d'ajouter que, si Vernet trouvait cet accueil bienveillant auprès des grands seigneurs *et des grandes dames, il ne se voyait pas moins bien traité par ses confrères, les artistes et les gens de lettres. Diderot, en particulier, lui faisait fête, et se mettait en frais de style pour le louer dignement.
Vernet était des dîners de madame Geoffrin, et, comme tous les convives, il y payait chaque fois son écot d'esprit. Il rencontrait, dans ce salon célèbre, ses rivaux et ses amis : Boucher, Carie Vanloo, Latour, le comte de Caylus, l'architecte Soufflot, avec lequel il s'était lié à Rome, et qui
devait, quelques années après, en le nommant, son exécuteur testamentaire, lui faire un legs de (i 400 livres. Nous n'en finirions point, si nous voulions citer tous les gens illustres à un titre quelconque avec lesquels il se trouvait en rapports suivis.
De même que presque tous les hommes célèbres de son temps, Joseph Vernet fut franc-maçon.
On avait fondé à Paris, en 1776, une loge appelée la loge des Neuf-Sœurs, qui, son nom l'indique, était à peu près exclusivement composée d'arlistes et d'écrivains. Sur la liste de ses membres, on trouve : Voltaire, Franklin, Lalande, Chamfort , Roucher, de Fontanes, Parny, Greuze, Houdon, etc.. Ce n'était certes pas déroger que d'entrer en semblable compagnie.
• Joseph Vernet fut initié le 4 6 janvier 1779. Il avait pour compagnon de baptême Lemierre, l'auteur d'un poè'me sur la peinture. Le chevalier de Cubières profita de l'association d'idées qui unissait les deux néophytes pour composer l'impromptu suivant :
Muses, ouvrez-leur votre temple,
A ces deux artistes chéris; L'un imite Linus, l'autre égale Zeuxis; L'un donne le précepte en ses savants écrits, Dans ses brillants tableaux l'autre donne l'exemple.
Le programme des travaux de la loge des Neuf-Sœurs comprenait deux objets : la maçonnerie qui rapproche les hommes, la culture des arts et des sciences qui les éclaire. En outre, les membres s'occupaient beaucoup d'actes de bienfaisance.
Vernet, qui n'était plus jeune, trouva dans ce cercle
d'hommes distingués une société agréable et des occupations à la fois utiles et douces.
Les nouveaux venus dans la carrière des arts élaient accueillis avec une grande bienveillance par ce glorieux vétéran. C'est ainsi qu'il reçut et devina Grétry. Un pieux souvenir s'ajoutait cette fois à la bonté naturelle de son cœur. Quelques traits de la figure du jeune musicien, sa constitution délicate, e(? surtout plusieurs de ses chants simples et expressifs lui rappelaient douloureusement son pauvre ami Pergolèse, dont on ne- pouvait encore à cette époque prononcer le nom devant lui, sans qu'aussitôt les larmes ne lui vinssent aux yeux 1.
Yernet aimait passionnément la musique. Il se lia avec Gluck et connut Piccini ; mais, d'après la différence de ses relations avec ces deux rivaux, il est permis de supposer qu'il prit dans cette grande querelle entre piccinistes et gluckistes le parti auquel la postérité a donné gain de cause : c'est assez dire que toutes ses préférences étaient pour l'immortel auteur d'Alcesle et d'Orphée.
Au nombre des amusements dont il inscrivait le prix sur ses livres de dépenses, il est souvent fait mention de billets de concert ou d'Opéra. Il allait applaudir Philidor ou quelque autre célébrité. Il était lui-même un peu musicien à ses moments perdus, et pinçait de la guitare, instrument qui n'était pas encore ridicule à cette époque.
Cependant le plaisir ne nuisait pas au travail, et notre artiste continuait à mériter la faveur du public, à chaque exposition nouvelle. Depuis son retour définitif à Paris, il avait produit sans relâche, et sa vogue était loin de diminuer. Pour ne citer que les commandes des souverains, l'im-