‹ Joseph de Maistre avant la Révolution (volume 2)Chapitre 8 sur 25 · LE GRAND MAGISTRAT · texte numérisé non relu

LE GRAND MAGISTRAT

La rentrée en 1784. — Second discours. — Joseph de Maistre peint par lui-même. — Pages écrites à Beauregard — La fin d'une légende. — Les devoirs du juge en dehors de l'audience. — L'û'-s triplex. — La magistrature et l'opinion publique. — Arrière les solliciteurs... et les solliciteuses! — Comment de Maistre comprend la justice et les justiciables. — Les procès politiques et le rôle d'un véritable magistrat. — Le xv!!!*" siècle contemplé par de Maistre. — Le Comte méconnu de ses contemporains. — Son discours jugé par les châtelains de Beaureo;ard . — Un trait touchant d'amitié.

Nous avons laissé le chevalier Roze sortant, couvert de lauriers, du réfectoire des Dominicains, où il avait prononcé son laborieux discours sur la Science de l'Etat.

Cinq ans après, dans la même salle, au sein du même cérémonial, devant le même auditoire, de Maistre prenait, pour la seconde fois, la parole à l'audience solennelle de rentrée (i).

(i) De Maistre, on s'en souvient, avait déjà prononcé le discours d'usage à l'audience du i*^'' décembre 1777.

et traitait, — singulier rapprochement, — un sujet analogue à celui que son ami Roze avait aborde' en i 779.

L'inspiration, de Maistre était allé la chercher là où il avait la certitude de la découvrir: — non pas sous Tabat-jour de la lampe qui, dit la légende, lui aurait tenu lieu de soleil, (1) — mais en pleine nature alpestre, à Beauregard. Il jouissait là, de ses fenêtres, d'un panorama splendide : le lac de Genève à ses pieds, le Mont-Blanc fermant l'horizon, au levant, de sa gigantesque muraille et dressant sur le monde des choses un front aussi altier que celui dont de Maistre semble dominer le monde des intelligences.

Ce souvenir, trente ans écoulés ne l'auront point affaibli dans son cœur :

« Vous vous en allez à Beauregard, écrira-t-il bien longtemps après à son ami Costa (2) ; quel nerf vous avez pincé dans mon cœur avec ce mot de Beauregard ! Vous m'avez fait rebrousser de trente ans vers l'âge des jouissances et des enchantements. C'est là que j'ai passé quelques jours de ma vie, si pleins, si heureux ! C'est là

(1) Sainte-Beuve. — Poriraits littéraires.

(2) Archives de Beauregard . — Lettres et opuscules. — Lettre 86.

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que je composai, en 1784, ce discours sénatorial dont je possède encore une copie écrite de la main de l'infortuné Lavini (i) et suivie de vos animadversions très soigneusement reliées à la fin de l'ouvrage... »

Commerce touchant que celui de ces esprits supérieurs, de ces deux hommes d'autrefois qui échangeaient leurs animadve7~sions comme on échangerait aujourd'hui, du bout des lèvres, des formules banales de congratulations mensongères, auxquelles le cœur reste étranger !...

Donc le i^"" décembre 17S4, de Maistre prenait la parole, à neuf heures du matin, après la messe rouge, et nous allons constater combien son génie s'est affiné, et de quel style nerveux, dépouillé des oripeaux et des boursouflures d'antan, le maître sait déjà faire usage. Entre mille aphorismes, dont on ferait un recueil rival des Maximes de La Rochefoucauld, de Maistre a énoncé un jour celui-ci :

« L'homme porte en lui deux juges plus ou moins intègres : la conscience et le goût, qui est aussi une espèce de conscience, surtout si on le prend, comme je le fais ici, dans son acception la plus étendue ; car le goût n'est que la conscience du beau, comme la conscience n'est que le goût du bon (2). »

(1) Un copiste au secrétariat (greffe) du Sénat de Savoie.

(2) Correspondance. — Lettre à l'amiral Tchitchagoff. — 22 mai (3 avril) 1810.

L'orateur manifeste au suprême degré, dans cet ouvrage, ce goût dont les corrections du discours de Roze nous ont fourni le témoignage, et cette conscience rigide qui du comte de Maistre fit un grand magistrat. Nul n'a mieux parlé que lui la langue judiciaire. Ses fonctions étaient, à ses yeux, un sacerdoce, une délégation de la puissance divine et du pouvoir royal ; il voulait que la dignité de l'homme répondit à la grandeur de sa mission, sans faire cependant du magistrat un être éthéré, planant dans l'espace, au-dessus de l'humanité, indifférent à tout, même au charme d'un « joli minois ». De Maistre voulait un juste milieu qui, tout en maintenant le magistrat dans le cercle aimable des relations mondaines, le rendît invulnérable à la suspicion dans l'exercice de son mandat. Le portrait qu'il trace est intéressant à lire ; car c'est, en vérité, le sien propre et il peut servir de modèle à tous ceux qui ont l'honneur de rendre la justice :

« Ce serait, dit l'orateur (i), une erreur bien funeste que celle du magistrat inconsidéré qui oserait se dire à lui-même : — Lorsque j'ai tenu la balance d'une main ferme, tous mes devoirs de juge sont remplis. — Cette erreur, faite pour

(i) Œuvres complètes de J. de Maistre. — Tome 7. — Le caractère extérieur du magistrat.

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anéantir toute la dignité du magistrat, serait d'autant plus étrange que, de tout ce qui est en vous et de tout ce qui vient de vous, ce que le public connaît le moins, c'est la justice que vous lui rendez et les motifs qui vous déterminent. Tout ce qui se passe dans l'enceinte de ces murs est un secret pour lui et la loi du silence repose sur la sainteté du serment. »

De Maistre met, dès le début, en pleine lumière une de ces vérités qui sont de tous les temps, mais desquelles dont il a le secret de donner une définition, étincelante souvent, saisissante toujours :

« C'est au sortir des tribunaux que la censure attend le magistrat; c'est là qu'elle s'attache à ses pas pour le suivre dans le monde et jusque dans ses foyers ; attentif sur ses moindres démarches, — le public étudie le juge dans l'homme. »

Trois périls menacent le magistrat, si intègre qu'il soit, et peuvent l'abaisser dans l'estime de ses concitoj^ens : la prévention, le manque de savoir et la légèreté.

Tout magistrat qui, en dehors de l'audience, consentirait à prêter l'oreille à une manifestation d'opinion au sujet de l'affaire qu'il aura à juger, manque à son devoir. L'orateur rappelle à cette occasion les précautions minutieuses et salutaires dont les règlements royaux entouraient la publicité, la loyauté et le caractère contradictoire des débats, et il ajoute :

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« Que la bouche des intéressés, que celle de leurs protecteurs ou de leurs amis n'ose jamais s'ouvrir en votre présence pour exposer leurs droits, pour étayer leurs prétentions ; que l'écriture, sous quelque forme qu'elle se présente, ne puisse jamais les consoler de ce silence forcé. Rien ne doit arriver à vous en dehors du chemin tracé par la loi, et les moindres écrits qui tiendraient une autre route seraient des sollicitations muettes qu'elle ne proscrit pas moins sévèrement que les entretiens suspects et qu'aucune excuse, aucun prétexte ne peut faire tolérer dans notre législation : semblables à ces sortes d'armes que le Code royal a flétries, c'est apparemment pour frapper dans l'ombre, c'est pour se soustraire à la plus légitime défense qu'on oserait les cacher pour s'en servir. Votre réputation, Messieurs, vous épargnera jusqu'au désagrément d'avoir jamais à repousser aucune de ces manœuvres ténébreuses ; on n'osera point les employer auprès de vous, car la témérité qui les conçoit est fille de la faiblesse qui les souifre. »

Avec son profond sentiment de la véritable justice, son souci de l'égalité devant la loi et de la protection due aux humbles et aux déshérités, de Maistre ihet en garde le magistrat contre les entreprises des puissants :

« C'est une des folies de la fortune, dit-il, de croire qu'elle peut aborder la justice comme

la faveur ; et si, dans ses étranges conceptions, elle n'ose pas tout à fait vous demander des arrêts comme elle les souhaite, elle n'hésite pas au moins de vous les demander quand elle les souhaite ; comme s'il pouvait y avoir acception de causes sans acception de personnes. »

Le magistrat devra donc refuser même un tour de faveur à la cause d'un plaideur influent, car ce serait s'exposer à nuire a au plaideur malheureux, triste et timide victime de l'indigence, qu'on aura peut-être fait languir maigre' toutes les précautions de la loi, avant qu'il n'ait pu porter ses prétentions sous vos yeux, et qui attend de votre arrêt le pain que lui ravit la fraude et que l'avidité lui conteste ».

De Maistre veut en outre que, dans le monde et dans les relations ordinaires de la société, le magistrat use d'une circonspection particulière; non pas, certes, qu'il doive s'interdire toute relation, toute amitié, mais il devra les. choisir avec soin... « L'homme qui compte beaucoup d'amis n'en a point.... » Et le magistrat qui paraît en avoir un trop grand nombre sera facilement taxé d'en être la dupe et le jouet. Ni dissipé, ni sauvage, aussi « éloigné des airs évaporés de la frivolité » que de la gaucherie d'un « solitaire », ni pédant, ni familier, mais aimable sans abandon, gracieux sans contrainte: tel doit être le magistrat dans le monde.

L'orateur insiste sur la réserve qui lui est commandée :

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« L'homme ne dira rien dont le magistrat puisse se repentir : nous parviendrons à nous posséder, à réprimer jusqu'à ces traits vifs et rapides, jusqu'à ces demi-mots énergiques qui sont, pour ainsi dire, les gestes de la pensée et qui l'ont trahie avant que la rétiexion ait pu venir à son secours. » Le magistrat ne doit pas même exprimer son opinion sur certaines questions théoriques, « de peur qu'on n'en tire des conclusions sur la destinée des causes portées dans les tribunaux. »

De Maistre demande au magistrat de ne jamais se passionner, « d'être froid et de le paraître toujours ».

(( ...Combien d'opérations politiques, combien de simples discussions judiciaires, lorsqu'elles roulent sur de si grands intérêts, agitent les esprits, les divisent et les aigrissent ! Combien de prétentions opposées viennent se croiser, se heurter sur la scène du monde et font naître de leur choc le feu de la discorde et la fureur des partis ! Dans toutes ces occasions, que l'œil le plus pénétrant ne puisse lire ce qui se passe dans vos âmes ! »

L'orateur revient entin a cette idée qu'il a déjà exprimée dans son discours de 1777 et qui lui a inspiré la superbe page révélée à ses admirateurs par le chevalier Roze... — Quelle doit être l'allure du magistrat dans le monde ?

« Qu'il évite également de paraître, dans le

tourbillon, moraliste fatigant ou complice frivole de la corruption érigée en mode. Ce milieu difficile à saisir est cependant le point dont nous ne devons jamais nous écarter. Par une inconséquence qui surprendrait, si quelque chose pouvait surprendre chez l'homme, on est convenu tacitement qu'on pourrait, dans les conversations ordinaires, insulter la morale sans blesser la délicatesse, répandre l'ironie sur des objets qu'on vénère au fond du cœur, et défendre même, en se jouant, des systèmes qu'on rougirait de fixer sur le papier... »

De Maistre condamne cette tendance qui avait à cette époque envahi jusqu'à l'austère pays de Savoie :

« Si nous ne savons pas respecter dans nos discours ce qui mérite de l'être, nous devenons suspects à ceux que nous imitons : on se demande si c'est donc là le langage de la sagesse, et le vice sourit en voyant que nous parlons le sien. »

Et vers la péroraison jaillit une de ces illuminations, apparaît une de ces fortes images qui caractérisent l'éloquence géniale du maître :

« Ce siècle qui a fait et préparé de si grandes choses, trop souvent par de mauvais moyens, se distingue de tous les âges passés par un esprit destructeur qui n'a rien épargné. Lois, coutumes, systèmes reçus, institutions antiques, il a tout attaqué, tout ébranlé, et le ravage s'étendra jusqu'à des bornes qu'on n'aperçoit point encore...

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« Le sage vraiment digne de ce nom et qui aurait honte de tenir ses opinions de la mode, connaît le point où il doit abandonner ses contemporains : son esprit, debout au milieu des ruines, observe le torrent et, tandis que la multitude, masse aveugle et passive, roule sans résistance, il s'appuie sur lui-même et s'arrête où il faut... »

Le croirait-on à la lecture de ces admirables pages? Loin de dissiper la défaveur dont de Maistre était l'objet, elles ne contribuèrent qu'à l'augmenter : le franc parler du Comte, son libéralisme si sage effarouchèrent- ils les esprits timorés (i)? Parurent-ils cacher quelque arrièrepensée et semblèrent-ils une concession faite à ces doctrines dont il avait pourtant dénoncé le danger en termes si explicites ? L'orateur du discours de 1784 devait rester stationnaire, de longues années encore, dans une situation infé-

(i) M. François Gros. — Le Sénat de Savoie aux Xyil'- et Xl^ni^ siècles .

M. Gimelle. — Joseph de Maïstre.

rieure ; il s'en consolait, du reste, — nous allons le voir, — avec sa belle humeur ordinaire et sa philosophie si douce quand elle s'appliquait aux hommes et aux choses qui l'environnaient.

Salteur et Roze, du moins, surent applaudir sans envie et sans regret à l'œuvre oratoire de leur ami ; mais, quels que fussent les liens qui les unissaient et la confiance qu'il pouvait avoir en leur sagacité, de Maistre avait eu soin de communiquer son manuscrit au châtelain de Beauregard, à cet autre ami auprès duquel il avait esquissé le discours sénatorial « mis au net par l'infortuné Lavini ». Le Marquis, non assurément sans consulter la Marquise, dont le jugement était si sur et si droit, avait émis son opinion dans une lettre où l'éloge, dépourvu de toute flagornerie, était tempéré par la justesse des observations. De Maistre annexa au manuscrit de son discours la missive du marquis Henry.

N'y a-t-il pas quelque chose de touchant à voir ce grand esprit se transformer en écolier novice laissant docilement corriger sa copie, se défiant de lui-même et sollicitant la censure, sans le moindre orgueil, avec la plus simple, la plus franche humilité? Le châtelain de Ferney, â qui certains ont comparé de Maistre, aurait-il eu de ces abaissements volontaires? Aurait-il consenti à entendre, s'il l'eût trouvé sur sa route, un ami sûr, capable de lui dire la vérité sans détour,

comme le marquis Costa répondant à l'orateur du Sénat (i) :

« Votre écrit, mon cher ami, me paraît rempli de pensées profondes, qu'il était bon et utile de mettre au jour et que vous développez avec chaleur et noblesse. Le sujet est bien choisi, bien présenté. Le style surtout est, selon moi, bien supérieur à celui de tout ce que j'avais lu de vous ; il est habituellement nerveux, pittoresque et simple en même temps, c'est de la véritable éloquence : on voit bien que vous avez lutté quelquefois contre une imagination difficile à morigéner,

« Mais croyez-moi. Ton ne se guérit que trop tôt des défauts de jeunesse ; il vaut mieux flatter de la main son Pégase trop fringant, scier du bridon même, quand il s'emporte, que d'être obligé de lui flanquer de grands coups d'éperon pour le faire marcher... »

Le Marquis, après avoir loué, n'hésite pas à formuler certaines critiques; il les énonce avec cette galanterie, ce ton semi-cérémonieux et cet esprit qui sont le propre des relations épistolaires au xvni^ siècle :

« L'amour-propre, et surtout Tamour-propre d'auteur, est un ballon d'où sortent des tem-

( I) Œuvres complètes de J. de Maistre. Tome 7. — Lettre du )iiaiquis Costa de Bcauregaid à l'auteur du discouis.

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pêtes lorsqu'on y fait quelque piqûre ; mais je ne crains rien avec vous pour plus d'une raison. Si vous faites usage des notes que je vous envoie et si, par conséquent, vous les trouvez justes, je serai lier de m'étre rencontré avec vous. Je vous dirai donc que quelques épithétes superflues et quelques tournures recherchées m'ont paru nuire de temps en temps à la nerveuse gravité du style et y produire des inégalités qu'il vous serait bien aisé d'effacer. Ce sont des mouches placées par iTiégarde sur le visage de cette aimable prude qui vient faire ses Pâques. »

Les mouches ont disparu ; l'œuvre apparaît dans toute sa beauté naturelle. Le correcteur ne marchande plus à l'ouvrier l'aveu des satisfactions d'intelligence et de cœur qu'il lui a fait éprouver à la lecture d'une œuvre tout imprégnée d'honnêteté :

« ...Il me faudrait un cahier aussi gros que le vôtre pour vous parler à mon gré de tout ce que j'y ai trouvé de bon et de beau.

« Je vous sais un gré tout particulier d'avoir parlé avec tant d'àme et d'énergie de la dignité de votre état, que l'on ne vénère point encore, à mon sens, autant qu'on devrait le faire ; d'avoir mis dans un jour frappant la sagesse des antiques coutumes qui garantissent nos magistrats du tourment et du danger que leurs pareils éprouvent ailleurs de la part des solliciteurs et surtout des solliciteuses; de montrer l'indécence

et l'absurdité des discours que tiennent toujours, à la veille d'un arrêt important, /oz// /7/e/;7(i) de gens qui prétendent savoir par cœur l'opinion particulière de chaque juge... »

Satisfait, quant à lui, de « l'opinion » d'un pareil « juge », de Maistre avait pu aborder la tribune sans crainte ; il la quitta bien vite pour se replonger dans l'étude; n'est-ce pas de cette grande consolatrice qu'il disait un jour : « Elle est pour moi ce que l'opium est pour les Orientaux ; elle m'étourdit avec autant d'effet et moins de danger. ..(2) ». De Maistre, indifférent à l'éloge comme au blâme, se remit bravement au labeur accoutumé, suivant le conseil que lui donnait le meilleur des amis :

« Laissez dire les promeneurs de la Grande- Rue et faites toujours aussi bien , si vous le pouvez... »

(1) Vieille locution savoyarde synonyme de u)i grand nombre.

(2) Correspondance. — Lettre du 16-2S juillet 1807 au comte Deodati.

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