J. M AI S T RE
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Acerbissimi Luc tus Non Levé Solatium.
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Diu ne Expectabis (2).
(i) Archives «.lu comte Charles de Maistre.
(2) « A la mémoire de la plus aimante des mères, — enlevée à ses entants et à un tendre époux, — le 12 août 1774 U), à
(il) Il a dû se produire ici quelque erreurdecopie, puisque le décès de Madame Maistre eut lieu le 2( juillet.
Sur les ailes du temps,
a dit le poète,
la tristesse s'envole...
En Joseph de Maistre, le temps put accomplir à la longue sa tâche bienfaisante, sans laquelle sa vie n'aurait été qu'un long martyre... Le fils désespéré, qui désirait la mort, put se remettre à l'œuvre ; la douleur des premiers jours s'atténua au sein des luttes de l'esprit et dans le tourbillon des choses ; mais jamais il n'oublia sa mère et, plus tard, en Russie, il fera bien souvent, en pensée, le pieux pèlerinage accoutumé des jours de Savoie, alors que, le soir, au coup de VAngelus, il venait, sur les dalles de Sainte-Marie-Egyptiennc , prier Dieu et demander à sa mère si elle ne le voyait pas d'en haut....
Et bien souvent aussi, agenouillé devant le reliquaire, ou bien (( assis dans un fauteuil
l'âge Je quarante-six ans. — Les funérailles d'une femme de condition privée — ont été rehaussées par la douleur publique. — Les larmes de tous les gens de bien ont coulé. — Les cabanes des pauvres ont retenti de gémissements. — Son infortuné fils, — accablé de douleur et malheureux de vivre, — a déposé ici — les cheveux de sa mère qui furent autrefois — le voile et non la parure de son visage modeste, — essayant ainsi de consoler son deuil inconsolable. — Adieu, mère bien aimée ! adieu ! — Attends ton fils; il ira bientôt te rejoindre. »
M. de Margerie. — La coiiite<.^L' Jowpb de Maistn'.
antique, attendant paisiblement le moment du sommeil, » il pensera aux jours lointains où, dans son berceau, il écoutait, en extase, sa mère lui récitant quelque harmonieuse tirade de Racine...
« Frappé de la foudre, — écrira-t-il, i • — je n'ai plus de droit à ce qu'on appelle vulgairement bonheur... J'évoque, innocent magicien, des ombres vénérables qui furent jadis pour moi des divinités terrestres et que j'invoque aujourd'hui comme des génies tutélaires ; souvent il me semble qu'elles me font signe... »
(i) Soirées de Saint-Pétersbourg.