II. — La nature du schisme
Quant à la nature du schisme lui-même, personne ne Ta mieux saisie en son fond que notre penseur. Il commence d'abord par constater que le schisme ne présente en lui-même rien de positif, que c'est un ensemble de négations :
Partons d'une époque antérieure à tous les schismes qui divisent aujourd'hui le monde. Au commencement du x® siècle, il n'y avait qu'une
(i) Du Pape, 1. Ilf, cil. vi. Il y a évidemment ici une pointe de paradoxe. Elle était pardonnable du temps de Joseph de Maistre; elle ne le serait pas de nos jours.
JOSEPH DE MAISTRK
foi en Europe. Considérez celte foi comme un assemblage de dogmes positifs : l'unité de Dieu, la Trinité, l'Incarnation, la présence réelle; et, pour mettre plus de clarté dans nos idées, supposons qu'il y ait cinquante de ces dogmes positifs. Tous les chrétiens croyaient donc alors cinquante dogmes. L'Eglise grecque ayant nié la procession du Saint-Esprit et la suprématie du Pape, elle n'eut plus que quarantehuit points de croyance, par où vous voyez que nous croyons toujours tout ce qu'elle croit, quoiqu'elle nie deux choses que nous croyons. Vos sectes du xvi^ siècle poussèrent les choses beaucoup plus loin, et nièrent encore plusieurs autres dogmes; mais ceux qu'ils ont retenus nous sont communs. Enfin, la religion catholique croit tout ce que les sectes croient; ce point est incontestable. Ces sectes, quelles qu'elles soient, ne sont donc point des religions, ce sont des négations, c'est-à-dire rien par elles-mêmes; car dès qu'elles afluunent, elles sont catholiques.
Il suit de là une conséquence de la plus grande évidence. C'est que le catholique qui passe dans une secte apostasie véritablement, parce qu'il change de croyance et qu'il nie aujourd'hui ce qu'il croyait hier; mais que le sectaire qui passe dans l'Eglise n'abdique, au contraire, aucun dogme, il ne nie rien de ce
qu'il croyait; il croit, au contraire, ce qu'il niait, ce qui est bien différent (i).
Un autre penseur de nos jours, le Russe Vladimir Solovief, est arrivé à la même con*clusion que Joseph de Maistre sur le caractère négatif de « l'orthodoxie » orientale.
Cette pseudo-orthodoxie de notre école théologique, qui n'a rien de commun avec la foi de l'Ég^lise universelle ni avec la piété du peuple russe, ne contient aucun élément positif; ce ne sont que des négations arbitraires produites et nourries par une polémique de parti pris (2).
(1) LeW^e à une dame protestante sur la maxijiie qu'un honnête liomme ne change jamais de religion.
(2) La Russie et l'Eglise universelle, 2' édition, Paris, 1906, p. 18. Un autre apologiste laïque de la foi catholique, Démétrius Gydonès, qui vivait au xiv' siècle, fait une remarque semblable à propos de la doctrine respective des deux Eglises sur la procession du Saint-Esprit : « La doctrine des Latins, même si elle est fausse, n'enlc\ie rien à Dieu et ne lui ajoute rien qui ne soit digne de lui. Elle n'abaisse en rien le Saint-Esprit, qui n'en reste pas moins l'égal du Fils. Par contre, elle a l'avantage de n'enlever rien au Fils ni rien au Père de ce qu'il a déjà; elle attribue seulement à celui-ci quelque chose de plus : le privilège d'engendrer un spirateur, tout en restant lui-même spirateur parfait. Mais si ce que disent les Grecs est faux, quelle grave injure pour Dieu! Leur doctrine, en effet, n'ajoutant rien d'honorable pour les
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Parmi les négations du schisme, il en est une de fondamentale : la négation de la primauté romaine. Cette négation est, peuton dire, le seul dogme de l'Église orientale dissidente :
N'aurais-je pas le droit de tenir pour certain et d'affirmer que FÉglise russe n"a qu'un seul dogme qui lui tienne au cœur, la haine du Pontife romain, et qu'elle laisse tous les autres reposer tranquillement dans les livres (i).
Vladimir Solo^ief a écrit, lui aussi, en s'adressant aux représentants de la théologie officielle en Russie :
L'essence idéale de la Russie, selon vous, c'est l'orthodoxie, et cette orthodoxie que vous opposez spécialement au catholicisme se réduit pour vous aux différences entre les deux confessions. Le fond vraiment religieux qui nous est commun avec les Occidentaux ne paraît avoir pour vous qu'un intérêt médiocre; ce sont surtout les différences qui vous tiennent à cœur. Eh bien! mettez ces diffé-
per sonnes divines, rabaisse le Fils en lui enlevant le pouvoir de produire le Saint-Esprit, et amoindrit aussi le Père en le dépouillant de l'honneur d'engendrer un spirateur. » (Lettre à Barlaam. P, G., t. CLI, 1283 sq.) (1) Réflexions critiques.
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rences déterminées à la place du terme vague de « l'orthodoxie » et déclarez ouvertement que l'idée religieuse de la Russie consiste à nier le Filioque, l'Immaculée Conception, l'autorité du Pape. C'est ce dernier point surtout qui vous importe. Les autres — vous le savez bien — ne sont que des prétextes, mais le Souverain Pontife, voilà l'ennemi. Toute votre « orthodoxie » et toute votre idée russe n'est donc, au fond, qu'une protestation nationale contre la puissance universelle du Pape (i).
Cette haine du Pape, qui fait le fond du schisme, ne doit pas nous surprendre. Le Pape, en effet, représente l'autorité légitime établie par Jésus-Christ sur l'Église universelle. Or, qu'est-ce que le schisme, sinon une révolte contre l'autorité?
Pour juger sainement du schisme, il faut l'examiner avant sa naissance; car, dès qu'il
(1) Vladimiî' Solovief, op. cit., p. 19-20. Le célèbre procureur du Saint-Synode, Pobiédonotsef, avait aussi coutume de dire que seule la primauté du Pape constituait un obstacle sérieux à l'union des Églises. En 1839, aux uniates apostats de Pologne, le Saint-Synode n'imposa, pour toute profession de foi, que la renonciation à la juridiction du Pape. (Voir Tondini, « Une étrange profession de foi russe », dans le Bessarione, t. IX (2' série), ^905, p. 241-246.)
est né, son pcre, qui est l'org^icil, ne v^èut ^lus convenir de l'illégitimité de son fils .
Supposons le christianisme établi dans tout l'univers sans aucune forme administrative, et qu'il s'agisse de lui en donner une; que diraient les hommes sages chargés de ce grand œuvre? Ils diraient tous de même, soit qu'ils fussent deux ou cent mille : C'est un goiiçernement comme un autre : il faut te remettre à tous, à quelques-uns ou à un seul. La première forme est impossible, il faut donc nous décider entre les deux dernières. Et si l'on s'entendait tous pour une monarchie tempérée par les lois fondamentales et par les coutumes, avec les États Généraux pour les grandes occasions, composée d'un souverain qui serait le Pape, d'une noblesse formée par le corps épiscopal, et d'un Tiers- État représenté par les docteurs et par les ministres du second ordre, il n'y a personne qui ne dût applaudir à ce plan. Or, c'est précisément celui qui s'est établi divinement par la seule force des choses, et qui a toujours existé dans l'Église depuis le Concile de Jérusalem, où Pierre prit la parole avant tous ses collègues, jusqu'à celui de Constantinople, en 869, où la dernière acclamation fut : A la mémoire éternelle du pape Nicolas...
Or, dès qu'un gouvernement est établi, c'est
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une maxime aussi vraie et plus évidente qu'un théorème mathématique, que non seulement nul particulier, mais encore que nulle section de l'empire n'a droit de s'élever contre l'empire même, qui est un, et qui est tout...
Mais la révolte n'est que le schisme politique, comme le schisme n'est qu'une révolte religieuse; et l'excommunication qu'on inflige au schismatique n'est que le dernier supplice spirituel, comme le dernier supplice matériel n'est que l'excommunication politique, c'est-à-dire l'acte par lequel on met un révolté hors de la communauté qu'il a voulu dissoudre (i).
La nature et l'essence du pouvoir sont les mêmes dans les deux sociétés, et, dans l'une comme dans l'autre, il ne peut cesser d'être un sans cesser d'exister. Dans la société civile, un révolté n'est autre qu'un hérétique politique ; et réciproquement dans la société chrétienne, un hérétique n'est autre qu'un révolté contre l'autorité de l'Eglise. Les Eglises particulières sont à l'Eglise universelle ce que les provinces sont à l'empire. Or, que peut une province contre l'empire, sans violer le droit? Je ne le vois point. Les sujets de plainte contre le dépositaire de l'autorité ne sont absolument d'au-
(1) Lettre à une dame russe.
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cun poids, car il y a toujours une cause ou un prétexte à la rébellion (i).
m. - — Le schisme oriental
et le protestantisme.
De là vient la grande affinité qui existe entre les diverses Eglises séparées de Rome. Ce sont toutes des Eglises protestantes, au sens étymologique du mot. Elles diffèrent seulement par l'objet et le nombre de leurs protestations. C'est une pensée familière à Joseph de Maistre, qu'il n'y a aucune différence radicale entre le schisme oriental et le protestantisme occidental :
C'est une vérité fondamentale dans toutes les questions de religion, que toute Église qui n'est pas catholique est protestante. C'est en vain qu'on a voulu mettre une distinction entre les Eglises schismatiques et héréticpies. Je sais bien ce qu'on veut dire; mais, dans le fond, toute la différence ne tient qu'aux mots, et tout chrétien qui rejette la communion du Saint-Père est protestant ou le sera bientôt.
Qu'est-ce qu'un protestant? C'est un homme
(1) Réflexions aitiques*
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qui proteste; or, qu'importe qu'il proteste contre un ou plusieurs dogmes, contre celui-ci ou contre celui-là? 11 peut être plus ou moins protestant, mais toujours il proteste.
Quel observateur n'a pas été frappé de l'extrême faveur dont le protestantisme jouit parmi le clergé russe, quoique, si l'on s'en tenait aux dogmes écrits, il dût être haï sur la Neva comme sur le Tibre? C'est que toutes les sociétés séparées se réunissent dans la haine de l'unité qui les écrase. Chacune d'elles a donc écrit sur ses drapeaux :
« Tout ennemi de Rome est mon ami. »
Tous les dojçmes sont nuls, excepté la haine de Rome. Cette haine est le bien unique, mais universel, de toutes les Eglises séparées (i). Photius protesta, comme l'ont fait, depuis, les Églises du xvi*^ siècle, de manière qu'il n'y a entre toutes les Églises dissidentes d'autres différences que celles qui résultent du nombre des dogmes en litige. Quant au principe, il est le même. C'est une insurrection contre l'Église-mère, qu'on accuse d'erreur ou d'usurpation. Or, le principe étant le même, les conséquences ne peuvent différer que par les dates. 11 faut que tous les dogmes dispa-
[\) Du Pape,\.\N, ch. i. Voir Béfleriovs critiques, passim.
JOSPI'H DE MAISTHE ET l'ÉGLISE OKÉCO-BUSPE a
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raissent run après Tautre et que toutes ces Églises se trouvent, à la fin, sociniennes ; l'apostasie commençant toujours et s'accomplissant d'abord dans le clergé, ce que je recommande à l'attention des observateurs (i).
Tout chrétien qui a une fois déserté le drapeau du Souverain Pontife, à moins qu'il ne Soit retenu par l'ignorance ou la superstition (tristes geôlières!), passera nécessairement dans le camp de Calvin (2).
Partout où les Églises séparées se reticontrent, elles s'embrassent et se complimentent avec une tendresse qui surprend au premier coup d'œil, puisque leurs dogmes capitaux sont directement contraires; mais bientôt on a deviné leur secret. Tous les ennemis de Rome sont amis, et comme il ne peut y avoir de foi proprement dite hors de l'Église catholique, passé cet excès de chaleur fiévreuse qui accompagne la naissance de toutes les sectes, on cesse de se brouiller pour des dogmes auxquels on ne tient plus qu'extérieurement et que chacun voit s'échapper l'un après l'autre du symbole national, à mesure qu'il plaît à ce juge capricieux qu'on appelle raison par-
(1) Du Pape, 1. IV, ch. iv.
(2) Réflexions critiques.
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ticnlière de les citer à son tribunal pour les déclarer nuls (i).
Il y a clans l'histoire de Pliotius an épisode remarquable qui donne pleinement raison à Joseph de Maistre, lorsqu'il affirme qu'il n'y a pas de différence essentielle entre le schisme oriental et le protestantisme. Au Ville Concile œcuménique, Photius et les siens déclarèrent que les Canons constituaient la suprême autorité dans l'Eglise : Les Canons, dirent-ils, commandent et au pape Nicolas et aux autres patriarches. Si donc ils ne règlent pas leur conduite sur les Canons, nous refusons de les suivre,.. Nous avons pour nous les Canons des saints apôtres et des saints Conciles (2). On sait que les protestants placent cette suprême autorité dans l'Écriture Sainte. Des deux côtés, on défère le pouvoir à une lettre morte. Notre apologiste n'a pas manqué de souligner cette ressemblance, et il en a profité pour mettre à nu l'illogisme du schisme :
(i) Du Pape, 1. IV, conclusion.
(2) Hardouix, Colleclio Conciliovum. p. 829, 1057.
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Que disait votre Photius dans la fameuse protestation qu'il émit, au ix« siècle, contre la décision du Concile de Constantinople ? IVoiis ne connaissons ni Rome^ ni Antioche, ni Jérusalem, ni tous les autres juges, quand ils jugent comme ils font en cette. assemblée, contre le droit et l'équité, contre la raison naturelle et les lois de V Église. JSous ne reconnaissons d'antre autorité que ces lois. Que disaient les législateurs calvinistes de TAngleterre, au xvi^ siècle? « L'Église de Jérusalem s'est trompée, celle d' Antioche s'est trompée, et celle de Rome s'est trompée même dans les matières de foi. Les Conciles généraux ont erré de même. Il n'y a donc de véritable règle que la parole de Dieu. (Cf. les XXXIX articles de l'Eglise anglicane.)
Vous voyez, Madame, que le schisme est toujours le même; il peut bien changer de langue, mais jamais de langage.
Et pour sentir la beauté de son raisonnement, transportez-le dans l'ordre politique. Imaginez des hommes qui diraient : Nous ne connaissons ni juges, ni magistrats, ni tribunaux d'aucune espèce, tant quils jugeront, comme ils font trop souvent, contre les lois de Vempire. Nous ne connaissons pas d'autres juges que ces lois. La police s est trompée, les juges se sont trompés, toutes les classes du
Sénat prises à pari se sont trompées; le (( Plénum » même s'est trompé : il ny a donc de véritable règle que la parole du législateur. Nous avons un code. Dans toutes les discussions possibles, il suffit de l'ouvrir pour savoir qui a tort ou raison, sans recourir à des Juges ignorants, passionnés ou faillibles comme nous.
Nul homme de bonne foi ne contestera la rigoureuse justesse de comparaison.
Ainsi donc le schisme heurte de front les principes les plus évidents de la logique : il est contraire à celui de tous les gouvernements, et radicalement inexcusable. Sans doute que, lorsqu'il est consommé, il devient juste et raisonnable aux yeux du révolté. Ah! je le crois. Quand est-ce qu'on a entendu la révolte dire qu'elle a tort? C'est une contradiction dans les termes ; car du moment où elle dirait : J'ai tort, elle cesserait d'être révolte.
Mais remontez aux temps qui ont précédé la scission, et vous trouverez dans les actes mêmes de la révolte des armes pour la combattre (i).
Et Joseph de Maistre rappelle les attitudes successives de Photius à l'égard du
(1) Letli-e a une dame russe. Ci'. Du Pape, 1. IV, remarque au ch. iv.
Pape, les appels de Constaiitinople à Rome, après la seconde déposiliou du schismatique, l'ambassade de l'empereur Basile II et du patriarche Eustatlie auprès du pape Jean XIX pour en obtenir la reconnaissance du titre de patriarche œcuménique.
Et il conclut par cette très juste remarque :
Étrange contradiction de l'esprit humain! Les Grecs reconnaissaient la souveraineté du Pontife romain, en lui demandant des grâces; puis ils se séparaient d'elle, parce qu'elle leur résistait : c'était la reconnaître encore, et se confesser expressément rebelles en se déclarant indépendants (i).
Pour se tirer d'embarras, les polémistes dissidents déclarent parfois que c'est l'Eglise latine qui s'est rendue coupable du péché de schisme. Joseph de Maistre leur répond :
Plus d'une fois, Madame, il vous sera arrivé comme à moi d'entendre dire dans la société, avec une gravité digne de la plus profonde compassion, que ce n est point V Eglise grecque
(1) Du Pape, 1. I, ch. x. Cf. Lettre à une dame russe.
qui s'est séparée de la latine, mais bien celleci qui s'est séparée de Vautre.
Autant vaut précisément dire que Pougatscheff ne se révolta point contre Catherine II, mais qu'au contraire Catherine II se révolta contre Pougatscheft'.
Qu'on accumule toutes les raisons alléguées pour justifier le schisme des Grecs : l'orgueil de l'Eglise romaine, les abus, les innovations, le despotisme, la corruption, etc. ; je donne le défi solennel à toute l'Église grecque en corps de m'en citer une seule que je ne tourne sur-le-champ, avec une précision mathématique, contre Catherine II en faveur de PougatschelT (i).
Si telle ou telle Église particulière a le droit d'accuser d'erreur ou d'innovation le chef de l'Église, pourquoi le gouverneur de Tver ou d'Astrakhan n'aurait-il pas aussi le droit d'accuser l'empereur de Russie, et de prétendre qu'il commet d'intolérables injustices, qu'il viole les lois fondamentales, ou qu'il se conduit en tyran, afin de lui refuser l'obéissance et de se déclarer lui-même indépendant de toute autorité autre que celle des lois? (2)
(1) A une (lame russe. PougatschefF est un célèbre aventurier russe qui se révolta contre Catherine II, et essaya de se faire passer pour Pierre III, que Catherine avait mis à mort. Il fut décapité à Moscou en 1775.
(2) Réflexions critiques.
Il serait difficile de réfuter le sophisme avec plus de bon sens. Pas plus que le protestantisme, le schisme oriental ne peut se justifier devant l'histoire. Et combien Joseph de Maistre a raison de dire que pour en juger sainement, il faut l'examiner avant sa naissance. La meilleure méthode pour ouvrir les yeux à nos frères séparés d'Orient sur leur fausse situation religieuse n'est pas de les lancer dans le maquis des controverses postérieures, mais bien de les inviter à lire l'histoiie de l'Église des huit premiers siècles et celle de Photius et de Gérulaire.