C11A1MTIU-: 1 LE "PAPE" ET LES CONTEMPORAINS
Quand parut lo Pape, le nom tlo J. de Maistre n'atlen tiait (luune occasion favoral)le pour s'imposer à l'Europe.
Le grand succès des Considérations sur la France ne date que de 1814. Ce livre, lu par Bonaparte dans la seconde campagne d'Italie, avait fixé l'attention de quelques penseurs solitaires, comme Ballanche, et de quehiues publicistes, comme Fiévée, et l'auteur anonyme lie VÉtal de la France à la fin de Van VIII, qui travaillait sous les yeux de Talleyrand. Mais la France de la Restauration l'inscrivit parmi les ouvrages (jui l'aideraient à faire son éducation politique : l'édition de 1814 se présentait sous le patronage en quelque sorte officiel de L-iis XVIII, et l'auteur semblait entrer dans les conseï s du nouveau gouvernement '. Aussi, en 181'^,
\. Une li'lire l'onlidciiliclli' ilii diif tTAvaray (28 scptombrc I7'J7) parut (Ml ItMi- (if l'fdilidu df ISli. Celte diviilfralion ne tit pas plaisir à J. de Maistre et sa veuve écrivait, le 7. juillet IS2I, à Har-
er, cliargé de rééditer le livre : « J'ose me promettre de votre
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pouvait-il dire : « Le temps a prononcé sur ce livre et sur les principes qu'on y expose. Aujourd'hui il ne s'agit plus de disserter : il suffit de regarder autour de soi ».
L'Essai sur le principe généraleur des constitutions politiques, écrit en 1809, publié d'abord à Saint-Pétersbourg en 1814, puis à Paris la même année ', affichait tant de mépris pour les faiseurs de chartes, que Louis XVIII et le parti constitutionnel manifestèi^cnt leur mécontentement ; mais les ultras tirèrent avantage de cet opuscule, sévère aux abstracteurs de la métaphysique législative, aux docteurs improvisés de la science politique; et Bonald le proclamait « un livre excellent, un livre d'or - ».
EnlSlG, J. de Maistre laissa i)araître sa traduction du traité de Plut arque, Sur les délais de la justice divine dans la punition des coupables, et enrichie d'ai)erçus nouveaux, de notes savantes et profondes ; les contemporains lurent ce « chef-dVeuvre de la morale et de la philosophie antique », et remarquèrent surtout cette explication de la crise qui venait de finir : « Lorsque les nations sont devenues criminelles à ce point qui amène nécessairement les châtiments généraux; lorsque Dieu a résolu de les ramener à l'ordre par la punition, de les humilier, de les exterminer; de renverser les trônes ou de transporter les sceptres; pour exercer ces terribles vengeances, presque toujours il emploie de grands cou-
(li'licalesso que vous no refusero/ pas à la familN" <lc lilluïitre (It'funt la Iristr jouis.>iaiiro de remplir une dr !<('s intentions Ira plus expresses, el ([ne vous-même vous serez liien aise d'accorder celte marque de ies|)ecl à sa mémoire, en faisant disparaître une épître, (|iii, détacliée de la léponse, avait liMit lieu de le blesser ». (Cf. lUdlrtin tlii liihliophili', 1834, j). 9lfi.)
1. Cf. .1/. (/(• Moithon et J. dt- Maistre, avec îles lettres inédites* (Correspoiiddiit, 10 février 11)03, |). 435).