‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 107 sur 152 · I. Lettre inédite (.j juin ISl'Jj · texte numérisé non relu

I. Lettre inédite (.j juin ISl'Jj

LE •• l'AI'E ET LES CONTEMPORAINS. 253

positions : contre ou\ avaient étt' dirigées la loi électorale (h; 1817, la loi snr le recruleinent votée en 1818, la formation du ministère Dcssoles-Decazes (30 déeenihre 1818) et surfont la promulgation des lois sur la liberté de la j)rcsse. Ces fons d'éini<irt''s, comme disait Hostopcliine, avaient voulu liilïei" vingt-cinrj ans d'histoire, rétablir une royauté arbitraire et intolérante; mais la France nouvelle, née de la liberté, sut nuiinlenir son droit à l'existence. Elle entendait se constituer politiquement en toute indépendance, et ne plus reconnaître comme loi de l'État la religion dont rinlluence était limitée à la vie des individus. L'apôtre de la contrerévolution parlait une langue morte.

Ni les légitimistes, ni les libéraux ne trouvaient leur com{)te au livre du Pape.

.1. de Maistre semblait travailler avec les royalistes pour défendre l'ordre ancien et restaurer les sains principes; mais ceux-ci ne pouvaient admettre un système politique reposant tout entier sur la personne du pape. On leur disait que le pouvoir des rois n'était qu'une délégation issue de l'autorité pontificale, que le pape consacrait le titulaire du trône, et pouvait l'enlever à ses héritiers pour des raisons dont il était le seul juge. Cet ultramontanisme heurtait le sentiment national. Comment souffrir (jue le sort îles dynasties fût réglé par tics bulles émanées de Rome, et que le droit public du wv siècle fût remis en vigueur? Bonald lui-même n'était pas remonté si haut; il s'était retranché dans la monarchie de Louis XI\', plus parfaite, à ses yeux, que toutes les constit\itions, soit anciennes, soit modernes *.

I. En 1820, ym |nil)li(isl(> iiltrainontain i-crivait : « Si vous le trouv(>z 1)011, je me lais fort do vous montrer... qne le siècle do Louis XIV est une éi)oque de dégénération de la haute civilisation chrétienne et que le temps ovi nous vivons est une éi)ot[ued'igno-

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A plus forte raison les libéraux étaient-ils choqués par les hérésies politiques de J. de Maistre. La doctrine de cet écrivain rabaissait la raison humaine : l'homme, être corrompu, pervers dans sa volonté, n'était pas capable d'être libre; le pouvoir avait la charge de museler le tigre, et les clforts des nations pour conquérir leurs droits les couvraient de ridicule et de honte. Les Considé rations, VEssai sur le principe générateur, le Pape développaient les dilTérenles faces d'un système en radicale opposition avec l'orgueil constitutionnel, dont la France de 1819, héritière, qu'elle le voulût ou non, de la France de la Révolution, avait apporté les germes en naissant. Les hommes de 89 et de 93 s'étaient livrés à un véritable dévergondage d'abstractions politiques; ils n'en avaient pas moins fondé Técole impérissable des hommes d'État, soucieux d'asseoir les gouvernements sur la double assise de la raison et de la liberté.

« Le veto du pape, disait J. de Maistre, i)Ourrait être exercé contre tous les souverains, et s'adapterait à toutes les constitutions et à tous les caractères nationaux ' ». La France, qui venait de subir l'humiliation de l'occupation étrangère, n'était ])as résolue à s'incliner sous la suprématie du pape, à solliciter de Rome la charte de ses droits. Lorsque Villèle, quelques années plus tard, se laissait de plus en plus asservir à la congrégation , Hyde de Neuville protestait en ces termes : « Où en serions-nous, si les lois civiles et politiques devaient être ratifiées, sanclionnées par le clergé,

rancc proromli- rclativctnnil .iiix ,t:iaii(li's vciitcs it'Iij^itMisr's, liisliiri(|U('s, ])(iliti(iiics, à toiilcs les vciilcs ^ucinlcs, en un mol, lanilis ([Uf, le iiioycii àg(^ était v<Milal)l(!m(Mit le lomps de lascii'iiiMr l'I (le la haute civilisation ». (K; de BcaulTorl, Lettres de deux ultramonliiins, p. 4.) Mais cet état (rcsprit n'ctait pas encore répondu en ISIi).

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