‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 109 sur 152 · Des inconséquences ministérielles, 1827, p · texte numérisé non relu

Des inconséquences ministérielles, 1827, p

le résultat de nos mœurs présentes; c'est un traité de paix signé entre les deux partis qui ont divisé les Français; traité où chacun des deux abandonne quelque chose de ses prétentions, pour concourir à la gloire de la patrie * ».

La politique et la religion ne pouvaient donc que nouer une alliance offensive contre ce penseur qui plaçait le salut des sociétés dans la double tyrannie des rois et du pape : un gouvernement ennemi du progrès et des libertés, un christianisme centralisé à outrance, et suspendu au dogme rigide de l'infaillibilité, telle était la doctrine qui déconcerta nos évoques et souleva d'un même élan les libéraux, les constitutionnels et jusqu'aux ultras plus amis de la France que de Rome.

J. de Maistre l'avait craint ; l'impression de son livre n'était pas encore terminée, qu'il écrivait tristement à de Place : « Les nouvelles que je reçois de France me font perdre courage. Quand on écrit il faut écrire pour quelqu'un; or qui me lira? vel duo, vel nemo. Une poignée de confrères, conservateurs du feu de Vesta, accueilleront peut-être mes idées; mais si je soulève vingt millions d'hommes, vaut-il la peine d'écrire 2? »

1. Dans les polémiques du temps, le nom de J. de Maislre était parfois invoqué par des ]ép,islateurs qui méditaient quelque mesure restrictive; ainsi Josse de Jieauvoir, dans un discours sur le projet de loi relatif aux journaux, demandait la censure, en s'appuyant sur « un passajî;e de Tun de nos premiers publicisfes actuels », qui, à son gré, déciduU la question ». (Cf. le Moniteur du 24 mars 1820, comi)te rendu de la séance de la Chambre du 22.)

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