‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 110 sur 152 · Lettre inédite, 9 août · texte numérisé non relu

Lettre inédite, 9 août

LE '• l'.M'i: F/r Li:s CONTEMPOHATNS. 2137

A CCS causes gt''ii»''ralos. il laiil joindro deux causes occasionnelles, qui eurent une cerlaine innueuce sur le sort de Toun ratre.

D'abord le gouveruenienl donna Tordre aux jouru;iux <|ui acceptaient sa direction de ne pas signaler au l)ublic le livre du l'ajie. .1. do Maistre s'en plaint plusieurs Ibis dans sa corresi)ondancc, et Lamartine confirme que « le silence des journaux (|ui devaient principalement ailoptor les idées » de .1. de Maistre, était dû à « un mol d'ordre qu'on a cru devoir religieusement observer' ». Mais la défense du gouveriH'ment était superllue ; d'eux-mêmes la plupart des journaux n'étaient pas bien disposés pour cette doctrine politique renouvelée du moyen âge. Bonald craignait ((ue le comité de ilirection du Conservateur ne l'autorisât pas à faire un article sur le Pape, « à cause, disait-il, de l'ultramontanisme, dont quelques gens ont peur », et surtout à cause de ce (|ue Lamartine appelait les rêveries consliluUonncUes de ce journal : le Conscrvideur. en elîet, adversaire irréductible du libéralisme, subissait la direction de ("hateaubriand, « le grand champion du système constitutionnel », disait dédaigneusement Bonald. Sur ces entrefaites le Conservateur disparut ; il fut remplacé par le Défenseur, ((uc rédigeaient Bonald, Lamennais, Saint-\'ictor. (lenoude, et plusieurs autres personnalités, « tous de \(Arc école et selon votre creur », disait Lamartine à de Maistre; aussitôt Lamennais promit un article sur le livre du Pape'-.

1. Lolliv (lu 17 mars IS20 (r/onv.s/... I. VI. |.. iflWl. A de {'la.-.' il (lirait le 3 avril IS20 : « ,1c sais iiiaiiilciiaiil ([u'uii urdn- (lircil avait Oi'diiiiiir li- silfiict' à liiiis lt>s joiiriiaiix ■•.

2. 1/usliacisiiic (k's joMiiiaiix à l'i'i^aril du I'ii/h' drvail ilmcr

Cependant le silence des journaux ne suffisait pas à ('•toulTer un livre : on Tavait bien vu pour le premier volume de VEssai sur V indifférence, qui n'obtint les honneurs d'un compte rendu qu"à la deuxième édition. Mais l'attention du public l'ut distraite par l'assassinat du duc de Berry : « Le grand crime du 13, écrivait de Maistre le 21 février 1820, éclipse le Pape, déjà repoussé dans l'ombre par le gouvernement... Qui pourrait penser à mon livre après ce qui s'est passé? »

Il fallut donc un certain temps pour que Topinion se ressaisît : les amis les plus chers de l'auteur, Donald et Marcellus, tous deux « conservateurs du feu de Vesta », furent les premiers à envoyer leurs félicitations. Donald transmettait à son ami les compliments de Fontanes, de Dausset, du duc de Ri(-hclieu, et il ajoutait : « Pour moi, monsieur, je ne peux vous dire combien j"y ai trouvé de raison, d"esprit, d'élévation, d'érudition, de choses neuves et originales; mais, comme je lai dit, les rois pour le goûter ne sont peut-être pas assez chrétiens, et les évoques ne sont pas assez politiques. Il faut avoir considéré la religion dans ses grands rapports avec la société, pour en sentir limportance et en goûter toute la vérité ' ».

Un hommage intéressant vint à fauteur de la part de Lamartine, qui était alors l'orgueil des salons nltras et qui venait d'être proclamé le poète de la Restauration :

loii^lcmps; le 7 soptcinhrn IS2I, LamiMinais ;innoi>(.'Til ii Vuarin Ifi (lis|iaiili(m du Dt'fcnscnr, disfiit : <■ Il est fàclieii.x qu'il u'e.xisle aucuue feuille péri(Kli(iue eutièiement pure. C'e-st la raison du sileiiee qu'on a pardé Inrcénient sur les critiques odieuses laites de l'ouvrafie de .M. de Maistre. On m'avait envoyé une réponse à ces crili(|ues jxiur être insérée dans le Draiwau lilanc. le moins inaccessible des journaux dits royalisles. M. OWIaliony, un de ses rédacteurs, n'a |)u encore l'y faire insérer ». (Cf. Hcvuc des Deux Mondes, \"i octobre l'.)0.ï. ]). 782.)

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