INTRODUCTION. XVII
('iicli.iîii.iiil l.'i |):i|)aiilf'', I.i li-;nii;iiil ,'i l*;in's, l;i mcn.'ii:;ml cl Ir.iiisi^c.iiil /to/ilii/iicinciil avec elle, aclicviiil (le la (l(''(()ii'<i(|(''r('i' cl (le r.iN ilir-. I*iiis !<• <^caiil loiultc, cl rinci'li<' |»()lili(|iic pcniicllaiil aux «'liidcs pliilosoplij- (jiics cl |)aci(i(|iics (le i-cnaîlrc, voilà paraître le spirilualisme, rccloclisnic, écoles qui, loul en ne reniant pas le senlinienl reliii^ienx, ne complaienl pas la paj)anl(' coninic un ('•Iciucnl nécessaire. I)ans loul le monde catholicpn' il ne rcslail au pa|)c (pic de Maislre ' ».
Telle est Tori'ii'inalih'' de ce livre du Pa/n' (juc nous nous proposons d'éluilier. I]li quoi! cesl an nionienl oi'i la papauté, tenue en suspicion par les uns, violcid(''c par les autres, était aux prises avec des dil'ficiillt's insui iiionlaliles dans tous les étals catlioli- (pu's; c'est au moment où les idées du xviir- siècle |>araissaicnl trioiupher, et en France, leur pays d'orii^inc, (4 chez tons les peuples façonnés par Fespi-il fiançais; c'est à ce moment qu'un penseur, isolé dans un état schismatique, où le nom du pape était aussi odieux que parmi les anglicans, lit enicndre sa voix j)()iir réclamer en faveur du pape la supr('Mualie cl riufailliltiliié; L'Europe était actpiise aux idées de liberté civile et (rindépeudance nationale; .1. de .Maislre osait lui oifrir de rej)rcii(lre la chaîne des id(''cs religieuses et de la sultdidiitalion spiriliicllc! Ou (die audace!
Mais aussi quelle vue de génie! Le monde \(Miail
I. Passafio crril en 18:12, cilc par Ma/./iiii. dan?; sa hnuhuiv /'• l'dftc au XIX" si7'f/<', iStiU, p. H.
XVIIT INTIUJDL'CTION.
d'assister à la « résiirroclion du trône pontifical, opérée contre toides les lois de la probabilité humaine »; il ne laut pas que ce miracle soit perdu: l'ère nouvelle, qui s'est ouverte en 1814, doit avoir un lendemain.
Persuadé que le sort religieux de l'Europe est lié à l'attitude que la France va prendre à l'endroit de la papauté, J. de Maistre ne conçoit pas d'œuvre plus nécessaire que de mettre au cœur des catholiques français l'idée de la suprématie pontificale. Les émigrés, qui n'ont rien appris à l'étranger, vont rapporter d'exil les idées de leurs pères : c'est là qu'est le péril, et J. de Maistre, afin de le conjurer, entreprend de jeter le discrédit sur les libertés gallicanes, dangereuses pour l'existence du catholicisme.
La France de l'ancien régime était grosse de schisme : depuis la Déclaration de 1682, la religion était opprimée par les rois très chrétiens, bien qu'en apparence elle jouît de leur protection. J. de Maistre pense qu'il faut délivrer enfin l'Eglise de la situation humiliante, que Louis XIV lui avait imposée, battre en brèche les quatre articles, et, au sommet de l'édifice religieux, dont la France formera la base solide, dresser le pape, souverain infaillible et absolu. Lvon, 29 décembre 1905.
N. B. — Pour écrire ce livre, nous avons eu entre les mains le manuscrit du Pape, qui est très différent du texte connu ; un Lyonnais, Guy-Marie de Place, qui s'était chargé de l'impression, proposa à l'auteur une
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l'ulllf (le idlTi'cl idils I rrs liciirciiscs, iloiil I i(';i iic< m 1 1 oui r\r ï;\\\i'<, iiii plus ifi-iml |i|-nlit de IdiiN l-li^»'. i.ii cun-fsjxiiKliiiicr (|iii s"<''l;ililil ciilrc CUV ;i ('-l»'' <''i,'alt'iiuMit iiiilisi'c ici : clic coin |ir<'i 1(1 i|ii;ii;iiilc scpl lc|t rc>^ de .1. t\i- M;iisl rc. six cMliicrs ii'oliscf\ al iniis sdiiiiiiscs par de IMacc, cl Ac iKiinlii'ciises l'ciiillt's conlciiant les r(''i)onscs délailh'cs de Tau tour.
I.r prtil-dls de rcilitciir lyonnais, M. Henri de Place, dircitciir général honoraire de la Société anonyme des lionillcres de Rochehelle, a bien vonlu nous faire Thonneur de nous confier ces précieux manuscrits : qu'il reçoive l'expression de notre reconnaissance la plus vive, car. sans lui, ce livre neilt pas été fait.
Notre étude porte spécialement sur le Pape et sur l'Église gallicane. Dans le manuscrit, l'Église gallicane ïovluait la 1\''' [tartio du Pape; mais les corrections deman- (l(''('s i)ar de Place lurent si nombreuses et si imporlantes. que lauleur, [iressi'' de [taraîfre, détacha ce 1\''" livre et le remplaça i)ar un livre sur les Jùjlises photiennes qu'il avait eu le temjis d'achever jiendant les retards de liniprcssiou.
Les citations du Pape et de l'Église gallicane sont ciuprunlées. sauf indication contrair*?, aux éditions originales (181'J et 1821). Pour les autres ouvrages (](' ,1. de Maistre, nous avons consulté rexcellenle édition (les OEiwres complètes (14 vol. in-3, 1883-87, chez \'itte et Perrussel, à Lyon).
JOSEriI mi MAISTRE
ET
Livin-: I