‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 13 sur 152 · LA GENÈSE DU - PAPE · texte numérisé non relu

LA GENÈSE DU - PAPE

CIIAIMTIÎK I

IDÉE I'ui:mii;ke de l'ouvrage

Josopli de Maistre, amhassadcui' m Russio. no voyait pas sans inquirlndo poindro à l'horizon les Incui's d"un avenir (rincn'-didilr et de lil)rrl(\ Son intclliii^cnfc, avide de comprendre le i)ass('' el de prévoir lavenir, se tenait tonjoni's en éveil pour déiraii^er la le(:on des événements conleniporains. D'inunenses lectures entretenaient l'activité de son esprit et remi)èchaient de se laisser absorber par ses fonctions diplomaticjues. Cet écrivain qui, en 1700, sétait révélé à l'Europe par les Considéralions sur lu France, travaillait à développer dans des livres de plus longue haleine ses vues de génie; quand il quitta la lîussie (27 mai 1817) il emportait avec lui d'énormes manuscrits, ti volumes in-folio et deux in-4" de 1000 pages :

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c'était le Pape, les Soirées de Saint-Pétersbourg et l'Examen de la philosophie de Bacon. Les Soirées, qui faillirent paraître avant le Pape, et qui devaient rester inachevées, furent composées en premier lieu. Il écrivait le 17 avril 1813, à l'abbé Nicolle, un de ces Français que rémigration avait jetés en Russie, et qui devait y acquérir une si haute réputation d'éducateur : « Mon grand ouvrage est fort avancé, et déjà j'en suis à ce point si encourageant où l'on voit la fin; mais j'envisage le tout avec cette alternative de courage et d'abaltement que vous avez pu me voir. 11 nest pas bon à l'homme d'être seul. Si j'étais à Paris, j'aurais enfanté depuis longtemps; mais ici quis leget hacd... Malgré la faveur des circonstances, je ne me décide à rien, et ne me sens pas la moindre volonté ou velléité de faire un pas du côté de l'imprimerie : habent sua fata libelli. J'écrivais l'autre jour : A moins qu'une grande nation ne pousse un livre, il ne peut avoir qu'un succès équivoque. Avis, non pas au lecteur, mais à l'écrivain ' ».

Quant à VExamen de la Philosophie de Bacon, il était achevé en 1815, comme en témoigne ce fragment d'une lettre au comte de Noailles : « Je ne sais pas comment je me suis trouvé conduit à lutter mortellement avec le feu chancelier Bacon. Nous avons boxé comme deux forts de Fleet-Street, et s'il m'a arraché quelques cheveux je pense bien aussi que sa perruque n'est plus à sa place- ».

La composition du Pape et de l'Église gallicane date donc à peu près des années 1810 et 1817. Le 4 aoûtlSlG, de Maistre écrivait à Mme Swelchine : « Je griffonne

1. Vie de l'abbé Mcolle, par l'abbé Frappaz, p. 97. Celle lelire n'est pas dans les Œuvres complètes, où la correspondance remplit 6 volumes (IX a XIV).

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