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La (léclaralif)ii |)r(''S('iil<''f' au saiiit-sirgo [lar les n'-dactcurs de V Avenir, le 1 IV'vi'ioi' 1831, glorifiait les théories soutenues par l'auteur du Vape et de V Eglise fjalUcane . Klle jetait l'anatliènie sur la déclaraliou de 1082, cassôe, annulée, improuvée plusieurs fois par le saint-siège, et opposée à l'invariable enseignement de l'Lglise romaine. Elle rejetait les propositions clirres au gallicanisme, celles-ci particulièrement : le concile général est supérieur au pape, — le pouvoir du pape doit être modéré par les canons, — dans les matières de foi, le jugement du pontife romain n'est irréformable qu'après que le consentement de l'Eglise s'y est joint. Elle accordait au pape rinfaillii)ilitô dogmatique la plus étendue : « Le pontife romain est le chef de toute l'Église, le père, le docteur de tous les chrétiens, et il a reçu de J.-C. dans la personne de saint Pierre, le plein pouvoir de paître, régir et gouverner l'Eglise universelle ».
Enfin le i'^'" article de la d«''claration de 1082, par lequ<'l les rois et les princes étaient proclamés indépendants dans les choses temporelles de toute puissance ecch'siasti(jue, était condanuK^ sans ré-serve. Mais, pour établir cette théocratie, l. {venir se séparait de l'enseignement de .1. de Maistre. Celui-ci avait condialtu l'esprit moderne l't voulu i-estaurer l'idéal politique du moyen âge. Plein de ni(''|»ris \\(t\\v les prétendues amélioi-alious apportées au moiule par la |iliiIos(»phie et la liberlT'. il avait cherelié' le salut des peupl(>s et des rois dans la
I. <:i)iip (l'u'll isiir lit rniitroi'rrsi' chrtHifiinr. 1S3I. p. 271.
subordination au souverain pontife. Lamennais abrita sa théocratie sous le drapeau de la liberté. Les rois ne voulaient pas courber le front devant Rome : anathème aux rois! les peuples feront leurs propres destinées sous la direction de lÉglise. Pour que la religion commande encore aux sociétés, il est nécessaire quelle ne lie plus sa fortune à celle des dynasties éphémères, qu'elle renonce à la solidarité du trône et de lautel. et qu'elle se mette à la tète des peuples pour les conduire à la foi et à la liberté.
Pendant seize mois, l'Avenir développa avec un zèle et un talent supérieurs la thèse de lultramontanisme libéral, espérant que son audace contre le pouvoir civil passerait à la faveur de ses protestations romaines. « Rome, s'écriait le baron d'Eckstein, c'est la figure du monde; Rome, c'est le pivot de l'humanité. De Rome nous viendra le salut, car Rome accomplira infailliblement ses destinées '. » Les violences de J. de Maistre contre le gallicanisme étaient dépassées : dans un procès intenté à VAvenir (31 janvier 1831) l'avocat de Lamennais rappelait en ces termes ses titres à l'acquittement : « 11 a dit anathème sur la déclaration de 1G82, et sans renier la science et la vertu de Rossuet, il a pleuré et maudit sa faiblesse; peu s'en est fallu, je crois, qu'il n'ait accusé Rossuet d'avoir fait, du moins en France, plus de mal que Luther au catholicisme - ».
La perte de l'Avenir fut causée par son libéralisme : Rome n'était pas fâchée que ce journal créât un mouvement irrésistible contre les maximes gallicanes; mais elle s'inquiétait qu'on la rapprochât delà démocratie et