Cf. l.eciuiuc't. Monlalcinhrrl. I. II. n
INFLUnNCE nu •• l'AI'E . 317
discours <iii 10 avril 1844, rrpudiaif avec un siiprihc (l(''(laiii les lil)ert(''S tj^allicancs : « |)i'l niilrs on tlirorio, srcriail-il. par les écrits de deux grands écrivains, le comte de Maistro et M. de Lamennais avant sa chute, elles ittul ('•!<'• on l'ait par un théologien de t(Mite autre nature, le premier consul .\ai)oléon Bonaparte ». Que vient-on encore parler do la loi sur renseignement des quatre articles? Le décret du 25 février 1810 n'a jamais été appliqué : « Je défie Monsieur le garde des Sceaux, ajoutait-il, de trouver parmi les 80 évéques de France "> prélats qui adhèrent aux quatre articles ». J. de Maistre eùt-il espéi'é une victoire si rapide et si complète?
Le mot de théocratie, ((ui effrayait les Français de 1819, retentit tout à coup sur les lèvres éloquentes du jeune pair, ((ui s'écriait : « Nos adversaires répondent : Mais l'Église en est donc encore au moyen âge, c'est donc toujours l'Fglise de Grégoire Vil, de Boniface \'1II? Mon Dieu, oui, messieurs, précisément la même. L'Église de Grégoire XVI est la même que celle de saint Grégoire VII, comme celle de saint Grégoire VII était la même (jue celle de saint Grégoire le Grand, de saint Basile et de saint Ililaire. » Villomain, ministre de l'instruction publique, eut des accents indignc's pour dénoncer cet « anachronisme (pii voudrait nous reporter au moyen âge », et il rendit liomniage à ces légistes, « à ces grands magistrats de l'ancienne France qui avaient maintenu les droits de la puissance civile ». .Mais tandis que le ConstUuUonnel disait de .Montalembert (jn'il avait « foulé aux pieds les lois du jiays », V Univers s'associait en ces termes à ce manifeste ultramontain : « .Jamais le jeune pair et courageux orateur n'a mieux r('puiuhi à nos espérances et n'a montré un talent pins digne de la iioltlesse de son carnctèi-e et de la majesté de ses convictions » 17 avril l(Sî4).
Cette solennelle affirmation de la victoire ultramontaine ne pouvait pas être contestée. Sainte-Beuve, que les évolutions de la pensée religieuse ont toujours passionné, signalait, dès 1843, avec sa pers})icacité ordinaire, ce déclin du gallicanisme : il disait : « Les doctrines de Bonald, de Lamennais, surtout de J. de Maistre, ont prévalu chez les croyants catholiques, chez les jeunes.... Le gallicanisme, le plus noble fils du catholicisme, est mort avant son père * ». La grande croisade du parti catholique contre l'université avait eu ce résultat d'effacer les divergences et de former une troupe compacte où nul ne se souvenait plus de ses origines, mais s'était armé pour les intérêts communs. Mgr Guibert pouvait écrire (22 février 184o) : « Le gallicanisme n'existe plus - ».
Quelques années plus tard, Montalembert développant les grandes phases de l'histoire religieuse du .xix'" siècle, s'applaudissait que la papauté eût recouvré une hégémonie incontestée et que l'esprit de révolte et d'indépendance, manifesté par ces dénominations d'Églises gallicane, germanique, hispanique, lusitanienne, fût enfin comprimé : « Il ne reste plus debout, disait-il, qu'une seule Église catholique, plus unie, plus subordonnée à son chef qu'à aucune époque de son histoire. Le gallicanisme surtout, qui a été peut-être la [)lus redoutable et la plus invétérée de nos erreurs, est aux abois.... Qu'on se reporte à l'état des esprits chez les personnes les plus pieuses au moment où parut, il y a trente ans, le Iraité sui- le Pape du grand comte de Maistre, et que l'on juge de l'espace que nous avons parcouru depuis lors juscpi'au moment actuel, où les