Cr. 'r.iiiio, Itnjiinr iiidiI'Tiic, I. I. \t. (l'i, uolc
INFLUENCE DU •• l'AI'l-: . 319
itlt'cs «le fct iiuiiiorli'l ('•(•ii\ ain sont di'Vi'mics «les lieux coiiiimins pour (oiilc la jeimesse catholi(|ii(: ' ».
Kii 181'.», h' syslème de .1. de Maislre ébahissuil les lîomaiiis par sa nouveauté; en 1857. une revue très bien iiilniiiM'c (In iiirnivfinciil n'Hirieux, VObservaleur cnlholiqnc, p((iivail dire de ci' syslème : « Nous le voyons anjoui'dliui prêché comme la vraie doctrine catholique, ei la cour th' Romc^ est si zélée pour lui «prelle reyarde connue des li(''rétiques et des scliismatiques ceux ipii scr pernieltciil île le rejeter ei île le comhatire. Laslii- de Hellarmin a pâli: .Mariana et Santarelli sont éclipsés. Le gland théologien de la cour de Rome est aujourdhui J. de Maislre, et son nouveau syslème a renqjlacé non seulement la vieille doctrine cailwliiiue, mais lultrannjntanisnu» du XW^ siècle ».
(lepeiidaiil (|uel(|ues i'(''sis[ances s'c'laieul produiles. l'n certain nond)re de gallicans continuaient de rendre hommage par leurs travaux et pai- leur doctrine à la ih'claration de 1082. Ainsi l'ultramontanisme de .1. de Maislre el de Lamennais fut vivement attaqué par l'ahlié Sénac, dans son livre magistral Du chrislianisinc considéré dans SCS rapports avec la civilisalion moderne (1837); par lahlx'' (inillon, devenu évèque de Maroc, auteur d'une copieuse réfutation de Lamennais [Histoire de ta
1. /><-.s- ;/i/<7v'/.s- ntllioliiiurs nu \7\ ' Mcrlr (I8.")2), |>. 3S et sijti. Moiil.ilcmhcil, i-cpiMiiiant, (|in .■i'iippi'l.iitlin-uièiiie « un vii'iix snlil.it du calliolicisinc cl ilc la liliorlc ■■, ne cessa de scuitenir ([iio ralTiancliisscincnl lie l'Kjzlisc vieniirail. non de ralisolulisine papal, clicc a ,1. (le MaisU'c, mais du droit iiiniinnn des lilicitcs piildi-
L'. N" doclolne IS.jT, l. 111, p. 4.
nouvelle hérésie, 1835), et qui i)ubliait dans V Encyclopédie des gens du monde (1S39) un article gallican sur l'Église de France; par Tabbé Prompsault, écrivain laborieux et tenace, qui s'attira les foudres de ses supérieurs par son livre Du Siège du pouvoir ecclésiastique dans l'Église de J.-C. (1853), où il montrait que la doctrine de l'Église gallicane, relativement au siège du pouvoir ecclésiastique, s'appuyait sur la discipline des premiers siècles; par l'abbé Guettée, éditeur du Journal de l'abbé Ledieu, érudit historien de l'Église de F'rance (1847-36), qui remonte aux sources, et croit à Bossuet comme à un oracle ; par l'abbé Maret, que nous retrouverons évèque in parlibus de Sura, et (pii fondait en 1848, avec Lacordaire, VÈre nouvelle, un journal qui se réclamait des « principes de liberté, d'égalité et de fraternité que le christianisme a mis au monde ». On peut aussi ranger parmi les gallicans l'archevêque de Paris, Mfc'"" Affrc, successeur d'un autre gallican, Msi- de Quélen ; Affre ne voulait pas s'unir aux gallicans de son temps <jui, disait-il, n'étaient pas catholiques et peut-être pas chrétiens; mais, en revanche, il se gardait d'imjjoser aux fidèles les o})inions ultramontaines, « parce que, disait-il, nous les croyons d'une i)art moins probables, et de l'autre moins propres à retenir les peuples catholicpies dans le sein de l'Église, ou à les y faire rentrer, (puuid ils l'ont alnmdonné * ■».
Genoude, publiant en 1845 une édition abrégée du traité de Bossuet sur la déclaration, relevait les arguments inditpiés par Affre, et, poussant plus loin que lui sa thèse, il écrivait : « La déclaration de 1682 est un monmnent indestructible, et quelques-uns ont cru pou-
1. I)c l'iisdfje cl lie riiliiis (les oiiinioii^ roiitroi'crsci'S entre les iiltrntnoiitiiiiis et les tjnlliidiis, a l,'i !>iiilc de VAiqiel coininc d'abus (184.")), p. 2S7.
INFLl'ENnK nu •• PAI'F . 321
voir ("11 s(''|);ii'ci' les nrliflrs ((ui roiMiicnl im loul insr- |).ii;il)l('. et i|iii csl toute li'iir tfamnlir par i'a[)|)ort aux alnis (Ir tons 1rs pouvoirs, i-lvi-qups do France ils doivcui t<'iuoii.Mi('r l'ii l:i\('ur dos ii'aditioiis de l'Kglise do Franco ' ».
Mais l'clfort le plus coiisidcrahlc (jui ait été, vers le milieu du siècle, dirii,'!- contre la doctrine de J. de Maistre. est celui d'un philosophe cartésien, Hordas- Denioulin, et d(! son discijjle Huet. Mordas reprochait à de Maistre son rapprochement profane entre l'infaillihilité et la souveraineté, ce qui lui paraissait impliquer une réduction du surnaturel an naturel, c'est-à dire une m'-iratioii du caractère divin du christ ianisme -. 11 protestait contre celte concentration d'autorit»'- dont Ihisloire de rKglise enregistre les plias(>s successives, et il proclamait la nécessité d'une réforme qui rendrait aux évéques, aux prêtres et même aux laïques la part de vie spirituelle, denscignement et de gouvernement qu'ils avaient primitivement dans la société religieuse. Il s'efforçait de prouver (jue l'ultramontanisme est une doctrine anti-sociale, parce qu'il oblige les citoyens à être catholiques avant que d'('tre sujets, et que les prétendus l)ienfaits de la papauté au moyen Age se réduisent à des injustices commises sous le prétexte de la religion. Cette réforme que Bordas-Demoulin voulait maintenir dans les limites de l'orthodoxie ne réconcilia pas la société civile avec la société religieuse, comme il l'avait espéré,
1. De U'iiips à autre le fiouvornempiit se souvciinit (ju"il flisposail (les apiiels cuiiuiii' (fnims ot pninon(;nit qiiol(|ii(>s condainiialions. C/csl ainsi ([u'iiii iiiarideinenl du canliiial di- liniiaid. on dalo du Jl novcmliro 18ii. l'ut rondainnô par un arr^t du conseil diktat. '.I mars 1S4.'), élaldissant (|ne lo prélat avait ■• conimis un attentat aux lilierlés. rramliises et rnutunics de i'Kirliso jrallicaiie ».