‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 138 sur 152 · Pinu'oirs <y:nistiUitifs de ri-AjUsc (I8")5), p · texte numérisé non relu

Pinu'oirs <y:nistiUitifs de ri-AjUsc (I8")5), p

et laut déloquence honnête, tant de dialectique chaleureuse se heurta contre lindilTérence du public. Son disciple Huet, professeur à l'Université de Gand, devait après le Syllabus et le concile du Vatican, quitter cette Église pour laquelle il avait conçu la plus noble destinée, si elle eût accepté le plan de Bordas, à savoir « rompre tout lien avec les pouvoirs temporels, recommencer avec une croix de bois dans les mains et une parole de liberté sur les lèvres la conquête dun monde qui lui écliappait ' ».

Les progrès du libéralisme ne pouvaient que contrarier riiitluence de J. de Maistre dans la période que nous étudions. Ballanehe, nous l'avons vu, se refusait à n'entendre que la voix du passé ; Lamartine, dans sa brochure sur la Politique rationnelle (1831) proposait une solution libérale aux problèmes sociaux. En 1833, les Paroles d'un croyant, répandues à plus de 100 000 exemplaires, hâtaient le travail de régénération qui se poursuivait au sein des masses; au même moment, Chateaubriand faisait paraître à la Revue des Deux Mondes (avril 1834) son admirable fragment sur VAvenir du monde, qui rejetait au néant les fictions de l'ancien ordre de choses pour ouvrir des perspectives de liberté et de vérité: en 1830, Lamennais redisait ses pressentiments d'une ère nouvelle : a Les voix qui parlent des ruines du passé, disait-il, apportent à l'oreille des jeunes générations des sons étranges qui les étonnent, des paroles vides qu'elles ne comprennent point. Pleines d'ardeur et de confiance, elles marchent vers le point du ciel où la lumière leur est apparue, laissant derrière elle les larves de t(nit ce

1. 15. de Pi'OsseiiSf, la Coitcitr Ju Vatican (1S72), p. (iS. — Sur Bordas, on [)(;ut encore t-onsuller : M. de l'ivssensc, Kcvitc chrr- Hcnne, IS.'j.T; Lermiiiier, ]{cviir des Oru.c Moiidrs. i" février 184(1, el sa Ml- pfirlluel (IS(il).

INFLUENCE DU •• l'AI'F. . 323

i|iii ii'csl plus se Iraînf^r cl li-ôiiiir dniis In iiiiil ' ». i;iir;iiiliii <|iii. ilii (!;iii'(', ciilciMlaii ce (•(iiicfri |>r<)|)|i(''lit|ii(', iissociail dans un nn'inc lioniiiiago Clialoaiiltriand, l-aiiifnnais cl l'iallaiiclic : « .Nous savons, disait-il, ce (|u il y a an fond de iànic de ces trois j^rands oracles; ce sont les dieux do noire jeunesse - ».

(^etle feruienlalion de Iii»éralisnie, lioslilc à la tlocii'inc de .1. dr .Maislrc. n"('ni|tèclia pas cependant la crili(pie indéix'udaide de juger sans parti pris une o'uvre, dont le lenii)s avait amorti les violences. Les libéraux s'applifjuri'cni à jny^er sans colère les écrits qui avaient soulevi' tant de passions et (jue les catholiques jetaient encore dans la mêlée tout cluuuls de leur feu premier.

Ce l'ut rhonneur de Sainte-Heuve de se placer directement en face de cette grande figure, et d'en essayer un portrait loyal. Cet esprit, prompt aux métamorphoses, lommc il disait de lui-même, lit un travail respectueux et x(/(c<'re, à égale distance des préventions catholiques et des représailles libérales •'. On ne louera jamais trop la linesse et la pénétration de cette étude. HelativemenI au l'ape, le critique se défendit de toute discussion historirpic ou dogmatique; mais il en définit très heureusement la poi't<'e : « Vn résultat incontestable, disait-il, (piaura obtenu M. de Maistre, c'est qu'on n'écrira plus sur la papauté après lui comme on se serait pernds de le faire auparavant. On y l'egardera (h'sormais à deux fois, ou s'avanciM'a en vue du brillaiil et provoquant défenseur, sous l'impression de sa grande ond^rc. Tout en le condjattant, on l'abordera, on le suivra. En se fai-

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