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2. Currcxit. ijoliliiiiir. p. (Ki (l.cltrc rciitc ilii ('..lirc, (iclnluc IS:tri).
3. Itrvuc lU'S Dt'ii.r Moittirs. I.") juillcl cl I " .iniit ISIK {l'artniits litti'raircs, l. II).
sant attaquer par ceux qui viennent après, il les amène sur son terrain, il les traîne à la remorque. N'est-ce pas une partie de ce quil a voulu? »
Le portrait de J. de Maistre par Sainte-Beuve prépara révolution du goût public. Catholiques et libéraux purent enfin se rencontrer dans une commune admiration pour un penseur dont les idées peuvent déplaire, mais forcent l'examen.
La famille voulut profiter de cet état d'esprit; elle mit au jour une partie de la correspondance de J. de Maistre et quelques-uns de ses opuscules devenus introuvables. Cette correspondance prouva que le terrible écrivain était un homme à l'Ame tendre et bonne, le meilleur des pères, le plus affectueux des amis : la légende du panégyriste du bourreau était entamée.
Mais une auti*e légende, qui nous intéresse davantage ici, sortit de cette publication. Dans la préface, le fils de l'écrivain, Rodolphe, présentait son père comme un libéral, que ses tendances mettaient en mauvaise posture à Turin : « M. de Maistre, dit-il, dans la préface, fut soupçonné de jacobinisme, et représenté à la cour comme un esprit enclin aux nouveautés et dont il fallait se garder ».
Les adversaires des idées de J. de Maistre s'emparèrent de cet aveu. En 1858, M. Albert Blanc, qui était alors avocat à Chambéry, reçut de la confiance de Cavour la mission de publier la correspondance diplomatique de J. de Maistre. Cette publication très incomplète',
1. M(''moirrs jioUUqnes et corrcsp. diplom. de J. de Maistre, avec e.xplicnlidiis et coninieiitaires historiques, Paris, 1858, 1 vtil. iii-8.
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l»uis(nrclle ne comprcnail que dos IVagmenls de lettres, rnltiicliés par dos coiiinieiilaires, et classés souvent sans date précise, translorniait le grand tliéocrate en un conslilulionnel pié-montais brûlant de; l'ardeur (|u<; Cavour avait allumée au cd'ur des patriotes sardes, à riieure où s'engageait la lutte suprême avec lAutriclie. La |>ublication de M. A. lUauc l'ut un événement; la presse, en général, fit bon accueil à cette tentative (jui senddait juslilier le mot de .Mme Swetcliine : « On ne connaît pas M. de Maistre, avait-elle dit, il u"(''t;iil ni le fanatique, ni l'absolutiste qu'on pense ».
1/opinion i)ublique se laissa convaincre : « l'ne révolution des plus singulières, écrivait un contemporain, atteint en ce moment, la mémoire de J. de Maistre. Pendant quarante ans, il a été l'oracle d'un grand parti polili(iue et religieux et l'e.xécration liun autre parti : voici (jue tout à coup les rôles changent; bon nond)re de ses disciples gémissent et se détournent de lui, ses ennemis l'embrassent et l'é-lèvent jusqu'au ciel ' ».
I^ourlant \'enillot protesta contre cette leiitulive d'escauu)ter de Maistre, et de le représenter comme « un véritable galant homme, beaucoup moins catholi(jue et chrétien (pi'on ne l'avait cru, et plutôt penseur constituli(»nnel, voire un peu saint-simouicn el jordanisfc' - ».
.Vvaut lui, Saint(^-15euve avait dil qu'il n'était i>as dupe '.et une nouvelle puhlical ion de .M. .\.. lilanc (1860), donna raison à ceu.\ qui avaient refusé de transformer di- Maistre en un père de iÉylise libérale el sainl-siinoiiieiuif. La Correspondance diplomalique échangée entre .1. de -Maisli'e et la cour de Tiu-in de ISII à tSlT réfa-
1. L. ISiuiiiil, Ut'viic des Deux Moiulrs, l' di-roiiilin' 18oS.