Corrcspoiuliiitcr, l. VI, p
:t. A. lie Marf^ciic, le Comti' de Mttisln; su l'ic, srs rcrits, ses doclrines, 1S82, p. 22."i. Pour lain' de ci'ltt' oitiniaii une certitudet M. (le Maifivrie iulerprélt' d'une manière luul à l'ail arbitraire le passage du Pape qm) nous avuns cite plus liaul (II, vi. |). 203).
publique qu"un bonhomme dans une place et à une époque qui exigeraient un grand homme '. >
Et quelques mois plus tard :
« Je nai point de termes pour vous peindre le chagrin que me cause la démarche que va faire le pape. S'il doit l'accomplir, je lui souhaite de tout mon cœur la mort, de la même manière et par la même raison que je la souhaiterais aujourd'hui à mon père, s'il devait se déshonorer demain -. »
Ces insolences, dira-t-on, J. de Maistre les épanchait dans le secret d'une correspondance : oui, certes ; mais l'auteur n'était pas homme à cacher son indignation au pape lui-même. Fort de l'appui que lui prêtait Alexandre 1*='', il écrivit à Rome pour exposer au pape la maladresse d'une conduite, qui compromettait la religion et rabaissait sa dignité. « Cette lettre, écrite en latin, énergiquement conçue, et contenant des conseils longuement motivés, resta dans quelque bureau de poste et ne parvint jamais à sa destination -^ »
Le souvenir de cette démarche a bien pu nourrir des remords dans l'àme de J. de Maistre, mais il ne nous semble pas que la préoccupation, si respectable qu'elle soit, de libérer sa conscience, suffise à expliquer la composition du livre. Non, le Pape n'est pas une pénitence que J. de Maistre s'est imposée pour expier sa faute; le Pape n'est pas l'œuvre d'un publiciste, qui a trouvé son chemin de Damas, et qui, après avoir rabaissé le souverain pontife dans un moment d'humeur, se met à l'exalter, quand la colère a fait place au repentir. C'est la marche des événements en Europe, et le dév(^-
1. Cf. A. Blanc, Mémoires politiques et correspondance diploinatique de J. de Maistre, p. 137.