‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 16 sur 152 · Id., p. 139, lettre non datée · texte numérisé non relu

Id., p. 139, lettre non datée

;i.ld., p. 138.

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On se tr()iii|)<' oiicorc I()isi|iioii soiiliciil (Iuuik' nrririvl»(Mis('o j)oliti(iii<' est à l'origino du Pape. On lit dans cet (>uvrni,'e (11, vu) un bel éloge des papes qui ont défendu la nation italienne : « Les papes firent leur devoir de [)rinccs italiens et de politiques sages » quand ils résistèrent à l'empire, et leur conduite correspond à leur qualité de « chefs naturels de l'association italienne » el de « protecteurs-nés des peuples qui la ronq)osaienl i. On voit dans ce passage une invitation discrète au pape à reprendre ce rôle, au moment où l'Italie est définitivement courbée sous le joug autrichien '.

Assurément J. de Maistre connut toutes les ardeurs du patriotisme; pendant les quatorze ans que dura sa mission diplomatique en Russie, il lutta vivement et non sans habileté pour arracher son malheureux pays à l'humiliation de la conquête ou de la protection étrangère. Il se faisait une haute conception des destinées de la maison de Savoie, et il mit en œuvre une diplomatie vigilante et avisée pour seconder les aspirations nationales. Mais il n'a pas dans son livre posé la formule de rin(léi)endance italienne. Il n'a pas invité Pie ^■ll à reprendre les traditions libératrices de Grégoire Vil. M. Albert Wanc prétend nous dévoiler le secret de ce silence : « Les traités de 1815. dit -il, en exposant le pauvre roi de Sardaigne aux serres menaçantes de l'aigle autrichienne, interdisaient toute parole imprudente au serviteur d'un roi qui n'était pas encore bien sur d'être solidement assis sur son trône restauré! \'(>ilà ce qui a ôté au livre sa valeur pi"alique, et (jui

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même Fa défiguré, on empêchant les esprits pen réfléchis de pénétrer le l)ut de ce magnifique plaidoyer ' ».

Cette thèse s'appuie, comme on le voit, sur ce que ne contient pas le Pape, et néglige ce que nous y lisons. Faire de ce livre un mémoire diplomatique, c'est le prendre non pas par ses petits côtés — car le sujet de l'indépendance italienne était digne d'exercer une pareille plume — mais c'est en diminuer rimi)ortance.

L'actualité tient une grande place dans cet ouvrage, pourtant il est plus qu'un livre de circonstance. Il était l'aboutissement logique de l'action cjue J. de Maistre avait voulu exercer dans le domaine de la pensée : sa philosophie aboutissait à Rome, comme au centre inébranlable où elle trouvait sa confirmation. Il s'était donné pour mission de combattre et de ruiner les funestes doctrines du .\viii'= siècle, que la Révolution avait comme ramassées et; réalisées dans les faits. Or, les philosophes, dans leur bataille contre l'ancien ordre de choses, n'avaient pas séparé la politique de la religion. L'édifice politique, le premier, avait chancelé. L'idée de souveraineté, ébranlée dans l'ordre politique, avait un refuge dans la constitution monarchique de l'Église. Là, le droit souverain des peuples ne peut pas être invoqué; Dieu seul est souverain, et souverain absolu. Cette souveraineté s'exprime par un représentant visible, le pape.

Cette forme monarchique de l'Église, que les hérétiques de tous les temps avaient en vain essayé de ruiner, offrait à .1. de Maistre une base plus sûre que les monarchies temporelles pour asseoir l'idée d'autorité. Aux révolutionnaires qui renversent l'autorité politique et religieuse, opposons l(>s rois et surtout le pn|i(>;

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