‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 17 sur 152 · Op. cil., p · texte numérisé non relu

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inÉE PREMIÈRE T)E L'OIVRAOE. 7

(|ii(' l:i rcslMiinilioii iiionjiicliiqnc s"ncroiii|tniriif* d'iiin' r('st;iiii'iili(»ii rclif^iciisc. l'aisons alm«''i,'iifioii de nos sciitiiiKMils pour los individus : la nohiossc IVannaiso a \)i\ rlftnnri- dans l't'MTi itération la mosuro de sa faiblesse ol de son insnfrisancc. qu'importe? elle est indispensal)le à la royauté; prêchons le respect de Tarislocratie. Pic \'ll. dans ses rapports avec Napoléon, a pu alarmer les consciences par des concessions exagérées; qu'importe? Pie \'II est pape, et le pape est la pierre angulaire de la société, et sans le pape, les idées de souveraineté et d'autorité n'ont plus où se réfugier. L'édifice politique et social, construit par de Maistrc sur les ruines entassées par la Révolution, tombe de lui-môme, si le pape ne rayonne pas au sommet pour en être le couronnement.

Cette double restauration politique et religieuse, de Maistre la poursuivit sans relâche: un moment, il put se tlatter que ses théories allaient i)asser dans la pratique. Lorsque les événements firent pressentir le retour de Louis X\"III sur le trône de ses ancêtres, de Maistre prit les devants ponv ne pas laisser échapper une si belle occasion. N'avait-il pas reçu, à propos des Considérations, un témoignage particulier de satisfaction et de reconnaissance delà part de Louis XMII '? N'avait-il pas, en IHO'i-. reçu des ouvertures, pour rédiger la déclaration (pie le pr(''len(lanl royal voulait o[)poser à Napoléon -?

L CclU' iollio du conilo dWvaray, 28 sepleinbrc ITDT, fcrilo à J. de .Maistre sur Tordre du mi, fut interceptée a .Milan par Bonaparte, envoyée à I^aris et insérée dans le Journal ufjicid du 2i l)ruinaire an VI (14 novemitre I7!J7); elle est en léte des (Jonsidéralions. dans rédilion de IS14.

2. Cf. la lettre de Louis XVUl à .1. de Maistre et la réponse de celui-ei (Ciirrcsixmdancc. t. VI, j). 2'.)(j et 2'.»").

Et surtout, à la fin de 1806, navait-il pas composé un mémoire sur Tutilité de reconnaître pour roi Thôte de Mittau '? Il mit à profit ses anciennes relations avec le comte de Blacas , qui avait été le représentant de Louis XVIII à Saint-Pétersbourg : par l'intermédiaire de Blacas, il catéchisa le futur roi, et tenta de le convertir aux idées de théocratie et d'ultramontanisme qui, seules, à son avis, pouvaient sauver le principe d'autorité. Pendant trois ans, il entretint avec Blacas une correspondance « longue, vive et ardente, » comme il le dit lui-même, pour détruire en lui certains préjugés français contre le souverain pontife. Cette correspondance est perdue, à part une lettre dont nous allons reproduire un passage; J. de Maistre lui-même, malgré ses instances, ne put jamais ravoir ses lettres pour en prendre copie : elles étaient « tombées dans un portefeuille auguste, d'où il n'y avait pas moyen de les tirer ». La perte en est bien regrettable, s'il faut en juger par celle qui est venue jusqu'à nous, et dont l'auteur a transporté plusieurs passages dans son Pape. « Rappelez-vous souvent, écrit-il au comte , après que les événements l'eurent ramené à Paris avec le roi Louis XVIII , rappelez-vous souvent cette chaîne de raisonnements : Point de morale publique ni de caractère national sans religion, point de religion européenne sans le christianisme, point de christianisme sans le catholicisme, point de catholicisme sans le pape, point de pape sans la suprématie qui lui appartient....

« Le roi doit se méfier de cet esprit parlementaire qui n'est point mort en France, et qui le conseillera mal. Il a de plus contre lui les mécréants de toutes les

1. Cf. Léonce Pingaud, Les Français en Russie et les Russes en France, p. 280.

IDEE l'HEMIKHE DE L OLVHAGE. 9

cliisscs. plialantro innombral)lo, parfailoniont crnerord avrc l*.«>IIai'niiii sur un setil point de papo et le rliiistiaiiisiiM' c'est la mèiiic chose) ef par const-queiit acliaiMn-e sur l'nii pour tuer l'autre. Kufiu, il a contre lui fout le parti jans(^niste , nulli'iinnl ('•feint, comme on le dit souvent mal à propos, et mille l'ois plus dangereux quo le pi'otestantisme, car les protestants sont des ennemis avoués, (pii attaquent en plein jour et suivant les lois (le la guerre une forteresse que nous défendons; au lien que les Jansénistes sont une portion de la garnison révoltée qui nous assassine par derrière, pendant que nous faisons notre devoir sur la brèche. Il n'y a rien de si mauvais, de si subtil, de si dangereux même politiquement ' »

On a reconnu le thème d('veloppé par de Maistre dans le Pape et l'É(ilise gallicane. Cette correspondance est comme la première rédaction de ces livres. Les mêmes questions, théoriques y sont agitées : le souverain pontife n'est-il pas le chef visible de l'unité, et à titre de souverain ne jouit-il pas du privilège de rinfaillibilité? Les préjugés gallicans sont le grand obstacle à l'absolutisme du pape.

Louis X\'I1L monté' sur le trône, accorda toute sa faveur à lilacas. ef de Maistre ouvrit son àme à de belles illusions : « Je me mis en li-'le. dil-il plus tard en rappelant celte date de tbil4, que trun(> manière ou de l'autre, il dé|)endait de vous de m'amener à Paris - ». Là, il eût enlii'Ienu Louis X\ 111 de ces questions, de la solution (les(pielles dépendait à ses yeux le sort même de la royautt' et de la religion. Mais l'appel tant désiré ne vint pas; conime auprès de Napoléon, vainqueur à Tilsilf. le renilez-vous demandé auprès île Louis XVIII

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