‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 2 sur 152 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

En Allemagne, la suprématie pontiiicale élail paiiiculièrement ébranlée. Les vingt-trois articles élaborés à Ems (1786) réglaient les rapports de l'église d'Allemagne avec le saint-siège d'après les décrets du concile de Baie, dénonçaient les prétentions et les entreprises de la cour de Rome, et établissaient une église nationale, absolument indépendante. Cette charte religieuse devait restera l'état de projet; mais l'esprit qui s'y manifestait développa toutes ses conséquences. Des églises locales se constituèrent en Wurtemberg, dans le duché de Bade, en Prusse, et même dans la catholique Bavière; partout l'État posait les règles de la discipline, s'arrogeait la collation des cures, la surveillance de l'enseignement et des manifestations du culte. Des théologiens rationalistes, tournés vers l'empereur, et non vers le pape, façonnaient un clergé prêt à toutes les abdications devant l'omnipotence de l'État; « les professeurs d'histoire, dit Kannengieser, enseignaient d'après les manuels de leurs collègues protestants, et le droit canonique des séminaires généraux n'était qu'une machine de guerre destinée à battre en brèche l'autorité de la papauté * M.

L'Angleterre, qui périodiquement éprouve le besoin de dénoncer le péril papiste, continuait à traiter les catholiques en parias, sous prétexte qu'ils étaient les sujets du pape avant d'être ceux de sa majesté bri-

Vienno (|u'il n'y on a à Genève », déclarait .1. de Muislrc en ISl'.), (Lcllrc sur rrtnl du christianisme en Europe, Œuvres complètes, t. N'Ili» p. 488.)

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