I. Les Français en Russie, p
constitution de 1789 : « Nul irouvernement, disait-il, n'est légitime que s'il est fondé sur la volonté du pays ». « Les lois fondamentales de l'État doivent être l'œuvre de la nation ». « Elles ont pour objet de fixer des bornes au pouvoir absolu ' ».
Rien ne pouvait être plus antipathique à J. de Maistre qui, croyant la Russie appelée à la mission providentielle de restaurer en Europe le principe d'autorité, jugeait sévèrement le promoteur de ces réformes.
Pour combattre le goût des lois constitutionnelles et des idées libérales, il composa son Essai sur le principe générateur des comtitutions politiques. Sans doute, en l'écrivant, il songeait à la France de la Révolution et à l'Angleterre troublée par sa réforme parlementaire: mais certaines pages visent directement Spéransky, celle-ci entre autres :
« Xon seulement la création n'appartient point à rhomme, mais la réformation même ne lui appartient que d'une manière secondaire et avec une foule de restrictions terribles. En partant de ces principes incontestables, chaque homme peut juger les institutions de son pays avec une certitude parfaite; il peut surtout apprécier tous ces Créateurs, ces Législateurs, ces Restaurateurs des nations, si chers au xvni® siècle, et que la postérité regardera avec pitié, peut-être même avec horreur.... Étrange aveuglement des hommes de notre siècle! Ils se vantent de leurs lumières et ils ignorent tout, i)uisquils s'ignorent eux-mêmes. Ils ne savent ni ce quils font ni ce qu'ils j)euvent. Un orgueil indomptable les porte sans cesse à renverser tout ce qu'ils n'ont pas fait -. »
1. Cr. A. I>;iiiili;iii(l, dans ïllisluirc ijciirralc du w' siècle à nos jours, l. IX, [). (iii).