Cf. les Arcidves du Christianisme, t. 111. p. 20U, 182U
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|i;iniii les iiiciuln'cs (le cctli' socit'-li'-; on ;ill;i iih'-iiic jii>- <|irà prcsseiilir U* griirral des Ji-siiites, au faraud scandait' de .1. de Maislrc, (jui no voyait dans cette nouveauté « qu'une machine socinicunc »'fablic pour renverser touli- auloi'it»' ecc](''siasti(|ue ' ».
Les catholiques dWUemagne. Jahuix (Mi succès de IVeuvrc anglaise, avaient aussi constilui- une société de hi liible calholi(|ue romaine, à Malisl>onne, en 180î). (iefte uMivre conloiuiait volontiers ses efforts avec ceux (le la société biblique : catholiques et protestants, abdii|u;ud les points controversés, s'associaient pour cette propagation de ce ((uils croyaient la vérit»'- religieuse. I n curé c;itlioli(|nc de Souabe acceptait des i)ibles de la société de Londres, et écrivait à ses directeurs: « Votre agrt'able lettre vient de m(> parvenir. L'amour ardent pour la parole de Dieu (jui anime tous les membres de. la société de la Bible, et le zèle (pii préside à leurs asscMublées, et n'épargne rien pour la propagation de l'Évangile, ont icnipli mon c(eur de reconnaissance, d'amour et de joie - ».
Une doctrine curieuse avait gagné les membres des différentes communions religieuses d'Allemagne, et prom[)lement avait conquis les orthodoxes de Russie : il r^'agit de ce (]ue l'on appelait la théorie des dogmes essentiels ou fondamentaux. Les églises protestantes <pii ont pour credo de n'admettre aucun syndiole, aucune l)rofession de foi (ixe et invariable, tirent effort pour établir sur une base jilus large cette unité qui semblait encontradii^tionavec leurs principes, mais qu'elles estimaient nécessaire pour leur prosélytisme. Elles distinguèi-enl entre les dogmes loiulamentaux et ceux qui ne
\. LcUrt" du '.\\ .Ktùl l,Slii, Corresiioiidatire, t. V, |). ll'J. 2. I.cUiv tin \2 dcct'iiilire I8O0, citée dans les Airliivcs du Christiimisiiic. t. il, |i. 2'i'2.
le sont pas; et au nom de ces dogmes fondamentaux, dont la croyance était commune à toutes les églises protestantes, l'Allemagne se flatta d'exercer une action sur l'Europe entière. La doctrine lut propagée par les illuminés, et bientôt elle eut à la cour de Saint-Pétersbourg, des représentants éminents, comme le prince Alexandre Galitzin, ministre des cultes, et la baronne de Krudener, devenue toute-puissante sur l'esprit du tsar.
La théorie des dogmes fondamentaux inspira le grand acte politic|ue de 1815, la Sainte-Alliance.
L'empereur de Russie, que ses victoires avaient élevé au rôle d'arbitre de l'Europe, entraîna ses alliés, l'empereur d'Autriche et le roi de Prusse, à signer une convention basée sur la communauté des sentiments religieux. N'avait-il pas ruiné l'esprit révolutionnaire en rétablissant Louis XVIII sur le trône? Pour consolider cette victoire, il fallait attaquer l'incrédulité, proclamer solennellement la vérité de l'Évangile, et unir tous les peuples dans cette croisade contre l'irréligion. En face de cette grande œuvre s'évanouiraient les divisions que l'esprit de secte avait pu introduire au sein du christianisme; tous ceux qui relevaient de Jésus-Christ devaient s'unir dans une action commune.
La Sainte-Alliance était, comme on le voit, un coup droit porté au pape. Par-dessus lui, la société chrétienne d'Europe s'unissait en vue des intérêts religieux ; elle parlait, sans lui, de charité et de fraternité universelle: elle s'alliait en « Dieu, notre divin Sauveur Jésus-Christ, le Verbe du Très-Haut, la parole de vie ». Le pape était exclu de cette Église universelle qui se fondait solennellement entre les rois de la terre.
J. de Maistre ressentit l'affront fait au saint-siège; il ne tarit pas en railleries contre les trois Mages, et il
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l'iiiiilitir loiilc la soii|)less<* de son ariruiiii'iil;tli<iii à persuader le roi de Sardiu^iie (|iril ne doit donner son adliésion qu'en réservant rorinellenienl son titre de roi catholique. Cette forninle peni seule conjurer cette <euvre du tlémon ; les tarauds mots, les phrases à ellet de la déclaration sont comme vidés de leur contenu par cette simple restriction (|ue le roi de Sar- (laii,Mie est « (ils de ll^^'lise calliolinue, apostolique et romaines ' ».
Cependaid inie i-(''aclion callioliipie ('lail à la veille* de s'opérer en lUissie. Le mysticisme dont l'àme russe est imprégnée, ne trouvait son compte ni dans les doctrines desséchantes du .wiii" siècle, ni m("me dans le culte étroit des dogmes fondamentaux; rilluminisme vint offrir ime première nourriture à ces cieurs épris dune vérit('' religieuse plus subtile, plus seidimentale, et capable d'échauffer toutes les énergies intérieures.
J. de Maistre, qui connaissait bien l'illuminisme, pour avoir recopié autrefois de sa main les écrits des fondateurs'de la secte, et pour avoir fréquenté à Lyon les loges martinistes. nous a dévoilé quelques-uns des caractères de l'enseignement qui se donnait parmi les adeptes de Saint-Martin : c'était, nous dit-il, « un mélange de platonisme et de philosophie hermétique sur une base chrétienne- ». Ces nouveaux chrétiens sont les fils spirituels des mystiques de l'Eglise romaine, sainte Thérèse, saint Fi'ançois de Sales, Fénelon, Mme Guyon, etc. ' et ils sont convaincus que le « véritable christianisme
1. l.cUro (lu 12 ffvriff ISKi, CorrcsiiDitilmin', t. V, p. 2110.
2. (JitfUre ch(iiiilrt'$ sur la Hiissir, (H'Jiii'rr.'^, t. VI 11, )). :i2T et S(|i|.
réside dans linlérieur de l'homme » ; et vers ce christianisme, c'est par l'amour que nous sommes conduits, sans égard à la diversité des dogmes.
Saint-Martin, dans ses voyages à travers l'Europe, n'était pas venu à Saint-Pétersbourg, où il savait que Catherine II lui réservait un accueil hostile; mais il avait, à Montbéliard, conquis la belle-mère du tsarévitch, et, à Londres, séduit l'ambassadeur Simon Woronzow, et le prince Alexis Galitzin qui disait de lui : « Je ne suis véritablement homme que depuis que j'ai connu M. de Saint-Martin ' ».
Les martinistes pullulaient à Moscou et à Saint- Pétersbourg; unis avec les francs-maçons, ou isolés, ils entretenaient dans la nation russe le goût de la vie intérieure : « Ce système, disait J. de Maistre, est chrétien dans toutes ses racines; il accoutume les hommes aux dogmes et aux idées sjtirituelles; il les préserve dune sorte de matérialisme pratique très remarquable à l'époque où nous vivons, et de la glace protestante, qui ne tend à rien moins qu'à geler le cœur humain ».
Ces aspirations flottantes ne pouvaient être un élément pour les Ames vraiment éprises de vérité religieuse; aussi un mouvement parallèle allait-il gagner la haute société russe. Pendant que les basses classes se jetaient éperdument dans le schisme des Rascolnichs, en haine de l'Église officielle, qu'ils accusaient d'avoir abdiqué entre les mains du pouvoir politique, le catholicisme s'offrit à ceux que les rêveries mystiques ne satisfaisaient qu'imparfaitement.
Un certain nombre d'esprits d'élite, des femmes surtout, s'adonnèreni à l'étude de la vérité religieuse, et