‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 29 sur 152 · Lettre du ;JI juillet ISlo, Corresp., t. V, p · texte numérisé non relu

Lettre du ;JI juillet ISlo, Corresp., t. V, p

yeux une résolution condamnée par la maxime courante : un'honnète homme ne change jamais de religion •.

C'est en vain que de Maistre pensa la décourager, en lui énumérant les formidables in-folio qui pourraient éclairer ses doutes :

« Vous lisez maintenant Fleury, condamné par le souverain pontife, pour savoir exactement à quoi vous en tenir sur le souverain pontife; c'est fort bien fait, madame; mais quand vous aurez achevé, je vous conseille de lire la réfutation de Fleury par le docteur Marchetti; ensuite vous lirez Febronius contre le siège de Rome, et d'abord après (en votre qualité de juge qui entend les deux parties) VAnti-Febronius de l'abbé Zaccaria. Il n'y a que 8 volumes in-8°; ce n'est pas une affaire. Puis, si vous m'en croyez, madame, vous apprendrez le grec, pour savoir précisément ce que signifie cette fameuse Hégémonie que saint Irénée attribuait à l'Église romaine dans le m'' siècle, d'après l'ancienne tradition; pour savoir enfin si ce mot signifie la primauté de l'Église romaine, ou la suprématie de l'Église romaine, ou la principauté de l'Église romaine, ou la juridiction de l'Église romaine, etc. Le célèbre cardinal Orsi, ayant entrepris une réfutation de Fleury, y trouva tant d'erreurs, qu'il se détermina à écrire une nouvelle histoire ecclésiastique, croyant que runiq>ie i-éfutation d'une mauvaise histoire, c'était une bonne histoire. 11 entreprit donc une nouvelle histoire, et il mourut au vingtième volume in-4" qui n'achève pas le Vi" siècle. Croyez-moi, madame, lisez encore cela, autrement vous ne serez jamais tranquille 2. d

11 est difficile de dire si Mme Swetchine prit au mot

1. Le monde russe jugea sévèrement celle conversion : cl. L. Pingaud, p. 315, note.

Page 1