‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 38 sur 152 · Vrais principes de l'Eglise gallicane, p · texte numérisé non relu

Vrais principes de l'Eglise gallicane, p

3. Nouveaux opuscules de Fleury, préface, p. I. — Lamennais eut l'intention d'éditer Fleury avec des notes qui rectifieraient ses idées pallicanes : .. On ne sait, écrivait-il à lîruté, le 17 novembre ISOl), coniliicn de faussetés, d'exagérations, de réticences, de préjugés, dans cet homme à (jui l'on a fait, je ne sais sur quoi fondée, une repulnlion de raison ». (Cf. Roussel, Lamennais d'après des documents inédits, t. 1, p. 38.)

quun seul, le plus important, un Italien, le D'" Marchetti, qui, en récompense de son zèle, devint plus tard membre de l'académie catholique de Rome, archevêque d'Ancyre, assistant au trône pontifical. J. de Maistre, fidèle à son système de ne pas recourir directement aux sources gallicanes, n'a connu VHistoire ecclésiastique que par le livre de Marchetti '.

Marchetti ne se dissimule pas la difficulté de l'entreprise : « Aujourd'hui, dit-il dans sa préface, les esprits du plus grand nombre sont tellement disposés, qu'on ne peut, sans les irriter, soupçonner Fleury du plus petit défaut. Il semble qu'on le regarde comme un auteur inspiré et infaillible. Malheur à qui prétendrait en retrancher une syllabe, malheur à qui y trouvei'ait le moindre défaut ». Il y a plus encore : une réfutation complète de Fleury exigerait « un ouvrage peut être plus long que l'ouvrage à censurer.... Pour relever toutes ces fautes, il faudrait lire attentivement et collationner avec lui tous les écrits des papes , tous les ouvrages des pères, tous les actes des conciles et des martyrs , tous les anciens historiens, enfin tous les monuments ecclésiastiques de quatorze siècles : et cela est-il possible à un seul homme? » Marchetti se borne donc à relever ce qu'il appelle les principes suivis par Fleury et donne quelques exemples des erreurs où ces principes l'ont fait tomber. Il est juste de reconnaître que Fleury est critiqué avec quelques égards. Le ton de l'ultramontain est mesuré; ses observations s'appuient sur des raisonnements et non sur des injures; mais son érudition, qui prend en faute Fleury sur cer-

1. L'ouvrage, très lu en lUilie, cul 4 éditions jusqu'en 171)4 et une traduction française parut en 1818 sous ce titre : Crili<inf de l'ilisloirc ccclhiaslique de Fleury avec une addition sur son continuateur, Besançon, 1818, 2 vol.

hiiiis points. (■•(•Iiouc à rcnvorsor \c nioimiiieiit de l'Iiisloiit'ii.

Oii(»i(|iril en soit, c'est Mai'clielti qui a servi diiileriiK'diiiire à .1. de Maislre, loi's<|iril eite, pour la réfutei", Vllisloire ecclésinstique : c'est à Marchetti ((iiil eiiipiuute sa défense des fausses dcc ré laies, qui, ilit-il, « peuvent très bien servir de témoins à la loi contemporaine ' » et qui, d'après Fleury, avaient bouleversé la hiérarchie, introduit la confusion dans les jugements ecclésiastiques et détruit la discipline des six premiers siècles de l'Église. C'est dans Marchetti qu'il trouve une citation I ronquée de Fleury, qu'il tronque encore à son tour, pour jiistilier l'envoi des nombreux légats, que Grégoire VII préposait aux conciles provinciaux-; c'est Marchetti (jui lui suggère les raisons qu'il a de s'opposer à toute discussion sur la distinction entre le siège apostolique et le pape ^; il doit encore à Marchetti sa théorie sur les appels au pape qui proviennent, dit-il, de la primauté de juridiction dont aucun catholique ne peut douter (p. 72).

Mais ce qu'il lui doit surtout, c'est un tour d"es[)rit profondément ultramontain. Avant de Maistre, Marchetti avait juré une fidélité à toute épreuve au successeur de Pierre : « (^e qui est de dogme sur l'autorité du pape, disait-il, gardcz-lc précieusement comme une portion de la foi (jui vous dislingue des impies et des protestants; unissez-le dans votre crrur aux autres dogmes du christianisme, conservez-le avec le ni('ine attachement; et dans les difficultés que vous rencontrerez, enq)loyez les mêmes règles à l'égard de tous les dogmes.... L'alta<hement , (luelque grand cpiii soit,

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