Marchetti, t. I, § IX, p
pour le saint-siège, n'a jamais produit un seul impie ' ». La leçon fut entendue par de Maistre, et jamais disciple ne développa plus fidèlement les idées de son maître.
Quant au Discours sur les libertés de VEglise gallicane, il avait été composé en 1690 pour les enfants de F'rance, dont Fleury était le précepteur. Fleury ne le publia pas alors, parce qu'il le réservait, dit-on, pour le mettre en tôte du volume de son Histoire ecclésiastique, qui traiterait du concile de Constance. Cependant quelques copies s'étant répandues, Fleury le publia en 1723 ; mais les notes dont il était accompagné le firent condamner par un arrêt du conseil d'État, qui les jugea » remplies d'une doctrine dangereuse pour la religion ».
Au xviii'' siècle, plusieurs éditions furtives de ce Discours furent publiées : le texte en était peu exact, et les notes étaient hérétiques : Boucher d'Argis et Chiniac de la Bastide furent surtout coupables de ces altérations, que les vrais gallicans dénoncèrent les premiers. En 1807, l'abbé Emery crut rendre un service signalé à la cause des papes en reproduisant, dans ses Nouveaux opuscules de M. Vabbé Fleury, le texte authentique du Discours. Il remplit consciencieusement ses devoirs d'éditeur, mais il ajouta des notes habiles, qui réconciliaient discrètement Fleury avec l'ultramontanisme. 11 s'efforçait de prouver, par quelques opuscules inédits de Fleury, qu'il s'était converti à la doctrine romaine. En réalité, ces opuscules inachevés n'étaient que des notes éparses, dont on ignore quel usage il aurait fait. Napoléon fut mécontent de cette publication, car dans sa guerre contre Pie VII, Fleury était sa principale autorité. Emery crut se justifier en publiant des Corrections et additions aux opuscules de Fleury (1809^; elles déplurent au moins