‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 40 sur 152 · Dissertation préliminaire, t. Il, p · texte numérisé non relu

Dissertation préliminaire, t. Il, p

Li:s souHCES nu •• papi-: . 53

autant. Car il insinuait que Bossuet et Fleury étaient moins attactiés aux maximes gallicanes qu'on ne l'avait cru, i[ueles prélatsde 1082 avaient dessein de mortifier le |)ai)e et d<! satisfaire leur propre ressentiment, enfin ([ue le 4' article de la déclaration peut se concilier avec linfaillibilité.

J. de Maislre a pleinement accepté la thèse d'Emery : * Fleury, dit-il, a fort bien corrigé ses œuvres dans ses opuscules » ; et même, perdant toute retenue, il ose écrire sur cet historien honnête : « La conscience posthume de Fleury est bonne à entendre sur ce point »; ou encore : « On pourrait demander à P^leury, sans beaucou|) de mauvaise humeur, pourquoi la vérité fut pour lui ce que l'or est {)Our les avares, qui l'enferment pendant leur vie pour ne le laisser échapper qu'après leur mort? Mais ne soyons pas trop difficiles, et tout en admirant les franches, sages et loyales rétractations de saint Augustin, accueillons tout homme qui ne sait l'imiter qu'à demi ' ».

Rien n'égale son mépris pour cet oracle des gallicans. Ainsi les membres du conseil ecclésiastique consultés en 1810 par Napoléon sur l'opportunité d'un concile général, sélant retranchés derrière Fleury, l'auteur du Pape s'écrie :

« Qu'inqjorte que Fleury l'ait dit ou ne l'ait pas dit? Mais Fleury est une idole du Panthéon français. En vain mille plumes démontreraient qu'il n'y a pas d'historien moins fait pour servir d'autorité, bien des Français n'en reviendront jamais. Fleury l'a dit. »

Un étranger seul pouvait lancer pareille impertinence; mais en France, où l'on savait que Bonaparte, pour faire la guerre au i)ape, s'était armé de Bossuet et de

Page 1