Eavres, t. Vlll. p. 1S
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coiiilc Fcrraiid '. Ce|)t'ii(Jant il roviiil sur le loti acci'hc (le SCS i-riti<iucs à rciidroit dos Lellres poUliques el morales : « .le vois dans vos papiers, ôcrit-il à de Place, à pi'opos de Ferraiid, «[uil est pair et ministre. On doit des égards à ce double titre, autant que la vérité le permet. J'ai donc tâché d'affaiblir tous les passages qui le concernent ». (Lettre du 4 juillet I81H.)
IIcurcu.K Ferrand ! il deviendra désormais le respec- Utble auteur des Lettres sur l'histoire, et, avant les hostilités, il recevra de son rival un compliment ex((uis : « Je prie le respectable auteur de permettre que je le contredise de temps en temps, à mesure que ses idées s'opposeront an.v miennes; car nous sommes, lui et moi, une nouvelle preuve qu'avec des vues également droites, de part et d'autre, on peut néanmoins se trouver opposé tle front. Cette polémicpie innocente servira, je l'espère, la vérité, sans blesseï- la courtoisie - ».
Il a presque tenu parole. Ainsi, au lieu de inoinlenir le texte du manuscrit, cpie l'auteur des Lettres sur l'histoire est bien plus animé contre les papes que Volla'ire, il écrit : « .... plus animé peut-être contre les papes que Voltaire même ». Cependant, après avoir cité l'appré-
1. Clialeauliriaiid, à qui le manuscrit fut communiqué, répondait il l'auteur : « Je trouve d'avance ijuc vous êtes bien bon de vous donner la peine de combattre M. Ferrand •'. (Lettre du fi sepleinlire 1SI7, publiée par M. K. Biré. Mémoires d'Oitlrc-lombc, t. IV, Ai>i>i'H(Ui'i\ p. 4SS). — Entre Ferrand et J. de Maistre existait aussi un };rave malentendu : Ferrand avait attaipié la bonne foi des princes de la mais(tn de Savoie {Esprit de l'histoire, lettre XLV), et de Maistre n'avait pu maîtriser son indignation; cf. A. Blanc, Mémoires pulitiiiites, etc., p. 373.
2. Pnpe. 2'' partie, ch. vu, art. I, p. 2(17, noie. — A ce propos, .1. de Maistre disait à de Place : « Quant a l'e.xcés de politesse à l'cjiard de M. le comte l<"errand, si vous trouvez que c'est trop, elïai;ons la note de compliment. Au fond, cependant, elle ne fait point de mal; et conune il me ré|K)ndra peut-être, il est bon de le mettre dans son tort. •> (Inédit.)
ciation de Ferrand sur la Bulle In caena Domini, <■ qu'elle est au nombre de tant de monuments honteux dont il n'ose citer les expressions' », il se hâte d'ajouter, suivant son procédé familier de polémique, que Ferrand ne l'a pas lue.
Cette accusation toute gratuite était suivie, dans le manuscrit, d'un reproche plus général que nous transcrivons, parce qu'il indiquera dans quel esprit J. de Maistre a lu Ferrand :
« C'est, disait-il, un phénomène étrange et qui doit être remarqué avant tout, que les lois les plus solennelles de la courtoisie demeurent suspendues, lorsqu'il s'agit des papes et que les hommes même nés pour sentir et faire respecter ces lois s'en croient néanmoins absolument dispensés à l'égard de la première dignité du monde. L'homme distingué se distingue surtout par la manière dont il s'exprime lorsqu'il se trouve conduit à parler défavorablement de la personne d'un souverain, ou d'une dynastie existante. On remarque toujours dans ses expressions une certaine euphémie indulgente qui appartient au bon ton autant qu'au respect. D'oîi vient donc cette dureté tranchante, cette morgue hautaine et ces paroles de colère, dès qu'il est question des souverains pontifes? Et quel est donc le privilège de ces écrivains catholiques qui se permettent de parler d'un pape comme le pape ne parlerait pas d'eux"? »
Si les écrivains français, égarés par leurs préjugés nationaux, ne méritent aucune confiance, en revanche les controversistcs italiens paraissent à J. de Maistre
i. Pape, 2° partit', cli. xv. p. 3S'.>.
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avoir sonls fiivisaijfô de la Ijoniif manière la question de liiit'nilliliiliir-. Nous sorimies injusles à leur égard, et par un rblicule rsseiil lellciiicnl (jnUican nous opposons toujours le |»rotestantisnie et rultramontanisme. Les conlroversistes italiens, au contraire, traitent les gallicans avec une justice loyale et entière, les citent fidèlement, eni[)loient, pour les combattre, VaUenlion, la science, la mode rai ion.
L'éloge est singulièrement exagéré : car, d'une part, le cardinal Pacca n'a pas manqué de rappeler dans ses Mémoires que le clergé d'Italie avait pour le clergé français de fortes préventions, et qu'il considérait le gallicanisme comme une hérésie formelle. Ensuite la prétendue modération des controversistes italiens consiste chez le plus célèbre d'entre eux, Orsi, à lancer de bonnes injures à la tôte de ses adversaires. Mais passons : il est entendu que les étrangers ont le monopole de la discussion courtoise.
J. de Maistre veut-il avancer cjuc les députés de 1082 n'étaient que des créatures du ministre, choisis « parmi les premiers complaisants de la cour et les adversaires les plus connus du saint-siège ' »? Il suffit que Sfondrate l'ait dit, dans sa Gallia vindicata; mais, fait observer de Place, « le témoignage de Sfondrate, sans preuve, fera peu d'impression sur les Français pour lesquels le livre est écrit ». En effet, les théologiens français n'ont pas l'habitude d'accorder beaucoup de crédit à Sfondrate, dont un livre, le Nodas prœdestinationis, encourut les censures de Bossuet et de l'assemblée de 1700.
Ailleurs, c'est Soardi qui est invoqué; orSoardi, professeur de théologie, voulut prouver contre toute évidence que le clergé de France alxliiiuait devant lauto-