‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 53 sur 152 · Lettre du 3 août 1S · texte numérisé non relu

Lettre du 3 août 1S

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pus (le |)liis iiir;iillil)l(' (Ml lOuropc , opi'-ra celle i)i'oscriplion qu'on pourrait ai)[)elc'r solennellement tacite » (p. 183).

Sur CCS entrefaites, i)araît Touvrage de M. de Barrai, et .1. do Maistre y lit que le clergé français a fait iuiprinier. à ses frais, la déclaration de 1682. Quelle sera laltitude de J. de Maistre, en face de cette aflirmation? Il écrit à G. -M. de Place (lettre du 29 juin 1818) :

« Le livre M. de Barrai a nécessité de ma part un post-scripluni pour le chapitre vu du livre V, section 2, que vous trouverez ci-joinf. Je n"ai i)lus le temps absolument de bouleverser mon ouvrage; je me borne donc à dire, j'ai lu, et si l'auteur a dit la vérité, tant pis. »

Le texte primitif du post-scriptnni est intéressant à recueillir; le voici :

« Je vois dans l'ouvrage de M. de Barrai qu'il s'est cru en état de repousser l'argument que le clergé même de France a prononcé contre ce monument en l'excluant de ses registres (Défense des libertés, etc., n° XX., 338 cl sqq). Les raisonnements de l'auteur ne me paraissent rien moins C{uc concluants; mais son livre m'est parvenu trop tard. Le temps me presse et je n'ai pas sous la main les matériaux nécessaires pour examiner les faits avec l'exactitude convenable. Je me borne donc à déclarer que si, contre ce que je croyais tenir des autorités les moins éciuivocjues, le clergé de France avait réellement donné à la Déclaration de 1082 l'espèce d'adoption (jui lui manquait, j'en serais profondément aflligé. T>

La probih- scientiliqiie consislail à reconnuilre (]ue le clergé de France ayant fini par faire inq)rimer les procès-verbaux de 1682, il convenait de changer le litre du chai)ifre. Il ne devait plus être question de la double révocation, mais bien de celle (pii résulte de la lettre

écrite au pape; ce qui n'omi)ècherait pas daj)i)i'écier à sa juste valeur l'impression tardive des autres.

J. de Maistre modifia son post-scriptum, mais pour l'aggraver : au lieu de citer directement M. de Barrai, il elfaça le renvoi porté dans la version primitive, et se borna à mettre le renseignement sur le compte de r « autorité la plus respectable », ensuite il tourna cette décision du clergé français contre la déclaration ellemême; et enfin, au lieu de plaider les circonstances atténuantes pour son erreur, il le prit sur un ton élevé, et fit la leçon au clergé de France.

Voici ce petit chef-d'œuvre d'impertinence :

« Posl-scripium : J'avais terminé cet ouvrage depuis plusieurs mois, lorsque je fus assuré par l'autorité la plus respectable, que, dans le courant du siècle passé et longtemps après l'assemblée de 1682, le clergé français, revenu de son premier jugement, s'était décidé à faire imprimer à ses frais la déclaration de 1682, en lui donnant ainsi l'espèce d'adoption qui lui manquait. C'est ce qui devait nécessairement arriver, et c'est ce qui achève de prouver à l'évidence la fallacieuse nullité de la distinction entre la doctrine et les articles. On y voit clairement que, par l'admission seule de cette misérable subtilité, telle qu'elle est exposée dans la lettre de Louis XIV au cardinal de la Trémouille, le clergé de France se trouvait invinciblement amené à convertir les quatre articles en dogmes nationaux. Mais le jugement primitif demeure intact et inébranlable; il reçoit même, de la variation qui la suivi, je ne sais quel lustre dopposition qui le rend plus décisif el plus Irappant.

« Et quant à limpi-c^ssion officielle, lorscju'on a dit : J'en suis profondément aJ'JVuji-, on a dit tout ce que permettent les sentiments dus à ce vénérable corps. »

Tf»us les érudils se soni trouvés, nu cours de leui's

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i'rcli(>rcli('s, (Ml ['acr. d'alliriiialions (M^iilrudicloircs; <'l pour rrsoudrc; ros conllils daiilorités, ils se gardent hicii d(> protM'doi' au hasard, ou (h' consulloi" sinipleiiicnl leurs préférences, pour ne rien afccueillir qui eon- Irarie les idées précédeninieiil e\p()s«''es. Au contraire, ils ont soin de peser ces ilivers lénioii^'-nai^cs, de les conl'roider pour en détfatrer l'élément loniniun, s'il y a lieu, ou d'insliluer une (MU[uèle suppl(''mentaire poni- avoir des raisons scieiitilitpies de choisir.

.). de Maistre ne connaît pas ces tâtonnements du vrai savant; les contradiclions des textes ne l'arrêtent pas : le plus sur, à ses yeux, c'est celui qui cadr(> le mieux avec son raisonnement.

Ainsi, à propos de cette affaire si obscure de la déclaration de 1003, qui fut comme l'esquisse des quatre articles de 1082, J. de Maistre veut du même coup discréditer le Parlement, qui voulut la déclaration, et la Sorbonne, qui la signa : « Par un arrêt du 29 mars IGO.J, dit-il, il (le Parlement) manda le syndic et sept anciens docteurs de Sorbonne, et leur ordonna de lui ai)porler une déclaration des sentiments de la Faculté théologique sur la puissance du pape. Les députés se présentèrent donc le lendemain avec une déclaration conçue dans les termes cpie tout le monde connaît : Que ce n'est pas le senlimenl de la Facullr, etc. » {Église gallicane, 11, ch. iv,

Mais d"Avrigny assigne à l'arrêt la ilate du 2'J avril, et, sui\anl ses propres expressions, c'est la Faculté de théologie (pii « rrut devoir renouveler la déclaration de ses anciens sentiments poui' la faire présenter au Roi. par .M. rarrhev(''((ue de Paris ' ».

.1. d(> Maistre récusa, en cette circonstance le IcMuoi-

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