Lettre du 22 juin
De Place, rétabli, se mit à l'œuvre, et entassa un si gros amas d'observations que l'auteur fut effrayé : « Ne croyez pas du tout, lui écrivait-il, que je répugne en général aux changements que vous désirez dans le ¥•= livre; au contraire. Je sens toute l'importance et toute la délicatesse de l'œuvre. Je vous avais dit même et je vous l'épète que dans les endroits où il ne s'agit que d'affaiblir certains passages, de faire disparaître certains mots, etc., je vous donnais toute autorité. C'est le temps qui me manque, monsieur; c'est le temps. Je ne sais comment me tirer de vos grands cahiers (jui sont là devant moi et que je n'ai pu ouvrir encore."..
« Ce qui sera peut-être possible, c'est de faire un choix parmi vos observations et de n'adopter que les principales. Sur tout le reste, tant pis pour moi K »
Quelques observations ont été agréées, et ont déterminé d'heureux changements.
Nous ne signalerons pas ici, cette étude ayant été faite ailleurs ^, les innombrables adoucissements obtenus par de Place pour les endroits où Bossuet était combattu. Les personnalités étaient dans la manière de J. de Maistre; il écrivait un jour à notre Lyonnais :
a Dans une de vos précédentes lettres vous m'exhortiez à ne pas me gêner sur les opinions, mais à respecter les personnes. Soyez bien persuadé, monsieur, que ceci est une illusion française. Nous en avons tous, et vous m'avez trouvé assez docile en général pour n'être pas scandalisé, si je vous dis qu'on n'a rien fait contre les opinions, tant qu'on n'a pas attaqué les personnes ^. »
Aussi quelle hécatombe de gallicans, de jansénistes,