‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 70 sur 152 · Lctlrodu 28 septembre · texte numérisé non relu

Lctlrodu 28 septembre

l'KKCVKs i;r ni;sri,T.\TS m: la coli.aiiouation. 13d

(II- |ii'(>lcsl;iiils , (le pai-IriiiciilaiiTs . de rois mêmes, .1. (le .Maisti'c lia I il pas l'aile •laii-^ le Pnj)e et VE(jlise ijallicane !

Parmi les i,'-allicaiis, FJeiii'y était accusé de mensonge ' ; Bossiiel vili|)<'iidé de toutes les lacions était en (in de comi)te traité tie comrdien; les évé([ues de 1082 étaient appelés « lâches corniplrurs tlii [)ouvoir » {[). liT); les jansénistes, Pascal en léle, étaient exécutés et traînés dans la boue.

Luther et (ialvin nélaient ((ue des polissons. Ouant aux parlementaires, ils Irahissaient les intéi'èts de la religion ; le parlement de Provence, dans ralïaire des l'ranchiscs, ayant cité le pape et saisi le comtat d'Avignon, J. de Maistre s'écrie :

« Je ne crois pas que dans les immenses annales de la bassesse et de la déraison, on trouve rien d'aussi vil et d'aussi absurde. Mais tels étaient troj) souvent les parlements de France! Ils ne manquaient [)as une seule occasion de s(ï mettre à la suite des passions souveraines pour renforcer la prérogative parlementaire aux dépens de la justice dont ils ne s'embarrassaient nullement dans ces sortes d'occasions. Il y avait alors un accord tacite entre le gouvernement et la magistrature : celle-ci consentait à revêtir des formes légales les abus les plus ini(iues de la souveraineté, et celle-ci l'en récompensait en permettant aux magistrats de passer leurs pouvoirs, seulement pour l'injustice -. »

1. Le iiint .ly.iiil ii'iiaiii dans le lexte imprimé, J. de Maislre éi'iiviiil il di' Place : ■• Je me ia|)iK'lle dislinctoment (juc iM. l). m'écrivit sur ce incnsoïKje ([iril trouva dur, ot tout de suite je lui ai envoyé une correction que je ne retrouve plus. Mais je suis très sûr de l'avoir envoyée; comment donc celte note reparait-elle? » {Lettre incdilc, 10 juin 1810.)

2. « Un peu plus de douceur pour mes ennemis (les parlements), tout vils et absurdes ([u'ils sont souvent. » (G.-M. de Place à J. de Maistre.)

Louis XIV, enfin, lut-il jamais plus outragé dans les pamphlets de Hollande que dans le manuscrit que nous étudions? L'affaire des franchises, où il se posa en protecteur des assassins, lui valait cette accusation :

« Louis XIV s'arrogeait à Rome par la violence, par l'outrage, par les armes, par les menaces, par l'iniquité des jugements, ce même droit (d'asile) quil rejetait chez lui comme un abus contraire à sa dignité, à celle de l'Église gallicane. »

L'abbé Dupin ayant i)ublié, en 1708, un livre pour la défense des quatre articles, le gouvernement, dit .). de Maistre, le laissa faire :

« Louis XIV, égaré sur ce sujet i)ar ses ministres ou par ses magistrats était revenu, comme nous venons de le voir, à ses premières idées, et manquait ouvertement à sa parole royale solennellement donnée au Pape. »

D'Aguesseau ayant rapporté que Bossuet lut à Louis XIV la péroraison de sa Defensio, et que « Sa Majesté en fut attendrie, au point qu'elle en jeta des larmes », J. de Maistre commentait irrévérencieusement ce détail :

« C'était un joli pleureur que Louis XIV, à l'époque surtout où la vieillesse et les malheurs avaient totalement racorni son cœur '. »

1. Sur la fîK.-cm dont Louis XIV était traite par J. de Maislre, de Place faisait cette observation :

" 11 faut que je dise à l'auteur (jiie, par 1(> temps qui court, il me parait convenable de ménager les épithètesà l'égard de Louis .KIV. Je voudrais que les torts de ce prince ne ressortissent (jue pai' les faits.

<■ Un écrivain iibéial, nommé Auguste Hus (?), a lait, il y a quelques mois, des articles de journau.x sur Bossuet, Fenelon et Louis XIV. Dans ce qu'il a dit, il ne manque r|ue l'identité de l'expression pour ressembler ù celles que j'ai notées sur la conduite morale du roi, la complaisance de révé(|ue de Meaux et le patriotisme de l'arclievèque de Cambrai. L'auteur jugera si j'avais raison de pressentir le danger de laisser quebiues détails, (juclques réflexions qui i)uissenl plaire à nos philosophes. ■>

i'Hi:uvi:.s i:ï hkslltats de la t:of>LAi!Oi{ATiuN. 137

l)t' Place défendit sur lous ces points les droits de la courtoisie, ((ni se lrouvai(>nt être en niiMue lenips ceux de la vérité. Certes il n'est suspect de partialité pour aucime de ces victimes si durement inuiiolées par J. de Maistre; mais il a le sentiment des convenances, et surtout il répèle à tout i)roj)(js i qu'il y a plus à perdre (|u"à q-agner pour la bonne cause » en la défendant avec des injures et des inexactitudes. « Je suis persuadé, écrivait-il encore, que les paroles ainsi amendées iront plus directement à leur adresse et ne choqueront (jue ceux [)()\\v (|iii elles sont lUie leçon. »

En même temi)s qu'il demandait des atténuations et des cliangenienls, de Place sugg-érait à rauteur des idées nouvelles, et entrait ainsi au vif d(; la collaboration.

("/est surfont diins Vlùjli.^c ijdUh-din', dont l'impression ne lui tenniiK-e qu'à la lin de rann(''e IH20, rpie l'inlluence dir(!cte de l'oljservaleur s'est l'ail sentir.

Parfois .1. de Maistre fond dans son [U'o|)r(* développ(Mneiit (|uel(pics lignes empi-nnh'-es aux caiiiers de G.-.M. déplace.

« Par un tour de force (pii a été fort ai)plaudi de nos amis, écrit .). ile .Maistre le i septend^re 1820, j'ai sauvé par ce moyeu le morceau brillant sur Fénelon sans manquer à son rival (Bossuet.)\ j'ai [tétri vos idées et vos |ibrases avec les miennes. *

Ailleurs J. de Maistre a simplement transcrit It^s observations de son correspondant : « Peut-être, monsieur, lui écri\ail-il, vous ne me trouverez pas gauche

tout à fait, lorsque j'ai épousé vos idées et que je vous ai donné place dans l'ouvrage ' ».

C'est ainsi que J. de Maistre, dans sa diatribe contre Pascal, avait dit : « Un homme de lettres français, du premier ordre, mais que je n'ai pas le droit de nommer, me confessait un jour, tète à tête, qu'il n'avait pu supporter la lecture des Petites lettres ».

« Je ne mérite pas le titre d'homme de lettres, il s'en faut, observait le Lyonnais ; mais, du reste, je trouve dans ces lignes ma propre histoire. J'ai essayé, j'ai fait effort pour lire un volume des Provinciales, et je l'avoue à ma honte, le livre m'est tombé des mains. »

J. de Maistre lui répondit : « Sur ma parole, écrivez cette note au bas de la page, en ajoutant Note de l'éditeur. Ce sera ensuite l'affaire des lecteurs de savoir si vous êtes homme de lettres ». — Ce qui fut fait ^.

D'autres passages, qui ne portent aucun signe particulier, sont aussi la simple transcription d'une remarque du censeur.

Sans insister davantage, nous indiquerons un certain nondire d'additions provoquées par les réllexions du censeur. Tel chapitre du Pape ou deVÉglise gallicane s'est augmenté d'un tiers, de la moitié, et même plus, parce que, sous sa forme primitive, il n'avait pas obtenu l'approbation de G. -M. de Place.

Ainsi J. de Maistre commençant un de ses chai)itres par cette proposition : « Les pajies ont lutté quelquefois avec des souverains, jamais avec la souveraineté > {Pape, II, ch. v), de Place objectait d'abord que ce chapitre « ne tenait pas si essentiellement au i-este qu'on ne pût se dispenser de mettn? en avant les assertions

\. l.clUv (lu 18 s('iil('iiiliie 1S20.

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