B. G., 1, ch. i.\. p. 77. Cf. ('</., il. ch. vu, p. IS(i
l'itKLVES i:r hksiltats de la collabohatio.n. 139
(|n il iiiilVnnuil ». « J'ajoute, continuait-il, que la vérité de ces assertions ne m'est pas (léinoiitré<\ qu'elles seront alta(|uées avec beaucouj) de force par de très lioiiiK'Ics i,'ens. et avec fureur par nos écrivains libéi-aiix. Je dis enfin ({u'elles ne soni pas énoncées avec assez de précision pour prévenir les objections de lignorance ou de la mauvaise Coi. Dans une matière aussi grave il rùl l'alhi pcid-étre définir rigoureusement les mots de soitverai/i cl de souveraineté et justifier chacune des pro})osilions (pu y sont relatives i)ar autant de cha{)itres. »
Venait ensuite une série d'obje(^tions de détail, auxquelles J. de Maistre a essayé d'échapper, en triplant son chapitre primilil". et dans les additions on sent la I)réoccupation de l'aulcur de se justificn- aux yeux de son observateur.
Le chapitre suivant est relatif au pouvoir temporel des papes, et aux guerres (lu'ils ont soutenues comme princes temporels. De Place ne fut pas convaincu par l'argumentation de l'auteur :
« 11 me sendile. lui écrivait-il, que les guerres des Pa[)es ne tiennent (pi indirectement au sujet principal, et (ju'il ne faudrait pas se jeter dans cette <piestion sans de graves raisons. Toujours ma maxime : éviter de donner prise.
« Les assertions de ce chapitre sont-elles bien vraies? »
Kt après avoir énuméré ({uelques renuirijues, il concluait :
«■ Ce chai>itre sera attaqué avec fureur. Je vois d'ici toute l'artillerie phil()S()phi(pie, janséniste et même gallicane en nionNcnienl. Il importe d'y donner ta pins grande attention, et de ne pas s'exitoser à luanijnei- le but, en visant trop haut. »
J. de Maistre, qui, avec son arrogance ludjituelle,
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s'était posé hardiment en paladin des papes guerriers, et croyait fermer la bouche à ses adversaires, avec ce très simple raisonnement : " Sur les guerres soutenues par les papes comme princes temporels... il n"y a vraiment quun mot à dire : on les attaquait avec les armes ils se défendaient de même », s'aperçut que la (juestion était plus complexe; il fit une très longue addition ' ; et, pour réfuter son observateur, il employait sa méthode ordinaire et « invoquait avec confiance ce coup d'ceil général qui doit déterminer lejugementdes hommes sensés ».
11 serait oiseux de l'elever les innombi'ables additions provoquées soit dans le Pape, soit dans VÉglise gallicane, par les remarques du censeur. Nous n'apporterons plus qu'un seul exemple de cette collaboration.
Il s'agit du passage consacré à la défense du pape Honorius, accusé d'avoir enseigné une doctrine hérétique. Consulté par le patriarche de Conslantinople, Sergius, sur ce qu'il fallait enseigner relativement aux deux natures de Jésus-Christ, il répondit par une lettre qui semblait approuver le monothélisme de Sergius, et, quaranle-deux ans après sa mort, le YI"^ concile œcuménique le déclarait coupable d'hérésie.
La question était singulièrement importante, et Bossuet y avait donné tous ses soins. Des innombrables défenseurs d'Honorius, ayant écrit avant lui, il disait : € Comme leur cause est mauvaise, ils ne peuvent tenir bon sur aucun point; n'ayant aucun moyen solide, ils en cherchent toujours de nouveaux; ils passent d'une argumentation à l'autre, sentant bien que chacune leur échappe '-. »
1. Dcjiuis : " CoiisidiTi^'s iiirnic comiiic sirii|il('s sduvcr.iins... •• jns(|u"à : « Je parlerai ailleurs des gueires (|ue l'oiiinion a pu ineUre à la charge... - (Pape, p. 239 à 2.j6.)
2. Bossuet a Uailc la iiuestioa dans sa Dissarlalio praevia (cap.