‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 73 sur 152 · Lrttre iiirdilr. '.} ;inûl · texte numérisé non relu

Lrttre iiirdilr. '.} ;inûl

PHELVES ET RESULTATS DE LA COLLABORATION. loi

A quolquos jours de là (7 septembre 18f0i. il ronoiivejait sa promesse de docilité en ces termes :

« Je crois qu'il ne vous restera rien à désirer du moins sur la couleur générale et sur la suppression exacte de toute expression ou dure ou sarcastique, etc. Sur le fond des choses nous didérous toujours plus ou moins : à cela il u "y a pas de remède. Dimilte nohis sicat et nos dimitlimus, ce qui se trouve même dans Horace : Veniam pelimus dabimasqne vicissim '. »

Sans doute .1. de Maistre a suivi très souvent les sages et justes conseils de l'Observateur; mais les points réservés sont précisément ceux qui tenaient au fond même des choses, et qui donnent à la discussion cet air de diatribe qui peut lui (Mre reproché.

De Place ne saltusaif pas sur les limites de cette complaisance de son correspondant; les corrections c(u'on lui concédait faisaient disparaître les inexactitudes les plus criantes el les traces les plus évidentes de mauvaise humeur; mais sa probité n"étaitpas satisfaite.

Dans un jugement final sur YÉcjtise galticnne, il disait :

« Je ne suis pas revenu sur un certain nombre de notes auxquelles l'auteur n"a pas répondu, ou qui n'ont amené que des modifications dans le même sens que le texte sur lequel portaient mes remarques. L'auteur persistant à voir quelquefois les choses sous des points de vue différents de ceux sous lesquels elles m'apparaissent,

1. Lcllrc iiu'dile. En renvoyant à son censeur les eorrcclinns du rli.ipitn' IX de la 2° partie de VF.(jlise (laUicditc, il lui ccrivail :

■• QuanI aux oliservations générales do M. I).,il iup seniltle ((ue j'y ai re|nindu de la inoilleurc rnaniéro possible el en détail, en admettant toutes ses oitsprvalions à un très petit nornhre |)rès, «lue par une raison ou par Tautre, il m'a été impossible d'adopter. Il sul'lit (jue je puisse me rendre le témnignape qu'un n'a peutêtre jamais vu une critlipu' aussi étendue admise aussi pleinenient. » {liuhlil.)

j'ai dû respecter ses jugements et ne pas représenter les miens. »

Tel fut ce collal)orateur, à qui rien n"a manqué du côté de la science, de la conviction, de la sincérité et de la courtoisie. Grâce à lui, les lecteurs de 1819 et de 1821 supportèrent les insuffisances de documentation et la passion polémique du Pape et de Y Eglise gallicane; si ces livres ne leur toml)èrent pas des mains, s'ils pardonnèrent à l'auteur les écarts de sa dialectique, et se laissèrent séduire à son génie altier, nul doute qu'il ne faille en rapporter Yhonneiir, pour une bonne part, à son modeste collaborateur.

J. de Maistre ne lui a pas ménagé l'expression de sa reconnaissance et même de son admiration. € Je vous considère comme le représentant de la France raisonnable, » lui écrit-il un jour (7 septeml)re 1818); dans VÉglise gallicane (II, xii), il l'appelle « un homme d'esprit », dont il « estime également la personne et les opinions » ; dans une note manuscrite, il dit : « Jamais je ne défendrai un instant une seule ligne qui aura choqué le bon esprit du censeur »; le 4 juillet 1818, il écrivait à son éditeur : « Vos observations m'ayant conduit à de nouvelles réflexions sur mon ouvrage, c'est à présent seulement que j'en connais le défaut. Il devait être conçu en pays étranger pour échapper aux préjugés français; mais il devait être corrigé en France pour savoir les ménager ». Le 8 février 1819, il disait : « L'intérêt que vous avez pris à mon ouvrage m'a donné la plus haute idée de votre esprit et de votre canir.... .Mon ouvrage est le vôtre au pied de la lettre, car sans vous jamais il n'aurait paru »: et sni'Inul. au Iciideinain delà

l'REUVi:S ET MESILTATS DK I.A COLLABORATION. ]\;3

|)nl)lirali()ii du Pa/x'. il lui a n'iidii co{ lionimago pnrliciiliri-oinfiii llallciir (Icllrc du l'J jaiivici- 1ÎS20) :

« Mais que no vous dois jr [tas. iiioiisioiir? cl qiiCsI-co que iif vous doil pas mon onvrago? Il n'y a pas, je crois, une page (pii ne vons soit rcdovaI)l(', el fpii no vous soil rotournôo ani('iiorôo par vos observations. »

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