‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 74 sur 152 · ET LE PROBLEME HISTORIQUE · texte numérisé non relu

ET LE PROBLEME HISTORIQUE

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« lîonald. a dil M. Fngu(>t, a linstinct de la polémique directe et de la |)ositioii au ])(»iMt central, comme de .Maistre a celui des niouveincnts tournants et des fanlnxina brillantes '. »

La remarcjuc est juste, avec quelques réserves pourtant : oui, la logique de Bonald suit une ligne intlexible et ne se laisse pas dériver aux courants imprévus de liinagination ; ses raisonnements sont disciplinés, si l'on peut dire, et vont droit à Tassant des idées ennemifs. .1. do Maistre, au contraire, ne craiid pas df picpier sur le lissn (le la discussion quelques arahes(|ues, qui varii'ul le dessin; pour le nuancer, il demande à limagi nation ses couleurs les plus clialoyaules. lionahl es! lUi logicitMi, de Maisln* un poêle : la grâce du (l'win l'Ialuii. quil aimait, a rayonné sur sa pensée.

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Mais il ne faudrait pas conclure que de Maistre ne se place pas au jioint central de la discussion : il prend les questions par leur vrai côté, il les saisit dans leur portée générale, et, d'un trait, il marque leurs rapports avec le système des choses : « 11 vise et frappe l'ennemi au cœur, » a dit Henry Michel '.

Son livre du Pape en est un exemple : persuadé que l'essence de la religion catholique, c'est l'autorité du souverain pontife, il a rédigé la déclaration des droits de la papauté.

Cependant son ouvrage est mal ordonné : des quatre livres dont il se compose, deux, le 3"^ et le i*^, ne paraissent pas tenir au fond même de la discussion.

Le livre III (Du Pape dans son rapport avec la civilisation et le bonheur des peuples) soutient que les missions, la liberté civile, l'institution du sacerdoce et du célibat, l'établissement de la monarchie européenne, doivent être attribués au pape. Assurément c'est une idée ingénieuse que de rapporter directement au pape, comme à la tête de l'Église, ce qu'on n'avait encore rapporté qu'à l'Église catholique en général, sans distinction du chef et des membres. Chateaubriand avait écrit des chapitres sur les missions et sur les lois civiles et criminelles, sans même mentionner les papes.

J. de Maistre, au contraire, localise dans le saintsiège toute la force active du christianisme. Ce brillant catalogue des bienfaits des papes est dressé avec une érudition très étendue et une argumentation habile; mais l'auteur affirme plus qu'il ne prouve. Est-il vrai, par exemple, que le pape soit l'unique créateur du sacerdoce, et ne pourrait-on pas réclamer en faveur des conciles, dont les décrets i)articuliers oui iiré|)aré

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