‹ Joseph de Maistre et la papautéChapitre 76 sur 152 · LE PROBLÈME THÉOLOGIOUE : I' PARTIE LA MONARCHIE ABSOLUE DU PAPE · texte numérisé non relu

LE PROBLÈME THÉOLOGIOUE : I' PARTIE LA MONARCHIE ABSOLUE DU PAPE

Si l'on se reporte au texte de la Déclaration de IGK2, on voit que les trois derniers articles peuvent se réduire à deux questions : 1° le pape est-il un monarque absolu? 2» est-il infaillible? C'est là ce que nous appelons le problème théologique. Le concile du Vatican a prononcé souverainement en cette matière*, mais avant 1870 elle était livrée aux discussions des théologiens.

Les ultramontains soutenaient que l'autorité du i)a[)c est supérieure à celle du concile général, qu'il gouverne l'Église en maître absolu, et que son enseignement est infaillible.

Les gallicans accordaient à leurs adversaires que le pape est le premier des cvèqucs, que son siège est le centre de l'unité catholique, qu'on ne peut réunir de concile sans sa partici|)ation, et «pi'il a la principale part dans les (jucstions de foi; mais ils prochunaient la supériorité du concile sur le pape, c'est-à-dire le caractère aristocrati(pie du gouvernement de l'Église, et la

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n('i"f'ssil('' (lu foiist^iilcninil de ri'lglisc |)f)iir rendre iiTt'-roriiiiiblcs les décrets du sf»iivei"iiii poidifc.

Tels (''laieni les points controvers«''s. l'^n JH17, il ne senildiiil pMS (|iie les discnssioiis élevées antour de la |)riniiinl('' <•! de rinCaillihilité fussent à la veille daltoulir : idtramontains et gallicans reprenaient sans lin les nH'Mies textes de l'Ecriture et de la tradition, pi-oposaieiit des inter|)rétations opposées, mais leurs arijuuients se heurtaient sans se détruire. Bossuet avait dit : « 11 n'y a point de preuve tirée de la raison, point de texte de la sainte Ecriture ou des anciens canons, point de témoignage des saints pères, auxquels les docteurs des deux partis opposés ne donnent une solution ; et quoique leurs réponses ne soient pas entièrement satisfaisantes, néanmoins elles subsistent, pour qu'on ne puisse dire de l'un ou de l'autre sentiment qu'il contienne des erreurs • ». Bossuet réfutait Bellarmin; Orsi discutait Bossuet; le cardinal de la Luzerne ne laissera sans réponse aucun des arguments d'Orsi ; Muzzarelli, à son tour, combattra pour la papauté, et Mgr •Maret opposera la thèse gallicane à l'ultramontanisme de Muzzarelli, avant d'être à son tour discuté par dom Guéranger. Le concile du ^'atican, seul, put ramener ces divergences à l'unité, et imposer une même profession de foi à ces frères ennemis.

Dans rensenil)le des questions théologiques, où le moindre mot est essentiel, parce qu'il peut déterminer la croyance, aucune ne surpasse en importance et en df'licatesse celle c[ue nous examinons. Les traités où l'on ('tudie les limites de iiuiloril»'' du pape l'ont songer aux trait(''s de casuisticpie et à leurs sui>tilités infinies. On n'y agile |)as seulement les cas histori({ues. niais

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