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car ny ayant jamais eu dans l'Église de corps qui ait eu la prétention de la régir sous aucune forme élective ou héréditaire, il s'ensuit que son gouvernement est nécessairement monarchique, toute autre forme se trouvant rigoureusement exclue. »
Quant à ceux qui rêveraient pour l'Église d'une constitution républicaine, ils seraient, avec les presbytériens, en rébellion contre l'article du symbole : Je crois à l'Église, une, sainte, universelle et apostolique ; l'unité suppose un centre et un gouvernement commun, et l'Église ne peut être universelle que sous la condition de cette unité.
J. de Maistre ne s'attarde pas à prouver ces axiomes: il ne cherche pas dans les livres saints la justification d'un système dont l'évidence lui paraît si bien établie par le raisonnement. Si on lui objectait les enseignements du Christ sur la nature et l'exercice de l'autorité, tels qu'ils sont rapportés dans l'Évangile selon saint Matthieu ', il répondrait, comme M. Loisy, que le Sauveur n'a pas « dès l'abord réglé expressément la constitution de l'Église, et surtout désigné la nature, l'objet, les dépositaires de l'autorité dans l'Église - ». La remarque est juste : la grande communauté catholique du xx"^ siècle ne peut pas se régir suivant les lois qui présidaient à l'organisation de l'Église de Jérusalem; le pouvoir de l'Église a grandi avec les nécessités des
1. Matthieu, ch. xx, v. 25 et sqq : « I^ps princes des nations dominent sur elles, et ceux (jui sont plus élevés exercent sur elles le pouvoir. Il n'en sera pns ainsi parmi vous. Celui qui voudra être plus grand |)armi vous sera votre ministre; celui qui voudra être le premier parmi vous sera votre serviteur, à l'exemple du Fils de l'homme qui est venu non pour être servi, mais jiour servir et donner .sa vie pour la rédemption d'un grand nomiire. » Cf. Luc, cil. xxii, v. 25 et sqq.