Défense de la (IccUiralioit, liv. VllI. ch. .\iii
2. J. tie Maislrt" a diiific coiilrc cetle foniiuli' une plaisanterie déitlacée (Pape. 1. <li. xi, ]). 105) : ■■ 11 est liicii aise de dire : // a plu au Sainl-Espril et à nous. Le quaker dit aussi (iu"il a l'Ksiiril et les puritains de Cruniwell le disaient de même. Ceu.x (jui parlent au nnm de l'Esprit Saint, doivent le montrer, la eolombe mystii|ue ne vient puint se reposer sur une pierre fantasticiue : ee n'est |jas ce qu'elle nous a promis » (passajic ajouté au ms).
LA .MONAHniIK ABSOLI E Ul \-.\\'E. i7ii
i|ni i'(>|)i'(''S('iilfiil 1 I'] tri i se mii\ crsrlli', coniiiif l'iri rc cl Ifs îi|inlrcs ri'|ir<''scnliii('iil ri'^iirlisc iiposloliijiM". I):iiis le hcMii rappoil l'nil à r!issrml>l(''c do iWi \):\v M. de Clioisctil. i'-vr'(|ii<' (le r<mni;iy, cclh^ Miiloiili- des conciles cinii iicItciiH'iit roiMiiuIi'-c : « Oiioifjiit' cliiKjnc (''v<"(|iir en pailii iilicr se puisse iionipcr, le corps ol la pluralilé ne sauraioiil loiiiber dans lerreur, ijarcc que le Saiiill'^spril conduit ces assemblées, lorsqu'elles sont légilinies et faites au nom de Jésus-Christ » (2'' partie).
Kn second lieu, les monuments de la tradition, quoi (pien dise J. de Maisire, ir(''tal)lissent pas davantage la suprématie monarchique du pa|pe. Il s'excuse de citer c(>s textes, « si connus, dit-il, qu'ils appartiennent à tout le monde, et rpion a lair en les citant de se parer d'une vaine ('•nidilioii » (p. 47). Ces textes prouvaient si peu la supériorité du pape sur le concile, qu'ils étaient cités j)ar la Sorbonne et par les théologiens de France, à rap|>ui de la docliine gallicane; J. de Maistre ne leui- a pas coniuiuniipii'' une \aleur (|u'ils ne pouvaient avoii'.
Les Hglises d'Occident et d'Orient, qui son! iuvo(piées les premières, ont proclanK- la primante'' du pape, et dans son fameux sermon sur l'initi'' de l'Kglise, Hossuet s'est plu à rassembler autour de la chaire de IMei-re ce cortège inq)osant d'hommages venus de l'AI'riipu', des Gaules, de la Grèce et de l'Asie. Mais il n'en a pas conclu la monarchie absolue du pape.
Heaucoup de ces témoignages émanent île souverains p(uitiles. (pii. Juges dans leur pro|H'e i-ause. n'ont qu'une aiiloiili'" relative»; Iteaucoup d'autres soid plus suspects encore^, car ils vieniu-nt de ces pn'-lats grecs, comm^» saiid Maxime, cpii, tourmentés, nieiuui'-s nn'-me du martyre, en appellent à Home et exaltent \r poulil'e, d(jnt ra|»pui seul est capable de les sauver.
Ces textes souvent sont mal interprétés par J. de Maistrc : une phrase ironique de Tertullien, dirigée contre les prétenlions du pape, est faussement apportée en preuve de la suprématie; saint Cyprien vient déposer en faveur des papes, parce que son témoignage est arbitrairement mutilé ' . Or saint Cyprien croyait si peu à la monarchie absolue de Rome qu'il soutint contre le pape Etienne la nécessité de rebaptiser les hérétiques, et le grand évêque de Carthage ne rétracta probablement pas son erreur, ce qu'il aurait fait, dit saint Augustin, i si, de son temps, la question avait été éclaircie et jugée par un concile plénier ^ ».
Nous ne voulons pas relever les erreurs d'interprétation que J. de Maistre a fait subir à ces textes si co(inus; contentons-nous de remarquer que les citations de J. de Maistre frappent par le nombre plus que par la valeur. Tout lecteur réfléchi se refuse à voir un argument dans la liste qu'il reproduit des titres donnés aux papes par l'antiquité ecclésiastique, et réunis par saint François de Sales. De ces 46 qualifications, la plupart s'appliquent au siège de Rome et à l'Église romaine: donc elles ne vont pas au delà de la théorie gallicane. Parmi celles qui se rapportent au pape, 9 sont de saint Bernard, qui ne représente pas toute la tradition ; quelquesunes sont tirées de fausses décrétâtes; d'autres enfin ne concernent pas la suprématie. J. de Maistre se fait illusion, s'il croit pouvoir tirer de ce brillant catalogue