Traité du libre arbitre, cli. iv
L I.NFAILI.IlilLITi: Dl l'APE. 197
tircision ex cathedra. Doin- iiiic analogie avec noire ignorance dans l'ordre i)hysifpie, |»olilique ou philoso- |)lii(|ue, ne tranche pas la ([iicstion; c'est une pétition d(* principe : et pour peu que l'on veuille raisonner, on s'engage dans des arguties inextricables. Honorius a failli, et le lait n'est plus contesté: mais il n'a pas parlé dans les conditions délinies |)ar le concile de 1870. Quelles sont donc ces conditions? « Sans doute, dit un théologien, diverses théories ont élé émises sur ce point. Mais ce son! des Ihéories qui manquent de précision et surtout d"aiitoril(-. l]ii lail. les tin^'oiogiens nous donnent trop l"ré(jueium(Mil le peu édifiant s}>ectacle d'ériger en actes ex cathedra les pièces ])ontiricales qui les favorisent, et de refuser tonte valeur dogmatique à celles qui les gênent '. » Peut-on liire que la croyance des catholiques soit à l'aljri des surprises?
Les gallicans, pour échapper à ces faits très embarras-, sauts, avaient proposé de remplacer l'infaillibilité du pape par l'indélectiltilité du saint-siège. Nul n'a poussé plus avaid que Bossuet l'analyse de ces deux notions distinctes, le siège et le pape qui l'occupe'-; tout son raisonnement part de cette parole de saint Léon : « Autres sont les sièges, autres ceux qui y président ».
Dans cette théorie célèbre de l'indéfectibilité, J. de Maistre ne voit que des « toiles d'araignées », des « sublililf's indignes de Bossuet » (p. 84). C'est faute de n'avoir pas suffisamment pénétré cette doctrine, acceptée par toute l'école gallicane, et harmonisant les données de riiistoire avec la croyance de l'Hglise. Des jjapes ont
1. Tuiriicl. Ilci'ii- dn rlmjr fninriii^, \" (Iccciiilirc i'.lOi. p. S."). — l.a rff;li' iinipnséc par Vessicr, scrrclairi' du lomilf «lu Valiran, n'est pas pins satisfaisante (La vraie et la fausse infiiillibililé des Papes, traii. franc.. IS7:i).