I. i.MAii.i.ir.ii.ni; m i-aim
(le l;i vie pl;ic('-c par le divin h'-irislalciir an cn'ur mr-ino (le son l-li^lisc, cl tjni se r(''i)iUHlail en ('•nt'rLfies sans ccsso rcnouvclt'es. Ln sonvoraincli- |ia|tal(', coniino tontes les anircs. s'est eiiricliii- el rorlili(''e avec le leni|ts, f/licnro senihlail vcnnc à J. de Maisti-e île |troelaniei' ses droits; mais cette d(''claration de droits pr<''e\islants ne les crée pas. elle les constal<' et les consaci'e.
Les tli(''olo<,Mens de r(''cole positive reconnaissent que les doi,Mnes de la primant»'' el de rinfailliliililt' n'ont pas tenu beaucoup de place dans les controverses des Pères. dont raltention se concentrait autour des problèmes clirislologi(jues ou moraux : « Les Pères, dit >L Turmel. liraient de li'^vanijfile les enseignements les plus appropri('s aux besoins du jjeujjle ù «{ui ils s'adressaient. Or le dioil des évèqnes à gouverner les Kglises. le di'oit de riiglise à remettre les péchés, étaient pour les litlèles des suj(;ts d'instruction beaucoui) plus pratiques que la primauté du i)ape. Les Pères allaient au plus pressé et laissaient à Home le soin de défemlre ses prérogatives ' ».
C'est la thèse même de .1. de .Maistre : les considérations fhéologi(|ues i)assent au second plan, et la discussion porte uniquement sur ce qu'on pourrait ai)peler la philosophie de l'histoire de la papauté. Celte histoire peut aboutir à des conclusions opi)osées : Dœllinger s'a[)puie sur elle, pour comI)attre l'infaillibilité; les défenseurs de cette prérogative l'invocpuMif aussi, et la juslilient par une nécessit»'- intrinsècpie. par l'utilité sociale, et par r<''volution.
Il faut s'entendre : (juand ou étudie dans Tordre poliiiipie le développement de l'absolutisuH* en France, on
\. Ilistnirr ilf lu lh(hilogif jiosillvf tleiniis l'iiriijiiir jnsiin'aii conrilc de Tn-iUe, !U()4. p. 172. "
peut aussi invoquer des conditions de nécessité, d'utilité et d'évolution; mais elles ne justifient pas l'absolutisme d'un Richelieu ou d'un Louis XIV. Quand l'historien a constaté que la France fut complice, par intérêt et par besoin, de l'établissement de la monarchie absolue, en a-t-il prouvé la légitimité"? Il reste à confronter ce régime avec l'idée du droit que nous avons dans notre conscience et que la pensée humaine a perfectionnée : c'est la pierre de touche, qui fonde ou détruit la légitimité de ce pouvoir, que l'évolution peut excuser, mais non justifier : l'évolution ne prime pas le droit.
Comme l'a dit un profond penseur : « Contre le fait brutal qui l'écrase, la raison élève une protestation qui ne se prescrit jamais ' ».
1. Aiip'. Snhaticr, les licligions d'auloritc cl hi religion de l'esprit, 1903, aviuit-i)roi)Oî<.
CIIAPITRI-: IV
LK l'ROBLKME POLITIOUK ET HISTORIQUE LA ru |-;0 CHATIE
Lo gallioanismo, qui jiarfois fléchit sur la question de liulaiHihilité. lit de lindépendance du pouvoir civil une doctrine de foi; le 1" articule de la déclaration de 1682 était ainsi formulé :
* Dans les choses temporelles, les rois et les souverains ne sont soumis, par l'ordre de Dieu, à aucune puissance ecclésiastique; ils ne peuvent être déposés ni directement, ni indirectement i)ar l'autorité des chefs de l'Église; leurs sujets ne p<nivent être dispensés de la soumission et de l'obéissance (ju'ils leur doivent, ni al)S()us du seiMueul de iidi'Iih'' : cl celle doctrine nécessaire pour la lran((uillil('' pul)Ii((ue. et non moins avantageuse à ri'^glise <iu'à llllal, doit ètr<> suivie et inviolablement conservée comme conlornie ;i la parole île DicMi, à la Iradilioii des saints Pères et aux exemples des sainls. »
J. de -Maislre ne laril pas en sarcasmes contre cet articl(\ « Il rapitelle, dit il, tous ces misérables lieux communs qui font pitii- : Mon royaume n'eut pas de ce monde. — Rende: à César ce <jal est à César. — (Juc loiile dme
soit soumise aux puissances supérieures (et avant tout, à celle du souverain pontife, qui est une des plus élevées) — Toute puissance vient de Dieu (nommément celle de son vicaire), etc. Il faut être réellement au-dessous de l'enfance pour croire que ces textes se rapportent le moins de monde aux questions dont il s'agit '. »
Écartons donc les données de la théologie qui ne peuvent trancher la question de la puissance pontificale, et tournons-nous d'abord vers le raisonnement métaphysique et politique pour déterminer les rapports du pape avec les souverainetés temporelles.
La souveraineté est un grand bien, mais il ne se peut pas qu'elle n'entraîne avec elle certains inconvénients : » La loi, dit J. de Maistre, qui prescrit l'obéissance envers les souverains est une loi générale comme toutes les autres; elle est bonne, juste et nécessaire en général, mais si Néron est sur le trône, elle peut paraître un défaut. Pourquoi donc n'y aurait-il pas dans ces cas dispense de la loi générale fondée sur des circonstances absolument imprévues^? »
1. Le texte imprimé {Église gallic.,U, iv, p. 138) est moins amer pour les pallicans. L'auteur consent pourtant à discuter leur interprétation du premier texte qu'il voudrait rétablir sous sa vraie forme ■■ Mon royaume n'est pas maintenant de ce monde », car, dit-il, « comment sait-on que le Sauveur n'a pas voulu, ]»ar ce mystérieux monosyllal)e (vjv), exprimer certaines choses <|ue les hommes ne ilevaient pas encore connaître ». H pouvait sifrnilier, en elTot, d'après le manuscrit : •> Ne vous effraye: pas de ce royaume que j'annonce : maintenant il est tout intérieur, mais il viendra un temps dont vous ne devec point vous informer, oii il se montrera à l'extérieur, et prendra place parmi les autres puissances ». Ce commentaire n'est pas le moins curieux de tous ceux (jui ont été proposés sur ce VJV.