Juillfl 1804 (Co/ws/.., 1. 1. p. P
cas, il est bon qu'une nouvelle race commence une succession légitime, celle-ci ou celle-là, n'importe à l'univers ï. De môme le consentement des peuples a mis le sceau de la légitimité aux usurpations que les jjapes se sont permises autrefois; et ces usurpations seront de nouveau légitimes, si nous voulons nous y prêter.
Cependant il prévoit que cette puissance pontificale établie en dominatrice sur les souverainetés, inspirera des craintes. Qui retiendrait le pape dans de justes bornes, se demanderaient les rois et les peuples, si l'on s'accordait à reconnaître en lui le distributeur des couronnes, le juge, le censeur des rois? La théocratie ouvre à la papauté les voies du despotisme; le pape, devenu le monarque universel, n'abusera-t-il pas à son tour de ce pouvoir exorbitant? Dans un passage ajouté au ms., de Maistre se pose la question : « Quest-ce qui arrêtera le pape? » et il répond : « Tout : les canons, les lois, les coutumes des nations, les souverainetés, les grands tribunaux, les assemblées nationales, la prescription, les représentations, les négociations, le devoir, la ci'ainte, la prudence, et par-dessus tout l'opinion reine du monde - ».
Les peuples et les rois ne se sont pas déclarés satisfaits par toutes ces barrières métaphysiques; plutôt que de se livrer en vassaux à l'autorité du pape, les souverains ont préféré signer des concordats, destinés à restreindre l'action spirituelle. Quant aux peuples, loin de revenir au droit public que leurs bons aïeux laissèrent s'établir, ils n'ont .plus eu recours au pape et ils ont négocié avec leurs souverains des contrats positifs; ils ont obtenu des constitutions où sont inscrits leurs droits, et quand ces droits sont violés, ils demandent au sou-