‹ Joseph de Maistre et sa philosophieChapitre 2 sur 15 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

(le toute rénei'iïie de sa volonté, il coinl)altil sons (ouïes leurs formes ranarchle intellectuelle, la dissolution (les croyances religieuses , la transformation des grandes institutions politiques et sociales, aussi dur d'ailleurs, ou peu s'en taut , pour ceux ,f(ui avaient mai représenté ou mal défendu ses principe:? que pour ceux qui les attaquaient et les ruinaient"' ,( L'unité, voilà le but. la fin dernière: Tunilé dans les^rfo^'ances relia;ieuses, but de la théologie, l'unité dans les mœurs, but de la morale. Tunilc' dans les opinions, dans les actes de la vie civile, bul d(^ la politique. l'unité générale du monde. l\utle plus élevé de tous, tendance divine. Joseph de Maisfee voit si bien la portée de sa doctrine qu'il en confond dans une \ue saisissante et profonde, les diverses api)licali()ns, { il transpose les termes : « Le mal, dit-il, est le schisme I 'de l'être, il n'est pas vrai ». Ce mot nous donne l'essence de sa doctrine, acceptable jusiiu'ici , du reste, dans sa généi-alité, par les plus déterminés adversaires de celui qui l'a soutenue. Mais comment atteindre cette unité, visiblement bien imparfaite et bien menacée aujourd'hui , et conserver le peu qui nous en reste ? D'un côté par l'autorité qui l'impose, de l'aulre-pîfP^T&^âcririce qui la reconquiert. Le pape et le roi d'une part, de l'autre la souffrance et la mort, la guerre et le hourreau. voilà ses jiioyens de guérison '"--eLxlc saliit^^upj>ôsoTT57^oiïrun moment, sa doctrine aussi fausse qu'on le désirerait, ce serait une erreur de la croire négligeable, d'abord parce que rien n'est négligeable qui est pensé et qui fait penser, ensuite

parce que, pour leur bonne part, certains côtes de cette doctrine ont contribué à l'évolution contemporaine du catholicisme — il ne se choquerait pas de ce mot d'évolution, Joseph de Maistre qui voyait dans les évoques les successeurs des druides et qui comparait la croissance de l'Eglise à celle d'un corps humain — parce que, comme l'a dit Montalembert, « les idées du grand comte de Maistre dans son traité sur le pape, sont devenues des lieux communs pour toute la jeunesse catholique », et que, si nous pouvons bien rejeter les dogmes du catholicisme, il ne viendrait, sans doute à l'esprit d'aucun de nous de nier son importance à l'heure actuelle.

Ce n'est pas tout. Lorsqu'un esprit supérieur s'attache à de grandes questions il ne travaille pas seulement pour lui, pour ses amis, pour son parti, il travaille aussi pour ses adversaires. Quand une doctrine se pertectionne, il faut que les doctrines ennemies se perfectionnent aussi ou qu'elles meurent. Celles que le comte de Maistre a combattues ne sont pas mortes, elles se sont développées, et les adversaires qui les ont si vigoureusement attaquées y ont contribué pour leur part. Si l'impiété, si la philosophie, si les nouvelles croyances, si les aspirations du xix° siècle ne sont pas celles du dix-huitième, c'est sans doute au progrès des connaissances qu'on le doit, c'est à l'initiative des Darwin et dep Comte, pour ne citer que les morts, c'est aussi à une réaction contre la réaction des Joseph de Maistre et des Louis de Bonald.

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