‹ Joseph de MaistreChapitre 14 sur 27 · LE CONCILE OU VATICAN · texte numérisé non relu

LE CONCILE OU VATICAN

Princes et peuples également dupes du mensonge des nationalités, et tous destinés aux plus durs mécomptes en retour des illusions dont il les amuse, princes et peuples, dis-je, se montrent aujourd'hui, à Tégard de l'Église catholique, ligués de haine ou d'indifférence. Cette situation où nous sommes, pleine d'angoisses et de périls, semble marquée par le prophète, aux plus loin-

tains des jours, tant ses paroles s'adressent, et littéralement à la génération présente : « Pourquoi les nations se soulèvent-elles en frémissant ? Pourquoi les peuples forment-ils de vains complots ? Les rois delà terre se sont levés et les princes délibèrent ensemble contre l'Éternel et son Christ. — Rompons leurs liens, disent-ils ; rejetons leur joug loin de nous ! — Celui qui habile dans les Cieux se rit de leurs efforts. Le Souverain Maître les regarde avec mépris. — Bientôt éclatera contre eux la voix de son courroux; dans sa colère, il les frappera de terreur.. Rois, comprenez donc maintenant; instruisez-vous, Juges de la terre. — Embrassez la pure doctrine. Prévenez sa fureur, et votre perte à jamais, loin de la véritable voie (1).» Le Vicaire du Christ vit cette conspiration universelle, — cette universelle démence ! Il invoqua Tintelligence des rois et invita les juges de la terre à s'instruire. Les rois refusèrent d'entendre; les juges de la terre repoussèrent l'instruction. Tous méprisèrent la science offerte , la science de leur

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