ROUTE
de Brody
à Bolonka
de Samojska
Kossow
à Luko
„ Myr
,, Woislawieck
Buczacs
» Uljika
„ Stolpczy
„ Wladjejurs
Bolonka
„ Kolk
., Krojetonowa
„ Luko
Swianticzi
„ Sczartorysk
.. Minsk
* Uljika
Kleck
„ Liobiaz
Antopol
„ Kolk
Cymkowice
„ Janow
„ Boryszow et de
„ Sczartorysk
Sluck
là à la droite
„ Liobiaz
Hlusko
„ Bosdes
,, Janow
Bobrysle
„ Umsk
„ Besdes
Popolowo
„ Kossow
„ llmsk
Rohacsew et de
„ Buczacs
„ Mohylow
là tout le long
du Dniepper à
Mohylow.
NB. Ce ne sont point les noms des postes ni des stations, mais seulement des endroits, par lesquels sur la carte le grand chemin a Pair de passer.
fl
KAUNITZ AN JOSEPH
Sur la note très-humblement cy-jointe, que vient de me remettre le prince Galitzin, ce ministre se trouve avoir déjà répondu à la pluspart des choses, que lui demande Mr. de Roumanzow au moyen du Courier, qu'il lui a adressé, il y a une quinzaine de jours, à l’exception seulement de celles qu’il lui fait au sujet des jours de repos, que Vôtre Majesté pourra être dans l’intention de faire, et qu’il voudroit savoir pour pouvoir y préparer, selon ce qu’il a fait entendre, quelqu’ amusement à Vôtre Majesté.
Le prince renverra son officier à Mr. de Roumanzow avec ce que Votre Majesté pourroit trouver bon de m’ordonner de lui dire sur cette communication, et j’attendrai moyennant cela ce qu'il Lui plaira à me faire connoître à cet égard, pour m’y conformer. Avec le plus profond respect.
Vienne, le 15. Mars 1780.
(Signé:) KAUNITZ-RIETBERG.
APOSTILLE DES KAISERS.
Comme je me flatte, que le prince Galitzin aura bien comprise ma réponse, il parait qu’on pouroit s’y raporter et surtout apuyer auprès du maréchal Roumanzow sur la nécessité de me laisser voyager en particulier, et par conséquent de ne penser ni aux gites ni a des amusement ou secatures d'aucune espece, que je ne pourais accepter, devant etre conséquent dans mes démarchés. Le chemin le plus
court pour aller a Mohilow sera celui qui pour mon empressement sera le plus naturell. Adieu, mon cliere prince, je suis véritablement honteux de vous douer tant de peine.
JOSEPH, Corrégent.
KAUNITZ AN JOSEPH
Le Courier que Y. M. J. vouloit dépêcher à Petersbourg, encore dans la semaine, poura partir quand Elle le voudra, ses dépêches se trouvant toutes préparées, et il poura être areté en même tems, selon le bon plaisir de V. M. parceque au fond il n'y at rien qui presse; mais je ne peut pas m’empecher cependant de faire observer très humblement à V. M. 1°- que je n' ai aucune idée des réponses qu' Elle paroit attendre de Petersbourg, d'ou, de ma connaissance au moins, nous n’en attendera aucunes, et 20- que le maréchal Roumanzow déclaroit positivement: que la route qui a été choisie par T Impératrice de Russie étant la meilleure et la plus commode, il a voit déjà fait les arrangements necessaires afin d'y établir des stations de poste, et demandant en meme têms au prince Galitzin d' etre informé au plutôt du jour du départ de V. M. et de celui de son arrivée à Brody. Il ne me paroit pas possible de le laisser sans réponse, d’ailleurs il pouroit paroitre désobligeant à l'Imperatrice de Russie, que V. M. n'eut point adopté une route proposée par Elle, quoique peut être plus longue de quelque chose, ainsi qu'au maréchal qu' Elle n'eut point daigné s’en raporter à son avis, et il pouroit fort bien de petit choses de cette éspèce résulter
des impressions fâcheuses, même encore avant que l’on ne se fut vu. Ce que Y. M. pouroit faire de mieux par conséquent, ce me semble, ce seroit, de me charger de dire au prince Galitzin: qu’Elle s’en tiendra purement et simplement à la route proposée par l’Imperatrice et qu’ Elle remercie Mr. le maréchal de ses attentions. Il en sera cependant tout ce qu’Elle voudra ou ne voudra pas, mais ce que je me flatte, qu’ Elle voudra bien toujours c’est d'être persuadée de la pureté de mes intentions.
le 7 avril 1780.
KAUNITZ-RIETBERG
APOSTILLE DES KAISERS.
Quand dans la première lettre venue de l'Imperatrice elle proposa que je prisse le chemin par Kiow, on lui fit la réponse que vous avés vue et qui contenoit qu’a cause du détour je prefererois de prendre la route la plus courte que je designois, mais que pour le retour j’userai de celle de Kiowie. Or c'est sur cette réponse que de mon scu il n'y a point encore de nouvelle de Petersbourg et que j’ai cru bon de l'attendre puisque c’est par elle qu'on scaura seulement les vrais intentions de l'Imperatrice. Le détour par Kiow est très considérable et il paroit fait exprès pour doner a Monsieur de Roumanzow un vaste champ a me douer des secature; il en sera neamoins, ce que vous jugerés pour le mieux et je vous prie de ne vous pas gener la dessus. Adieu. . .
KAUNITZ AN JOSEPH
Par la réponse que de Petersbourg on fera à Galitzin, Y. M. comprend bien, que sur la route on s’en raportera encore une fois au sentiment de Roumanzow, et, quant à la façon, dont, en Comte de Falkenstein, V. M. désire être traitée, on dira sans doute, qu’Elle peut compter que tout sera comme Elle le veut. V. M. peut être assurée de même, qu’Elle n’at aucune secature à apréhender de la part du maréchal, le prince Galitzin en répond, et moyennant tout cela, j’ose prier Y. M. de m’authoriser à répondre au prince Galitzin de la façon obligeante pour le sentiment de l’Impératrice et de son maréchal, que j’ai pris hier la liberté de lui proposer. Si Elle vouloit bien me faire connoitre en même têms le jour à peu près de son départ d’icy et de son arrivée à Brody, je pourai en prévenir Galitzin qui sera bien aise de pouvoir le mander au maréchal. Je suis aux pieds de V. M. . . .
le 8 avril.
*) Beiliegend folgender Brief von Galitzin an Kaunitz.
Je m’empresse de vous renvoyer, mon prince, les billets, que vous avés eû la bonté de me communiquer, en vous remerciant très humblement de m’en avoir fait part.
L’observation de Sa Majesté l’Empereur est on ne peut pas plus juste que nos couriers arrivent en quinze jours de tems a Petersbourg; mais en y ajoûtant la reflexion, que ceux-ci vont nuit et jour et qu’ils ne s’arrêtent absolument nulle part, il paroit, mon prince, qu’en calculant d'après eux il faudra toujours à Sa Majesté en proportions des mêmes distances un beaucoup plus long espace de tems, puisqu’ Elle ne voyage pas de nuit.
APOSTILLE DES KAISERS.
Vous pouves repondre an prince Galitzin ce que vous croyés convenable; mon départ d’ici sera vers le 26 ou 27 de ce mois, mais comme je fais plusieurs détours, mon arrivée à Brody ne sera que vers le 28 de may. L’ essentiell est de savoire le nombre de jours qu’il me faudra de Brody à Kiow et de la a Mohilow; je crois que le Courier pouroit en dire quelque chose; il faut les compter en voyageant la journée sans la nuit et plustot plus que moins, a cause des accidens possibles. C’est de la que j’ abrégerai ou allongerai mon arrivée a Brody voulant pour sure etre a Mohilow a l’arrivée de l’Imperatrice. Adieu, je suis fâché, mon prince, de vous incomoder de ces pauvretés. . .
Je veux encore vous avertir, mon prince, pour le dire au prince Galitzin, que je compte envoyer tousjours un ou deux jours davance un officier, tant en Pologne, qu’en
Je suis enchanté que Sa Majesté ait approuvé la minute de ma lettre au feldmaréchal comte de Roumanzow et rien n’empêche maintenant que je ne l’expedie tout à l’heure; mais n’aiant point gardé de copie de cette même minute, j’ose vous supplier, mon prince, de m’en faire remettre en possession. Rien ne m'est plus précieux que de pouvoir vous réitérer ici les sentimens de ma haute estime et de mon inviolable attachement.
Vienne, ce 8 avril 1780.
Russie, qui m'ordonera les cheveaux en route et qui me devancera tousjours sous le nom de comte de Falckenstein; cest par lui que les vrais journées pouronts seulement se déterminer. Je suis bien fâché, que toutes ces miseres doivent se traiter par vous et par écrit et vous incomoder si cruellement. Adieu.
ce 9 avril 1780.
KAUNITZ AN JOSEPH
J'ai l'honneur d’envoyer à Votre Majesté la minute de la lettre que le prince Galitzin se propose de depécher incessament par Courier au maréchal Roumanzow, et je La supplie de me la renvoyer après qu 'Elle y aura fait les changements, que peutêtre il pourroit être de Son bon plaisir d’y faire. Mais une circonstance, dont sur toutes choses je crois ne pas devoir tarder à informer Votre Majesté, c’est qu'il résulte de la conversation très détaillée, que j’ai eu avec l’officier Courier du prince Galitzin, que, comme il y a de Brody à Kiow soixante et quatre, et de Kiow à Mobil ow soixante et une lieues d'Allemagne, en faisant dix meilen par jour, il faudroit treize jours environ de Brody à Mohilow. et que par conséquent pour y être le 5 ou le 6 de Juin, il faudroit se mettre en route de Brody dez le 22 ou le 23 may. Il se peut que Votre Majesté fasse peutêtre en beaucoup moins de tems la route en question, mais j'ai crû qu'il étoit toujours plus sûr de calculer largement.
Vienne, le 9 avril 1780.
(Signé:) KAUNITZ-RIETBERG.
APOSTILLE DES KAISERS.
La distance et la diference enorme prouve pour le chemin que j'avois choisi, qui est en grande partie route de poste et ne fait que 90 meile. Mais de cette façon il faut passer par ce qu'ils veulent. La lettre du prince de Gallitzin paroit très juste, et venant desja a Kiow je compte moi meme aller voire le marechall Roumanzow et les objets envieux comme les catacombes qu'on dit s'y trouver. Mais je ne puis croire qu'il faille 13 jours, un Courier allant d’ici en 15 à Petersbourg; neamoins je vous prie de bien prende des exactes nouvelles la dessus et je réglerai mon arrivée à Brody en conséquence. Adieu...
JOSEPH AN KAUNITZ
Mon chere prince, en vous renvoyant ces papiers, permettés que je vous fasse quelsques réflexions. Le projet paroit bon meme facile a executer, mais voici ce qui m'a arreté de le presenter a S. M. encore.
lmo- des raisons prises dans sa personne et dans le peux de stabilité et de sûreté dans ses resolutions, ce qui serait de la conséquence la plus dangereuse dans une grande entreprise comme celleci, joint au peux de courage et d’energie avec laquelle elle soutiendroit les droits et l'honneur de son pavillon.
2d0, de la viendroit peut etre un embaras et une considération politique que je soumets a vos reflexions. Est ce le moment et l'epocque à exciter de la jalousie, est celui a
s'exposer aux inconveniens qui en pourroient résulter, est celui enfin, ou l'on vengeroit quelconque affront et at on les moyens a cella vis a vis de toutes les puissances qui pouroient nous insulter? une grande puissance doit elle etre petite dans une partie ou vaut il mieux qu'elle n’y paroise point si elle ne le peut dans sa proportion? notre situation est elle faite pour une marine sufisante a nos enemis et a ce que nous nous devons, cornent venger un affront maritime sur des anglois Hollandois Danois Suédois Turcs François Espagnols Yenetiens, meme sera ce par une guerre de terre, ou l'entreprendre, et quelle en seronts les suites? ouest ce que l'on devra tout dissimuler et alors qu'elle rôle jouerat-on joignes a cella l’experience de l’annee 1778? et voyés, mon prince, ce que l'on peut en esperer de S. M. , dont deux années de plus n'ont pas afermis le courage. Pardonés moi ces reflexions a ma parfaite confiance en vous; il y a deux ans que quand j’étais convaincu du bien, je ne craignois point de le pousser en avant, mais l’on m’a faite une rude leçon et je ne l’oublierai plus. Adieu.
ce 30 mars 1780.
JOSEPH, Corrégent.
JOSEPH AN KAUNITZ
Mon cher Prince comptant partir sous très peu de jour, voudries vous bien me faire parvenir, les point d'instructions que je vous avais prié de minuter, afin qu’ils me servent de guide je vous on serai très obligé et m’y
conformerai, avec la plus juste confiance très exactement. Adieu croyes moi bien vraiment et pour la vie votre
ce 23 avril 1780.
JOSEPH AN KAUNITZ
Mon cher Prince, au moment que je monte en chaise pour aller à Brody arrive le Courier, je n'ai que le moment de vous remercier des bons avis et sages conseils dont vous m'honorez car ils sont dignes de ce nom. Je tacherei de faire et executer vos sages vues et le moins mal que possible ibant qua poterunt, sera mon excuse, portés vous bien mon cher Prince et soyez persuadé qu’il n’y a point de lieu ou votre souvenir et le cas tout particulié que je fais de vos conseils et de votre amitié ne me suive
Leopoll, ce 19 Mai 1780.
JOSEPH
JOSEPH AN KAUNITZ
Voudriez vous bien mon cher Prince qui avés tant eu desja de peines avec mon voyage pour l'arranger à ma parfaite satisfaction avec le Prince Galitzin , assures de ma part je vous prie ce galanthomme , que j’ai resenti les fruits de ses conseils réitérés, que mon voyage à été arrangé par le maréchall Romanzow, a merveille avec toutes les comodités, et le moins de gene que possible, que mon
séjour à Kiow a été de meme très agréable, que j’y ai tout vu, et que si tout le reste du voyage va de meme, je pourrois être infiniment content de l'avoire fait, et qu’il me sera satisfaisante pour toute ma vie, d'avoire vu les objects intéressants, qu'on me presente, et que j'attens encore d'avoire le plaisir de voire, vous aimés a faire plaisir et a reconaitre le vrai mérité je suis donc bien sure que vous vous ferés un plaisir de doner cette satisfaction au Prince Galitzin, que je crois lui devoire adieu croyés moi pour toujours votre
Kaczilitz, ce 31 Mai 1780.
Je viens de recevoir mon cher prince les détails que vous aves bien voulu me faire du tous le changemens avantageux, donts vous vous ete occupé pendant mon absence a la gallerie des Tableaux, je vous en suit infiniment obligé et je ne doute nullement qu' ils rempliront perfaitement l' objets c’est a dire d’unir autant que possible l’ordre necessaire des écoles, avec le goût et le coup d'oeil qui paroit exiger quelque simetrie, c'est avec empressement que j'attens mon retour pour les voire et pour mettre un grain de plus a toutes les obligations que personellement et surtout en homme de l'état je vous ai, croyés mon amitié à toute epreuve, et mon estime pour vous bien vraie
Vers la mie aoust je compte etre a Vienne et avoire le plaisir de vous entretenir au long des choses que j'ai
pus observer. Adieu rue voici a Grodno en Lituanie continuant ma route sur Zamosc en Gallicie.
Grodno, ce 28 Juillet 1780.
joseph.
JOSEPH AN KAUNFTZ.
Mon chere Prince par le raport de Thugut l'on voit clairement la mauvaise volonté du Roi de Pologne et des Russes, il me paroit essentiel qu'on execute tout de suite la menace faite, de dédommager Julius sur les revenus du Roi et de Rzevvusky qui se trouvent en Gallicie, je desirerois que cet ordre puisse partir, avant, que je ne reçoive la lettre de l’ Impératrice, afin qu’on en tire quelque chose et qu'au moins je puisse lui repondre, que c'est déjà une affaire faite et qu'aussi les Polonois voyent que nos menaces sonts serieuses. Adieu si vous me dites ce que vous en pensés, je me réglerai en conséquence.
ce 14 octobre 1780.
JOSEPH
KAUNITZ AN JOSEPH
La liste des tableaux que Votre Majesté Impérial m'a ordonné de faire garder à Bruxelles, est tirée de l'ouvrage de Descamps, dont j'ai eu l'honneur de Lui parler; mais je crois devoir observer à Votre Majesté, qu'il est en encore plusieurs autres dans l’inventaire, dont ledit Descamps eût
certainement parlé de même avec éloge, s’ils avoient existé en 1754, année, dans laquelle il n'a pu en faire mention, parce qu’ils n’y étoient pas, et je crois par conséquent, que pour ne pas s’exposer à faire vendre des tableaux précieux dans leur genre, dont aussi bien on ne retirera pas beaucoup d’argent, ce que Votre Majesté pourroit faire de mieux seroit, si Elle veut bien s’en rapporter à moi, comme je pense qu'Elle peut faire sans risque de me charger d’ordonner qu’ on envoyé ici tout de suite tout ce que je croirai qui puisse mériter de l’être. Les fraix de transport sont une bagatelle, qui ne mérite aucune considération. Lorsque ces tableaux seront ici, nous nous assurerons par nous-mêmes de ce qu’ils vaillent, ce qui est tousjours plus sûr que de s’en rapporter au jugement d’autruy, ou moins éclairé ou prévenu, ou pour ou contre. Ce seroit mon très-humble avis, dont Votre Majesté fera le cas, qu'il Lui paroitra mériter. On pourra cependant excepter de l’ordre d’envoyer le tableau de Rubens de la chapelle particulière, estimé à dix mille florins, et un plafond de Rubens dans le cabinet à écrire, évalué quatre mille florins; si tel est le bon plaisir de Votre Majesté.
Sur la pompeuse liste des tableaux de l’agent Sehnbach qu’il a plu à Votre Majesté de m’envoyer, j’ai été les voir et examiner moi même et je m'en suis fait donner les prix, que Votre Majesté trouvera détaillés dans la déclaration très-humblement ci-jointe. Il y a quelques petits tableaux, qui ne sont pas sans mérite: rien n’est digne cependant de la gallerie Imperiale, et les prix sont ridicules et d’un enthusiaste ignorant.
Beer, Joseph II. und Kaunitz.
Sur l’un et l’autre de ces deux objets j'attendrai les ordres de Votre Majesté Imperiale avec la plus profonde soumission.
Du Fauxbour g M a r i ah ilff le 1 novembre 1780.
(Signé:) KAUNITZ-RIETBERG.
APOSTILLE DES KAISERS.
Les tableaux de l’agent ne méritent aucune considération, et comme je compte aller moi meme aux pays bas je verrai avec quelque conoisseur, ceux qui pourronts convenir d' etre transportés ici, et je vous prierai, mon prince, de m’en envoyer les listes a son temps.
JOSEPH
JOSEPH AN KAUNITZ
Mon cher Prince je vous communique ici une lettre que j’ai reçue hier de P Impératrice de Russie, son contenu est assés amicale, je croirois qu'il seroit bon d’envoye le 10 de ce mois un Courier à Petersbourg, je le chargerois de quelques objets que S. M. m’a demandés et en meme temps il arriveroit précisément pour la S. Catherine, jour de nom de S. M., et Cobentzel pouroit comme une marque d’attention et rechercher de ma part faire valoire la lettre qu’il lui presenteroit de ma part sauf votre avis mon chere prince. Adieu.
Ce 7 novembre 1780.
KAUNITZ AN JOSEPH
S'il y avoit la moindre connexion entre le prince Louis et la cour de Berlin, j’envisagerois également la démarché qu'il vient de faire, ainsi que fort bien observe V. M., comme une de ces misérables méchancétes auxquelles se réduit à peu près la politique berlinoise; mais comme le prince Louis bien loin d’etre dans aucune liaison, que je sache, avec ce païs là, y est tout au contraire noté dans le livre noir, je pense que sa démarche n'est qu'une suite de la tournure romanesque de son esprit. Quoiqu’il en soit cependant, il me semble neantmoins que, ni plus ni moins, il conviendra toujours à V. M. I. de ne pas s'exposer au risque de l'abus, que le plus méchant des hommes pouroit tacher de faire de sa condéscendance à la prière du prince, et je suis moyennant cela de très humble avis, que Y. M. I. pouroit borner à lui répondre:
Qu'Elle a reçu sa lettre, qu'elle partage sincèrement le plaisir que doit lui faire l'heureuse grossesse de Madame la princesse son épousé, et qu’Elle en est d'autant plus fâchée de ne pas pouvoir lui complaire dans cette occasion, mais qu’Elle n’en sera pas moins dans d’autres occurrences toujours disposée à lui donner des preuves de son éstime, et qu’Elle le prie d’en être persuadé et de la croire etc. Je
soumet mon opinion au bon plaisir de Y. M. I. . . .
le 23 novembre.
APOSTILLE DES KAISERS.
Je vous suis infiniment obligé, mon chere prince, et
suivant votre avis j’écris au prince Louis. Adieu....
Mon cher Prince la nuit d’aujourdhui a été très grave, Sa Majesté a été incomodé a un point vraiment menaçant comme l’avés vu par le bulletin, vers midi les symptômes relâchèrent, un lavement fit un bon effet, cette aprèsdiné a été un peu plus tranquille, le poulse est variant, tantôt un peu plus elevé tantôt moins , les forces sont encore assés bonnes, la presence d’ Esprit parfaite, point de douleur fixe, nulle part la respiration par fois courte mais toujours très gêné, surtout si elle se conclie, elle est presque toujours assise à sa table, ou elle lit et écrit meme parfois, son courage sa résignation et la fermeté et patience avec laquelle elle soutient ses incomodites est estonante parlant de tous pourtant avec peine, son excellent temparament ses forces les parties nobles qui ne paroissent point encore essentiellement attaqués me laissent bien de l’espoir encore, qu’elle pourra surmonter son mal. Adieu je prens bien de la part a vos inquiétudes mais jugés des mienes et de ma peine.
ce 28 novembre 1780.
JOSEPH AN KAUNITZ
Mon chere Prince, le malheur affreux qui m’accable, vous sera desja conu, j'ai cessé d’etre fils, c’est que je croyois etre le mieux; il faut envoyer encore ce soire des Gardes à Florence et Napple l’un, un autre à Millan et un à Parme, enfin un quatrième a Paris; je vais écrire ces tristes lettres; restés mon ami, soyés mon aide, mon guide, dans le
poids qui vient de tomber sur moi vous, savés sans cella combien je vous estime adieu.
ce 29 novembre 1780.
JOSEPH
Mes très humbles avis n’auront jamais pour objet que la gloire de Y. M. et ce qui, de bonne foi, me paroitra être du plus grand bien de son service, je ne lui dirai jamais que ce que je me dirois à moi même si j’étois à sa place, et ce que je pourai avoir l’honneur de lui dire personne jamais ne saura que je le lui ai dit. C’est ainsi seulement, que je tacherai de mériter la confiance dont Elle voudra bien m'honorer, et il m’est bien doux de voire par son gracieux billet de tantôt, qu’Elle m’authorise, qu'Elle me commande même, de lui dire toujours ma pensée librement et sans ménagements, c’est à dire, ce me semble, comme je la dirai à un ami que j’aimerois pour le moins autant que moi même. V. M. I. trouvera un échantillon d'un avis de ce genre dans les très humbles observations cy jointes, que j’ai dictées à la hâte et que je prend la liberté de lui envoyer tels qu’elles sont, parcequ'elles ne sont que pour Elle, pour ne pas lui faire attendre si peu de chose. V. M. I. excusera en tout cas avec son indulgence ordinaire la franchise avec laquelle j’ai crû pouvoir m'expliquer consequeinment à ses ordres.
le 3 décembre 1780.
APOSTILLE DES KAISERS.
Il est satisfaisant de pouvoir compter sur l’amitié et la sincérité d'un homme comme vous; je vous prie de me continuer tousjours vos bons conseils et en conséquence voici la copie toute simple du billiet que j’écris au prince de Schwartzenberg.
JOSEPH
KAUNITZ AN JOSEPH
Le projet de lettre très humblement cy rejoint, sur lequel Y. M. m'ordonne de lui dire mon très humble sentiment, est très bien à mon avis, mais comme il poura paroitre convenir à Y. M., ainsi qu'il me le paroit, de ne rien écrire dont on pourait tot ou tard faire un mauvaix usage vis à vis de l’Angleterre, et qu’il me paroit convenir de même, de ne point exciter la jalousie de Mr. de Maurepas au sujet de Necker, qui d’après ce qui n'arrive que trop souvent dans ce païs là pouroit bien ne plus exister à l'arrivée de la lettre de V. -M., je soumet à son jugement, si l'effet essentiel de sa lettre n'y perdant rien, il ne seroit pas plus sure d'omettre la totalité du passage que j'ai enclavé au crayon.
Pour Starhemberg je crois qu'il sera mieux que ce soit moi qui lui écrive au mom de Y. M. ; j'attendrai cependant ses ordres ultérieurs. . . .
le 5 décembre 1780.
APOSTILLE DES KAISERS.
Voici mes deux lettres. J'ai omis dans celle au Roi les passages marcqués, et je vous en suis vraiment obligé; de
cette façon le bien devra se faire. Vous ponvés expedier le Courier demain ou après demain à votre bon plaisir et je vous prie d’ écrire mes intentions au prince de Staremberg, faite (s) lui goûter cella comme une marque de ma confiance et enjolirés cella le mieux que vous pourrés, neamoins tousjours comme une chose que je desire et non que j’exige, Adieu. . . .
KAUNITZ AN JOSEPH
Je viens de recevoir la lettre du prince de Starhemberg très humblement cy jointe avec son incluse. Engagé déjà du vivant de feue S. M. à rester quelques mois avec les nouveaux gouverneurs generaux, comme rien ne presse, je ne lui ai point écrit encore, que V. M. désiroit qu’il continuât à rester avec eux, pour laisser à V. M. la liberté de pouvoir prendre encore tel parti à cet égard, que les circonstances pouroient lui faire juger préférable, et je suis moyennant cela en mésure de pouvoir faire encore tout ce qu’il poura plaire à V. M. de me commander sur ce sujet, et je l'exécuterai alors avec le plus profond respect.
le 20 décembre 1780.
KAUNITZ-RIETBERG
APOSTILLE DES KAISERS.
Voici la réponse au prince de Starhemberg que je vous prie, mon cher prince, de lui envoyer; la copie vous fera
*) Eigenhändig mit Bleistift geschrieben und mit Tinte überzogen.
voire son contenu. Je suis tousjouis du meme avis et par conséquent je crois qu'il faudroit que vous tentiés à persuader le prince de Starhemberg à rester plus longtemps dans sa place a Bruxelles. Adieu.
JOSEPH AN KAUNLTZ.
Mon Prince, comme je scais que l’ Impératrice de Russie lit exactement les interceptes c’est une façon de Lui faire connoitre par fois très naturellement ma façon de penser en écrivant a Cobenzel; je viens donc de lui écrire aujourdhui la lettre dont je vous joins ici la copie et continuerai de meme a faire passer toujours a votre connoissance tout ce que dans la meme intention je pourais jamais lui écrire. Adieu.
ce 23 décembre 1780.
JOSEPH