‹ Joseph II., Leopold II. und KaunitzChapitre 6 sur 15 · März · texte numérisé non relu

März

Le Chevalier Keith m’a communiqué brevi manu, les papiers très humblement ci-joints, sans y rien ajouter de bouche sur le fond de leur contenu que beaucoup de protestations fort exagérées des prétendus sentimens amicals du Roi son Maître, dont toutes fois il me semble que Ton ne voit pas la moindre trace, mais en échange tout le contraire dans la soi disante réponse à la Communication qui a été faite par Mr. de Rewiczky à laquelle proprement ou on ne répond point du tout, ou au moins d’une façon trèspeu satisfaisante, lorsqu’on décompose et analise le Galimatias de cette bien mauvaise pièce d’eloquence du Duc de Leeds, dans laquelle on ne voit pas un seul trait ni de bonne volonté ni de franchise. Peut-être que la Dépêche de Mr. de Rewiczky, qui ne peut pas tarder d’arriver fera voir un peu plus clair sur les intentions de la Cour de Londres, qui paroit ne vouloir prendre aucun engagement pour ne pas se lier les mains, au sujet du plus ou moins d opposition, aux aggrandissements des deux Cours Impies*

que réellement elle paroit avoir concerté, avec la Cour de Berlin d’après l’assertion de Mr. de Herzberg à Jacobi.

Ce que j’ai trouvé de plus remarquable dans les propos du Chevalier Keith, c’est qu’à plusieurs reprises il m’a témoigné avec beaucoup d’instances desirer savoir, si Y. M. avoit reçu, soit encore avant son départ de Florence, ou du depuis une Lettre, que doit Lui avoir écrite le Roi d'Angleterre. V. M. voudra donc bien m’apprendre si cette Lettre Lui est effectivement parvenue, et en ce Cas me l’envoyer, si Elle le trouve bon, afin que pour ma direction, je sois informé de son Contenu.

J'ai l’honneur d’etre avec la plus profonde soumission.

KAUNLTZ-RIETBERG.

LEOPOLD AN KAUNITZ

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