février
Je suis bien contente de la fin et promptitude de la triste et grande affaire qui m’at presque anéantis Dieu en soit loué, elle est finis, c’est un des plus grands services que le ministère du prince m’at rendue sans lui je ne sortais pas avec lui, j’espere tout et avec son secours.
MARIA THERESIA
KAUNITZ AN MARIA THERESIA
Je me presse de porter le P. S. très humblement cy-joint à la connoissance de Y. M. parceque je pense que son contenu poura lui etre agréable, et il ne me restera
rien à desirer, si mon activité et le zele avec lequel mes
directions et mes instances ont ete secondés aux Pais-bas peuvent paroitre à V. M. dignes de son agrément.
KAUNITZ-RIETBERG
le 1 1 février 1779.
APOSTILLE DER KAISERIN.
Tout ce qui se fait de bien est de vous, et je vous
avoue votre grand papier sur notre cruelle situation sur les
finances, je le retiens le trouvant si vrai et juste que Leopold m’at priée de lui en donner un copie, vous verrois la
résolution que je n'ai put m’empeclier de donner pour obvier au present et me trouvant seul sans votre presence.
MARIA THERESIA
KAUNITZ AN MARIA THERESIA
La bonté avec laquelle V. NI. at bien voulu, de sa main calmer les inquiétudes de mon coeur, qui lui est si vivement attaché m'a pénétré de reconnoissance, je prend la liberté de lui en faiie mes très humbles remei ciments, et je prie Dieu bien instamment, de vouloir conserver encore longues années à 1* humanité dans la personne de Y. M. un Etre qui lui fait tant d'honneur. Je la remercie aussi très humblement de ce qu'Elle at daigné me communiquer, bon Dieu que tout cela me peine.
KAUN1TZ-RIETBERG.
le 21 Novembre 1780.
APOSTILLE DER KAISERIN.
Je ne suis pas si brave aujourdhui la toux m’incomode beaucoup, j'ai un peu d'alteration, mais cela n'at rien à dire, je ne suis acoutumée d'être malade, ainsi tout me paroi t plus grand, j'espere une bonne nuit
MARIA THERESIA
MARIA THERESIA AN KAUNITZ
Par reconnoissaiice autant que par amitié votre conservation me tiens bien a coeur, je suis charmée que votre petit séjour en campagne vous at fait du bien, il m’at parue long, c’est un jour demain bien cher a mon coeur, mais aussi d'autant plus sensible dans ces moments ci, plus qu*i] etoit brillant si devant, je serois en ville depuis onze heure jusqu'à 5 heure invisible pour les autres, je ne verrai pas meme mes enfants, ainsi propre a vous recevoir, car je ne saurois me refuser le plaisir de vous revoir.
MARIA THERESIA
MARIA THERESIA AN KAUNITZ
Bey meinen villen haus unglicken habe noch die betrübnus aus dem protocol zu sehen, das das finanzweesen gehe nicht in ordnung, es komt noch darzu, das seith einiger Zeit all unser innerliche Sachen gahr nicht an einander hangen, und wen es noch so länger also fortgehet unsere umbstände sehr übel werden, ich suche meine hilff bey ihme, er kennt meine gedenkens arth und vertrauen zu ihme, es kan auch niemand besser als er das gantze übersehen und ein solides Systeme an die hand geben, ich erwarte mir allein von ihme, das er mir mit seiner gewohnheit freymütig rathe und sehe wo es gefallet ist, wie zu helffen, dan es wahrliafft an der zeit ist, wan nicht alles zu grund gehen solle.
MARIA THERESIA
MARIA THERESIA AN KAUNITZ
ce 16 juillet.
Il y a une heure, que le Courier m’at portée la votre du 15 et je ne pourois ni ne voudrois repondre sur le champ, vous pouvez juger comme son contenue m'at frapée, sur tout après celle du 12, voyant revenir en tout occasion les memes propos et principes, qui rendent mes jours si malheureux, je vous les souhaite aux dépends de miennes heureuses.
MARIA THERESIA
MARIA THERESIA AN KAUNITZ
Je vous avoue, je n'y comprend plus rien, qu’un grand malheur que pend sur notre tete, cette lettre est de nouveau telle, que je pourrois en devenir folle, quelle disposition a prague pour sauver quelques vielleries ou brûler quelques maisons, on perd la monarchie, le credit, la confiance, tout le pais, je souhaite, que ces ordonances restent cachés comme la déclaration du poison, enfin je suis désolée et mon esperance ne tient qu’au roi de prusse à quoi nous sommes réduites.
MARIA THERESIA
MARIA THERESIA AN KAUNITZ
le 15 octobre 1780.
Vous prenez et suportez tant de moi en bien, mais vous pouvez etre sure, que je n’aie de satisfaction qu’en pensant à nos tems passez et a tout ce que je vous dois, je conte bien sur vous pour mes deux enfants belgiques, qui auront besoigne de vos conseils et soutiens, voila la lettre, que j’ai reçue avant une heure.
MARIA THERESIA
ß. Zerstreute Briefe von und an Joseph.
JOSEPH AN KAUNITZ
ce 11 Novembre 1765.
Je vous avertis mon cher Prince que comme vous rn’avés vu aller dies S. M. L’ Impératrice qu'elle a été si enchante de la facilité, que nous mettions à l'execution de ses désirs qu’acordant tous les points que nous avions marqués et que même goûtant le plaisir de donner d'abord cette nouvelle à ma soeure qu'elle l'a tout de suite fait chercher et le lui a dit en ma presence le combat de tendresse et de réconaissance et le plaisir de tous deux a été un spectacle bien touchant, et je vous assure, que je ne sais pas laquelle a eu plus de plaisir l’une de doner à sa fille un mari ou la fille d’en reçevoir j’ai bien priée dé tenir la chose secrette niais le transport des deux partis a été si grand que je n’en jurerai pas, j’ai la commission de le dire demain au Prince *") mais je n’entrerais dans aucun détail et je l’adresserai a vous ensuite pour l'etat heureusement qu’il n’y a pas tous les jours des occasions pour faire un si sensible plaisir a mon auguste mere car malgré mon esprit
*) Bezieht sich auf die Verlobung des Prinzen Albert von Sachsen mit Marie Christine.
oeconomique je n'y tiendrai pas, et tous les jours je sacrifierois volontiers 4 millions pour le lui procurer c’etoit une scene qui m'a fait une sensation inexprimable adieu vous lui étés trop attaché et trop de mes amis pour n’y pas prendre part aussi dans l’instant j’ai voulu vous le marquer.
JOSEPH
JOSEPH AN KAUNITZ
ce 31 May 1767.
Vous n’auriés pu mon Prince m'obliger plus sensiblement que par la confiance, que votre lettre de hier m'a marquée j’ai porté à la conaissance de S. M. vos inquiétudes et désirs elle vous en est obligé et vous recomande de meme que moi de vous ménager vos nerfs sont si essentiels au grand arc de la Monarchie que nous sommes tous vivement intéressés que vous les laissies tranquille, ainsi mon Prince sans compliment, nous nous écrirons, et ne vous faite aucun effort qui puisse vous nuire, c’est asteur, les jours critiques pour mon Auguste Mère Dieu veuille nous y assister, jusqu’asteur nous n’avons aucun mauvais symptôme et la maladie la quantité terrible au visage la fait beaucoup soufrier et je vous laisse juger de ce que je resents quand je la vois si incommodé à peine l’enflure lui permet elle l'usage des yeux et de la bouche on n’ose l'aider tout lui étant, si sensible enfin jusqu'à Mercredi nous aurons encore bien de la peine, malgré la grandeur de ce mal elle ne se dement point pensant en bonne Mère à sa
famille elle dispose et prévoit tout ce que l’on doit faire journellement En souveraine elle a presente toutes les afaires s’en informe et en raisonne aussi juste que sur son Canapé j’avoue que cela me passe et je sais bien que si moi ou la plupart de nous autres aurions le quart de ses soufrances que nous ne penserions à rien qu’à nous mêmes enfin il n'y a qu’une Marie Therese et j’en suis s'il est possible plus extasié et enchanté que jamais adieu mon Prince ménagés vous dans vos justes allarmes et mettes vous en état de servir longues années une si digne souveraine de vous
(Signé:) JOSEPH.
JOSEPH AN KAUNITZ
ce \ Juin 1767. à 8V2 du soire.
Je vous laisse juger de ce que resent un fils et le plus dévoué des sujets en voyant sa tendre Mère et sa si digne souveraine à la veille de la pouvoir perdre, cette malheureuse après diné dont je n’en ai jamais vu de pire m’a mis dans cet état. L’augmentation de la fievre un peu de déliré et de la difficulté dans la respiration ont fait décider joint au désir de S. M. de la faire administrer elle à soutenue cette pieuse fonction de meme que l’extreme onction ou la tranquilité du juste et le courage qui lui est si naturell elle a eu la bonté de me parler dans des Termes et avec une justesse qui en me surprenant, m’ont je peux dire accablés de douleurs et oté presque toute force ma ten-
dresse a vaincu et ma raison n’a pas été asses forte pour areter mes larmes asteur S. M. est très presente ne peut pas dormir est agité la respiration est meilleure les petites veroles sont encore en pleine supuration par tout le corps rien n’est rentré les médecins reconnoissent le péril craignent la journée critique de demain, mais n’en esperent pas moins de pouvoir encore vaincre le mal et y ont meme plus d’espoire depuis une couple d'heures adieu voila tout ce que je sais, je ne vous demanderai pas cornent vous vous trouvés ni rien de mon état il ne faut qu'aimer et conaitre l’Imperatrice comme nous pour se le représenter.
(Signé:) JOSEPH.
ce 3 Juin 1767,
Quoique grâce à Dieu depuis ce matin 4 heure S. M. soit un peu soulage la fievre moindre et la respiration plus libre nous sommes, pourtant bien éloignées encore de chanter victoire le moindre dérangement nous pouroit mettre furieusement bas c'est pour quoi je croirai bon de différer jusqu’à demain le départ du Courier que vous me proposés d'envoyer à Paris espérant que si le mieux se soutien que nous pourrons demain en don er une plus grande certitude. Quant à la diette S. M. ne l’observe que trop car il faut beaucoup la prier pour qu'elle avale seulement une Tasse de bouillion, elle n’entend rien d’affaires hors qu’elle n’or-
donne que je lui lise quelque chose dans lequel! cas il est dificill de le lui refuser adieu.
(Signé:) JOSEPH.
JOSEPH AN KAUNITZ
ce 16 Novembre 1767.
Vous saurez déjà mon Prince le contenu des depeches qu’a aportés le Courieur arrivé hier d'Espagne à Mahony S. M. lui a déjà donné hier audience et chés moi il l’aura aujourd hui à midi je désirerai donc d’etre éclairci sur ces deux points pour regier ma réponse.
1. vous saurés que le Roi demande nomement ma soeure Charlotte faut il simplement la lui accorder, ou lui rapeler non corne une difficulté insurmontable mais neanmoins existante les désirs que de vive voix le Roi de France a témoigné qu'elle épousé l'Infant Duc de Parme comme sa fillieuîl, par la il faudra encore une autre réponse et il ne peut arriver que du bien, tant par la considération qu’on marque par là à l’Infant et au Roi de France que de ce que cella peut faire résoudre le Roi de France à demander pour son fils ma soeur Amelie et les faire tous reparler derechef du mariage de l’Infant au pis aller le Roi restera à sa position et s’engagera à contenter l’Infant et le Roi de France s’ils y avoient à redire quelque chose.
2. comme je ne compte plus accompagner quelconque soeure vous me conseillerés lequell pretexte si c’est le vrai, qui est de ne pas etre si intimement lié avec eux que
j’etois avec la défunte ou si je dois alléguer des afaires ou un autre voyage en hongrie déjà arrangé pour ce temps, l’un ou l'autre je le saurai orner des argumens les plus forts et en meme temps amicales, le propos étant pris de ne plus faire ce voyage, adieu un mot de votre part me décidera.
JOSEPH
KAUNITZ AN JOSEPH
Vienne ce 20 Décembre 1776.
Sire
J’ai lu la lettre datée de Berlin que Votre Majesté m’a fait l’honneur de m’envoyer ce matin. Cette lettre m'a engagé à relire celles que B. Swieten a écrites jusqu'ici sur le meme sujet; et j’avoue à Votre Majesté, que, tout vu et revu, à tête reposée, je crois qu'il est de mon devoir de mettre sous les yeux de Votre Majesté quelques reflexions ultérieures auxquelles cette Lecture a donné occasion, et de ne point depecher le Courier qu’Elle m’a ordonné d'envoyer à Berlin, jusqu’à ce qu’il ne Lui plaise de me reiterer Les ordres à cet égard.
La Lettre de ce matin contient de moins que celles de Swieten, la nouvelle des prétendus 500/m. Ecus pour la fonte ou refonte de 800 Pièces d'Artillerie, et il me semble qu’on y voit en gros, que l’Auteur de la Lettre ne l’écrit que, comme on dit, pour l’acquit de sa Conscience, et sans y attacher une certaine valeur.
Swieten ne mande que les memes choses à l'exception
de l’Article de l'Artillerie, lequel, s'il est vrai, comme on Beer, Josef II. und Kaunitz 29
ne fait gueres une refonte generale de l'Artillerie à la veille pour ainsi dire de l’ouverture d'une campagne, ne paroit assurément pas annoncer une Levée de bouclier prochaine.
L'un et l'autre de ces deux Messrs- conviennent que tous les Ordres donnés ne portent que sur la seule Poméranie, et il s'ensuit, supposé meme qu'ils soient vrais dans toute leur étendue, que ce n’est pas Nous au moins qu’ils peuvent regarder; Et d'ailleurs dans cette supposition meme, ils pourroient fort bien n'avoir eu pour principe que des causes purement relatives à cette Province, dans l'Administration de laquelle le Roi peut avoir appris ou supposé des négligences qui Lui auront paru exiger ce genre de fiscalisation, pour y rendre l'Administration civile et militaire plus attentive. De plus il n'y rien dans tous ses Ordres que plus ou moins on ne Lui ait vu faire presque tous les ans, et souvent meme beaucoup d'avantage.
Il faut ajouter à tout cela, que sans être d'accord avec la Russie, il est impossible, ni qu'il puisse ni qu'il ose Nous attaquer. Que pareil Concert avec la Russie est hors de toute vraisemblance, attendu qu'il seroit contraire à l'intérêt et à la Convenance de Son Empire; Le Roi n'a jamais dit non plus encore un mot à Son Ministre en cette Cour de toutes ces prétendues dispositions guerrières. Jamais aussi jusqu'ici il n’a rompu avec Nous, qu'après quelque Declaration préalable, donnée ou demandée de sa part.
En un mot, sans beaucoup d’autres raisons que je pourrois ajouter encore, moyennant les susdites il me paroit
hors de toute vraisemblance, que le lloi veuille faire la guerre, et surtout, que cela puisse Nous regarder.
Moyennant tout cela, j’avoue à Votre Majesté, que je pense qu’il n’est pas teins encore de Nous laisser aller à la démarché que nous voulons faire, attendu qu’elle n’est point necessaire, et qu’au lieu de faire aucun bien, vu l'invraisemblance d’une appréhension fondée, elle pourroit être attribuée à une inquiétude dont il ne faut pas meme qu’on puisse jamais Nous soupçonner.
Si le Roi at la faiblesse d’avoir peur, le tems, les rapports ultérieurs de la Tranquillité qui regne ici, et surtout le Départ de Votre Majesté detrouiront ses inquiétudes tout aussi efficacement que ce qu’on pourroit lui écrire. Et nous éviterons en meme tems l’Espece d’Engagement que Nous aurions pris par la Lettre de Votre Majesté, de ne jamais prendre les Armes contre lui que dans le seul cas au quel il les prendroit contre Nous, tandisque il peut en arriver d’autres qui pourroient Nous obliger à prendre ce parti, pour empecher ce Prince d’augmenter encore d'avantage sa Puissance aux dépens de quelqu’un de ses Voisins. Je serois donc d’avis, qu’il pourroit etre de la gloire et de l’interet de Votre Majesté de différer quant a present, l’Envoi de la Lettre, et d’entreprendre tout uniment son voyage en France au tems fixé, sauf à Nous laisser ici les Ordres de toute Espece qu’Elle eut donnés au cas que les circonstances l’eussent exigé si Elle avoit été presente, afinqu’on puisse en faire usage, si contre toute attente cela devenoit necessaire pendant son absence. Je soumets cependant le
tout, comme de raison, au bon plaisir de Votre Majesté,
dont j'attendrai et exécuterai les Ordres quelconques avec la plus profonde soumission.
(Signé:) KAUNITZ-R1ETBERG.
KAUNITZ AN JOSEPH, le 31 Janvier 1777.
Rien n'est plus propre à la decouverte de tout ce, qu'il peut y avoir dans une chose quelconque, le Bon, le Mauvais, le trop, le trop peu, quoiqu’il puisse y avoir enfin, que l'Analyse et la Décomposition. Je n’ai jamais cherché avec succès, ni trouvé la vérité, qu'au moyen de cette méthode, et je crois par conséquent devoir exposer très humblement à Votre Majesté l'Analyse, et la Décomposition de mon très humble Projet de Patente, afin qu'après qu’Elle aura eu la bonté de le relire encore une fois, Elle puisse décider definitivement sur ce, qu'il pourroit y avoir de trop ou de trop peu, et par conséquent sur ce qu’Elle jugera à propos de m’ordonner d’omettre ou d’ajouter. Voici quel a été mon but:
J’ai voulu rétablir la tranquillité promptement, et en assurer la durée sans etre obligé d’y employer la force.
Et j’ai voulu en meme teins faire réussir s'il se peut, l'idée de l'abolition des Corvées et de la Leibeigenschaft parceque S. M. l’ Impératrice la desire, et qu’effectivement elle est désirable si elle peut avoir lieu de gré à gré.
Les moyens en échangé que j'ai crû devoir employer pour faire ce double effet les voicy.
J’ai crû à cette fin, devoir faire dépendre ces deux objets si intimement l'un de l’autre, que celui qui desireroit l'un des deux séparément, se trouvât intéressé à concourir également à la réussite de tous les deux conjointement Praemiis poenis et persuasione , nec aliter animi coguntar.
En partant de ce Principe voicy en abrégé le cannevas du Projet de la Patente, que je propose, laquelle sans
doute ne vaudroit rien du tout, et seroit même pernicieuse, si elle n’etoit pas conforme aux Observations très judicieuses de Y. M.
Dans le premier paragraphe avec Dignité, mais avec bonté en même temps S. M. fait sentir: que quoique,
qu’Elle ait sujets d’etre peu satisfaite de la conduite de son Peuple, après avoir fait pour lui tout ce que la justice distributive, la Constitution, et les loix ont pû lui permettre de faire en sa faveur, Elle veut bien différer cependant le Châtiment qu’il eut mérité en attribuant sa désobéissance moins à ingratitude et mauvaise volonté qu'à ignorance; et cette supposition a été necessaire pour que S. M. put se
dispenser de sévir dez à présent. Mais Elle fait sentir en
même teins que le Peuple doit s'attendre aux Chatimens les plus rigoureux, si contre toute attente il ne cherchoit pas à mériter l’oubli de ses fautes passées par sa Conduite avenir. En même teins après avoir détruit par ce que cy dessus tout espoir fondé, que de ce chef Elle pourra faire encore d’avantage, Elle témoigné, qu'en sa qualité de Souverain Elle verra cependant avec beaucoup de satisfaction
que plus de bien encore puisse se procurer par d’autres moyens.
Elle dit ce que à cet effet, Elle a déjà fait comme Seigneur Terrier parcequ’Elle a crû faire chose egalement utile au Seigneur et aux sujets.
Elle invite par cette raison les Seigneurs à s'en convaincre. Elle Leur en offre les moyens. Elle témoigné, combien en cas de conviction, il Lui seroit agréable, que les Seigneurs imitassent son exemple. Mais Elle déclaré en meme tems que respectant les Loix de propriété Elle est bien éloignée de vouloir obliger qui que ce soit de faire autrement qu’il ne l’entend; Et après avoir déclaré positivement, qu'Elle est bien persuadée que de pareils etablissements dépendent d'un consentement mutuel des parties qui doivent contracter et avant tout de la seule et libre volonté des seigneurs. Elle fait comprendre au peuple qu’il n’est qu’un moyen qui puisse engager leur Seigneurs à y consentir: Obéissance persévérante et bons procédés de tout espece.
Elle joint à l'appas de la réussite possible de cette chose qui est actuellement si ardemment desirée par les paysans, le puissant moyen de leurs faire sentir par les châtiments et les privations dont Elle les menace, en cas qu'ils ne rentrent pas dans tous leurs devoirs. Et il paroit presqu’impossible, que par ces moyens reunis de la crainte des châtiments et de leur propre intérêt il ne s’ensuive pas en même tems le double effet que j’ai eu en vue dans mon très humble projet de Patente, qui est le résultat de tout mon travail.
Et c’est parceque le désir de voir rétablir l’activité de la Commission m’a paru pouvoir etre un moyen de plus, et
quil est toujours bon lorsqu'il est par exemple quatre moyens propres à produire un effet, de ne pas se borner, à n'en employer que trois, que j’ai crû devoir associer celui cy aux autres, d’autant plus que je n'y ai vû la possibilité d'aucun inconvénient. Il peut cependant ne point en etre fait mention, supposé que Y. M. l’ordonne, et en ce cas il suffira d’omettre le passage à la fin que j'ai sousligné en crayon rouge. Mais pour tout le reste du projet, V. M. ne trouvera pas mauvais sans doute, que je prenne la liberté de Lui avouer, que je crois, que le bien de son service exigeroit, qu'Elle eût la bonté de l'approuver tel qu’il est, parceque si nous en otons, ou y mettons quelque chose, les matériaux ne tenant plus ensemble, tout l’edifice écroulera, et au lieu de très grands effets qu’auroit pû produire l'ensemble des moyens très humblement proposés, nous ne ferons rien.
J’ose presque me flatter, que V. M. pourra avoir la bonté de trouver que j’ai satisfait d’avance aux observations de son très gracieux billet dont très humblement je La remercie; Et dans cette confiance j’espère que V. M. ne prendra pas ma respectueuse franchise en mauvaise part, attendu qu’Elle en connoit le principe, et que tout ce qui part de là n’est pas pour pouvoir déplaire à quelqu’un d’aussi grand, en tout sens et d’aussi bon qu’Elle envers un serviteur qui Lui est aussi attaché que moi.
(Signé:) KAUNITZ-RIETBERG.
KAUNITZ AN JOSEPH
le 1 Février 1777.
L’Envie de concourir au bien, d’empecher au moins, qu'il n’arrive de mal pire et surtout de satisfaire V. M. autant que je puis me le permettre m'a engagé à refondre à la hâte mon très humble Projet de Patente. Je souhaite avoir eu le bonheur de m’être rapproché assez des intentions de V. M. pour qu’il puisse lui convenir, parceque je crains fort que sans aucun tempérament quelconque S. M. l'Imperatrice aura bien de la peine à se déterminer purement, et simplement à ce que V. M. voudroit que l’on fit uniquement, et qui pourroit à ce qu’il me semble se faire également de cette façon. Je m’en rapporte cependant à tout ce que V. M. jugera à propos de faire ou de ne point faire. Mais au cas qu’Elle ne trouvât pas non plus ce dernier Projet admissible, je la supplie de vouloir bien me faire connoître, si je puis ce non obstant l’envoyer à S. M. l’Imp. accompagné de mon Vortrag allemand, que V. M. a déjà lü, attendu que je ne pourrois pas m’empecher de Lui remettre enfin mon très humble avis qu’Elle a demandé et que j’ai promis, et que selon les bornes de mon Entendement je ne puis pas en conscience donner que tel, qu’il est. Je baise très humblement les mains à V. M.
(Signé :) K AUNITZ-RIETBERG.
Vienne ce 21 Juin 1777.
J'etois trop certain de Y Effet que devoit faire mon héros sur une nation qui sait observer et apprécier, pour avoir pu etre étonné, de tout ce que la renommée nous a transmis du séjour de V. M. à Paris, mais, en échangé, j'en ai été autant plus vivement et plus délicieusement affecté, parceque je vous aime tendrement, et que je sens un plaisir inconcevable d’avoir prévenu par mon opinion sur V. M. celle de tout le reste du genre humain. Ayez grand soin de Votre conservation mon cher Maitre, pardonnez moi cet épanchement de coeur, que je n’ai pas pû contenir jusques à votre retour, et conservez moi vos bontés
(Signé:) KAUNITZ-RIETBERG.