‹ Joseph, ou, Le vertueux ouvrier: ou le vertueux ouvrierChapitre 12 sur 74 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Une demi-douzaine de camaradee.

Tous les élèves de Fécole. des Frères o'éUieDt pas aussi sages qu'Arthur; et Joseph, qui avait i'œil trop fin pour oe pas s'apercevoir des désordres de quelques-uns d'entre eux , et qui savait qu'on prend ordinairement les défauts de ceux qu'on fréquente, faisait tout son possible pour ne pas aller trop souvent dans leur compagnie. Il n'avait pourtant pas l'air de les fuir ; mais il savait toujours leur échapper, et Arthur en faisait autant.

Ce dernier, dont les parents jouissaient d'une honnête aisance et se livraient avec succès à un petit commerce de quincaillerie, avaiteu à se reprocher dans son enfance une grosse vilaine faute, mais il la pleura bien long-temps et n'y retomba jamais : c'est un vol dont il se rendit coupable à neuf ans.

Ses parents ayant laissé sur le comptèir une trentaine de sous , Arthur, au lieu de les faire tomber dans le tiroir, comme il avaitcoutume, leur tit prendre adroitement le chemin de sa poche. C'était un samedi ; il se proposait de les convertir en bonbons le lendemain à la promenade. Mais il fallait arriver là , et cette nuit devait être une des plus orageuses de la vie d'Arthur. Quand on a une âme si belle , on ne porte pas sans futigu^ le poids d'une si mauvaise

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