‹ Joseph, ou, Le vertueux ouvrier: ou le vertueux ouvrierChapitre 20 sur 74 · JOAN. XIT. 13. * JOAN. XIV · texte numérisé non relu

JOAN. XIT. 13. * JOAN. XIV

D6 permet pas qu'on puisse raisonbablement y soupçonner de rimposture.

B Rien n'égale, du reste, la sublimité des enseignements qu'il renferme , et pourtant la raison , qui doit s'incliner sous les hauts mystères que présente cette doctrine céleste, sent que, loin d'être écrasée par eux , elle est au contraire dirigée par leur lumière, qui vient suppléer à l'insuftisance de la sienne. Les mystères la surpassent , en ce sens qu'elle ne peut les comprendre; mais elle comprend parfaitement que ces mystères viennent de Dieu , et qu'émanés d'une semblable source ils méritent nos respects et doivent être reçus avec la plus entière confiance.

La morale de l'Evangile est si pure, ses préceptes si sages , qu'ils ont forcé l'admiration des ennemis mêmes de la révélation.

' D Adorer Dieu en esprit et en vérité ; craindre sa justice divine ; se confier en la bonté de Dieu , se soumettre en tout à sa volonté sainte ; l'aimer de tout notre cœur, et montrer cet amour par des témoignages extérieurs; lui rendre grâce du bien qui est en nous et lui en rapporter la gloire; le prier et chanter ses louanges : voilà ce qu'en mille endroits l'Evangile prescrit par rapport à Dieu.

» Aimer nos frères , c'est-à-dire tous les hommes sans exception , et donner à cet amour les caractères que saint Paul , le meilleur interprête de l'Evangile, présente en peu de mots dans son épttre aux Corinthiens ^

» Etre doux , patient, désintéressé , soignélr la pureté du cœur, sans laquelle on ne peut yoir Dieu , et celle du corps dans lequel ce grand Dieu veut habiter comme dans son temple; supporter les peines avec

^ I. Coa. XIII.

CHAPITAB Vl 51

patience , goûter les biens et les plaisirs avec sagesse et modération : voilà quelques-uns des principaux traits de la morale évangélique.

D Cette foi si pure éprouve , de la part du monde qu'elle vient réformer, des contradictions, des mépris et quelquefois même de sanglantes persécutions. Mais le Sauveur promet à ceui qu'il envoie pour la prêcher, qu'il sera avec eux et les fera triompher ^

D Le prodîgieui changement qui s'opère, le jour de la Pentecôte , dans ces hommes ignorants et timides, est déjà une preuve de la puissance du Dieu qui les soutient. Ce miracle sera à jamais inexplicable aux ennemis de la foi chrétienne, et pourtant il ne leur sera pas possible de le contester.

» Le peuple chrétien se forme sous la conduite des Apôtres , et prend le nom d'Eglise. Le même esprit qui leur a été donné pour la conduite passe à ceux qui doivent la diriger après eux , et cette effusion permanente de TEsprit-Saint est un miracle continuel et sensible qui explique l'inébranlable fermeté de ce royaume spirituel qui ne doit point avoir de fin.

» Les Prophètes ont annoncé l'éternelle durée de l'Eglise , et le monde la Voit en effet traverser, sans que rien puisse arrêter sa marche , les siècles qui se succèdent et qui la retrouvent toujours la même au milieu des changements qui varient la scène du monde, et toujours debout, malgré les persécutions sanglantes et les attaques secrètes et insidieuses de ses plus cruels ennemis.

» La mission de l'Eglise est de recueillir, jusqu'à Ja fin des temps , les enfants de Dieu , et de diriger leurs pas vers le ciel , où d'éternelles récompenses

^ Mattb. cap, ult.

soiit promises à leur fldéiiié et doivent payer ledrs efforts constants et léur'persévérance.

» Voilà rhistoire de cette Religion sainte, dans !aquèlîe tout œil attentif et non prévenu devra nécessairement découvrir l'œuvre de Dieu travaillant au salut des hommes. »

Telle est la substance du petit écrit que Joseph avait tracé au catéchisme de persévérance , sous la dictée de son pieux pasteur, qui croyait avec raison que rien n'est plus efficace, pour porter les hommes à pratiquer la religion , que de leur rendre sensible la divinité de son institution , en leur développant avec clarté, force et simplicité, sa merveilleuse économie.

♦«Ce**-

Page 1