CHAPITRE XI
ocvlstree ^i ne pouvaient ni se tronpef sur cee faits palpables ui avoir intérêt à nous tromper nousmêmes , et il traita en particulier du grand prodige de la résurrection de Jésus-Glirist : prodige avoué par ses ennemis eux-mêmes qui firent les derniers efforts pour en atténuer Peffel; prodige invoqué avec tant de hardiesse par les apôtres , sur le lieu même oi^ il s'était opéré, et dont l'évidence paraissait telle dans les premiers siècles , qu'il suffisait de prêcher cette vérité pour opérer d'innombrables conversions et peupler la terre de martyrs ; prodige enfin qui n'a pas pu cesser d'être vrai pour nous , s'il Ta été réellement pour ceux qui vivaient alors ; car lé temps peut faire vieillir la vérité , mais il ne saurait jamais la détruire. Un fait , quand il est prouvé et incontestable» ne perd plus sa valeur; et, pour être un fait passé , il n'en est pas moins un fait certain.
Les prophéties qui avaient annoncé la venue du Sauveur et les miracles opérés par lui et par ses disciples étant les preuves les plus sensibles de la divi* nité de la religion , l'orateur crut devoir consacrer à chacun de ces deux sujets une conférence particulière.
Après avoir rappelé ce que dit quelque part le grand Bossuet, que les prophéties sont la gloire et le fondement de la religion, et qu'on a tort de négliger cette preuve , il montra que la connaissance de l'avenir n'appartenant qu'à Dieu, étales hommes ne pouvant avoir naturellement que des prévisions incertaines , il fallait nécessairement reconnaître l'intervention divine là où se rencontraient des prophéties )ttsli(iées par les événements. Voilà pourquoi Notre- Seigneur lui-même attachait tant d'importance à cette preuve , recommandant d'étudier les saintes Ecri-
(ures , qui rendaient, disait-il , témoignage a sa ce* leste mission ^
Saint Paul et les autres apôtres accablaient les Juifs du poids des prophéties, dont Taccom plissement était visible pour eui et les réduisait à se convertir ou à garder le silence ^.
Les hommes apostoliques des premiers siècles ont constamment suivi cet exemple , s'appuyant toujours sur l'accomplissement des prophéties pour prêcher l'Evangile ; et les esprits les plus éminents de cette époque , tels que saint Justin , Tatien le Jeune, et autres qui abandonnaient le paganisme , disaient avoir été entraînés vers la foi chrétienne par la force de cette preuve.
Les apologistes , et en particulier Origène et Tertullien, opposent sans cesse à Topiniâtreté des incrédules Taccom plissement visible des prophéties.
Pourquoi cette preuve ne serait - elle plus admissible aujourd'hui ? On veut du positif ; mais il n'y eu a point de plus rigoureux que les faits accomplis à Torigine du christianisme; et si , à travers l'obscurité des temps , ces prophéties nous apparaissent moins fortes et moins puissantes, celles qui s'accomplissent chaque jour sous nos yeux ne doivent-elles pas nous frapper et nous ébranler ? Cette promesse solennelle faite par Jésus-Christ à son Eglise , que les puissances de l'enfer ne parviendraient jamais à rébranler, n'en voyons-nous pas dans l'histoire passée et contemporaine le parfait accomplissement? La ruine de Jérusalem si divinement prédite et si terriblement accomplie; celle de l'idolâtrie non moins précise, non moins sensiblement réalisée dans tout l'univers ; cette parole prononcée par une sim-
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pie fille de Judée , mère de Celui qui s*aDnoQce comme le Rédempteur du monde : «Voilà que toutes les génératioDS m'appelleront bienheureuse ' : » ne sont-ce pas là des événements dont il était impossible d'avoir à Pavance une connaissance précise , à moins d'une lumière surnaturelle que Dieu n'a pu communiquer aux hommes que pour établir la réalité de son intervention dans l'affaire de leur salut.
Abordant ensuite la grave question des miracles , te jeune orateur fit comprendre à son auditoire, qu'en réglant les lois de la nature d'une manière fixe et invariable, Dieu a pu se réserver le droit de les suspeudre quelquefois» et qu'il en a certainement le droit; que ces opérations extraordinaires et merveilleuses, étant comme une espèce de témoignage qu'il se rend à luimême , il a dû s'en servir pour démontrer et rendre sensible aux hommes la diTÎoité de la religion chrétienne , qui s'appuyait sur une semblable base.
Puis /s'emparant des faits miraculeux dont l'histoire évangélique et les écrits des apôtres sont remplis , il en a fait toucher au doigt la certitude et la vérité. Ils ont été écrits pendant la vie de ceux mêmes qu'on dit en avoir été témoins, et qui avaient tant d'intérêt à ne pas laisser prévaloir, si elle eût été dusse, la doctrine chrétienne si peu faite pour flatter les passions.
a Nous voyons, a dit l'orateur, l'apôtre saint Paul rappeler aux Thessaloniciens et aux Corinthiens , dans les lettres qu'il leur adresse , les prodiges qu'il avait opérés lui-même sous leurs yeux pendant le cours de ses prédications. Mais si les miracles dont il parie n'avaient pas eu lieu , comment oser écrire à toute une ville pour lui en rappeler le souvenir T
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N*était-«e pas dire tout haut : Regardez-moi eomme an ioseosé ? Qu*uq roi« par exemple, ou un prisée, passe aujourd'hui dans cette ville , continua Turateur; qu'il vienne visiter nos cours du soir, et qu'après être de retour dans sa capitale, il lui prenne envie de nous écrire une lettre dans laquelle il nous dirait ; o Vous savez tous , jeunes ouvriers , que tel jour j'ai assisté à une de vos réunions , et que mon passage parmi vous a été marqué par des prodiges de tout genre; que j'ai guéri un malade , ressuscité un mort , etc. o Ne diriez-vous pas que ce prince a perdu l'esprit , et que sa place est aux petites maisons ; car vous n'auriez dans sa visite rien vu de seœ^ blable? Comment donc saint Paul aurait-il eu le front d'écrire de semblables choses à toute une ville , si liBS faits auxquels il faisait allusion n'eussent pas été constants et avérés? Les hommes d'alors n'avaient^ ils pas des yeux comme nous et un esprit qui valait le nôtre? Ils n'étaient peut-être pas si avancés que nous le sommes dans certaines branches de l'industrie , et les arts n'avaient pas fait encore les progrès qu'ils ont faits depuis ; mais le siècle qui nous a laissé les poésies de Virgile et d'Horace , les discours de Cicéron , et qui a bâti Pompéïa et Herculanum , n'était certes pas un siècle où l'on pût faire croire é des villes entières et aux premières villes de l'univers, que des faits miraculeux s'étaient accomplis dans leur sein , pendant qu'il n'y en aurait pas eu l'ombre. Il est donc impossible , quand on raisonne, de refuser sa croyance à ces faits, et c'est sur eux que repose la divinité de notre foi.
A Mais pourquoi ne se fait il plus de miracles au^ jourd'bui? Dites plutôt pourquoi s'en fait -il moins que dans les premiers siècles? Saint Augustin vous
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répondra ; ni G'esi q&ïh ne «ont plat néeettaifes comme ils l'étaieot alors, puisque nous sommes pour toujours eo possession de eeux qui oat eu lieu à l'origine du ctiristianisme. Il faut bien moins de frais pour entretenir un édifice que pour te bâtir. » Et puis n'est-ce pas un miracle toujours subsistant que la foi du monde entier traversant les siècles et s^ conservant pure et entière malgré Jes attaques qui lui viennent de toutes parts? S'il y a moins de fait4 miraculeux dans l'Eglise , il y en a pourtant toujours, et cette preuve sensible de l'assistance divine n'a manqué à la religion dans aucun siècle. »
Les élèves des Cours du soir recueillaient avec autant d'avidité que de reconnaissance les instruc*lions religieuses qui leur étaient données; ils en par^ laient souvent entre eux, et chaque fois que le ba«* sard ou plutôt la Providence leur faisait rencontrer quelque part l'ecclésiastique à qui ils devaient ce précieux avantage , ils lui demandaient de nouveaux éclaircissements et lui adressaient une foule de ques* lions , que le respect dû à la parole divine ne permet pas de faire au prêtre quand il est dans rexercice d.e la prédication.
Un jour que Joseph et un de ses amis rencontré* rent ce digne prêtre : a Permettez-nous , lui dit Jo* seph» de devenir ici les interprètes de tous nos compagnons, pour vous remercier du service si important que vous nous rendez. Pour moi, je goûte fort vos instructions ; je sens qu'elles raffermissent ma foi et me font le plus grand bien ; mais permettez-moi de vous dire qu'il est un sujet que vous n'avez pas.en* core traité et que nous aimerions à vous voir aborder courageusement. Vous nous avez démontré Timmor-^ talité de l'âme , mais vous n'avez rien dit ,de sa des*
UsëedaDs Tautre vie. Âuriez-vous peur de noas parler de Tenfer? c*e8t pourtant ub sujet que les incrédules ont couvert de leurs railleries , et nous aimerions à recevoir de vous des armes pour défendre ce dogme sacré mais terrible.
» Certes , je crois à Tenfer comme à toutes les autres vérités de la religion ; car il me semble que la foi est un tout qui se compose de mille pièces unies par Dieu et que nous n'avons pas -le droit de séparer ce qu'il a uni. La même autorité qui me fait croire à ia divinité de Jésus-Christ et au paradis , m'oblige aussi à courber ma tête sous le dogme des peines éternelles. Tout ce que Dieu nous a dit doit être également vrai ; mais pourtant il me vient quelquefois de mauvaises pensées sur Tenfer; je ne sais comment concilier son existence avec la justice et la bonté de Dieu. Il me semble que c'est bien rigoureux de sa part de punir si long-temps des fautes commises quelquefois avec tant de légèreté.
— Mon amî , reprit le digne prêtre , je vous remercie de me paHer avec cette franchise qui vous honoce, mais soyez bien persuadé que TexisteBce de Tenfer se concilie facilement avec les attributs de Dieu et ne les blesse en rien.
Vous remarquerez d'abord que les fautes vénielles y quelque nombreuses qu'elles puissent être , ne sont point punies parles feux éternels; c'est dé[à une grande bonté de la part de Dieu.
i> Quant aux fautes mortelles , il en est qui sont tellement atroces, tellementMndignes d'une créature raisonnable , qu'elles doivent mériter un châtiment effroyable. Croyez-vous , par exemple , que ce soit trop d'un enfer pour celui qui plonge le poignard dans le sein de son bienfaiteur, pour celui