CHAPITRE XI
qui Be craifit pas de flétrir lui-inême rîDDoeeDced'un^ personne sur laquelle il était chargé de veiller, pour celui eo6n qui passera quarante ou cinquante ans de sa vie sans faire un seul acte de religion et sans s*occuper plus de Dieu que si c'était une ombre de divinité? Oh ! non, ce n*est pas trop d'un enfer en pareil cas ; vous en conviendrez sans peine ?
— Oui , dit Joseph , mais il y a des péchés mortels de fragilité, de faible9se, et pour ceui-là un châtiment éternel me paraît bien rigoureux.
— Mon ami , reprit Tecclésiastique « si Dieu n*a* vait pas donné à Thomme le moyen de devenir fort et de se prémunir contre sa propre fragilité, évidemment il serait cruel de le punir ainsi pour des fautes qu'il n'aurait presque pas pu éviter ; mais croyesvous y Joseph , au mystère de la Rédemption ? Voyezvous )e sang d*un Dieu qui coule sur le Calvaire et qui arrive ensuite jusqu'à nous par les sacrements! Mettes donc cela dans la balance , et vous pourrez alofs mieux juger la question de l'enfer. Âh ! sans doute, si on le prend , cet enfer, isolément et sans le rapprocher des autres vérités révélées , on ne pourra jamais rien comprendre à cette justice épouvantable de Dieu ; mais , mon cher Joseph , vous le disiez tout-à-l'heure avec raison , il n'est pas permis de démembrer ainsi la religion ; il faut la prendre et l'étudier dans son ensemble. Il faut voir non-seulement les supplices dont Dieu nous menace, mais aussi les secours abondants qu'il nous donne pour les éviter. Vous êtes faible ! qui en doute ? mais qui vous empêche de prier, et par la prière l'homme faible ne se revêt-il pas de toute la force de Dieu? Qu'il ose donc ensuite se plaindre de sa faiblesse. Ce serait comme celui qui se plaindrait de mourir de
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soif aytfii auprès da lui une source limpide etâbettdante daos laquelle il oe voudrait pas puiser.
» Quant k ce qui regarde la bonté de Dieu , ^ue fOtts ne pouves concilier avec feustenee de Feuler , un mot seulemaii, Joseph.
Dussies-vous d'abord vous scandaliser de cette parole , )e dis qu'à mes yeux l'enfer est la plus grande preuve de la bonté de Diçu pour nous. Cette bonté en effet ne iconsiste-t-elle pas à prendre les moyens les plus efficaces pour procurer notre saiuti Or quoi de plus utile que la ci*ainte de Dieu , qui est le commencement de la sagesse , et qui est le pre^ mierpas pour arriver à ramour divin? Si Dieu nous épouvante d'un côté par la vue de cet enfer , ne nous tend~il pa^ les bras de l'autre pour nous recevoir dans sa miséricorde ? Il a dit : Les hommes seront peut-être insensibles à mes bienfaits; je les obligerai par la crainte des châtiments i se tournnr vefs moi. Oui , l'enfer est une preuve de sa bonté , piMsque cet enler n'a peur but que de nous .forcer à raimer. dieu ne se plaît pas â nous y voir victimes de sa colère ; et la preuve , c'est qu'il nous avertit à l'avance , comme un père qui menace. ses enûmts, parce qu'il ne voudrait pas être obligé de les châtier. Un enne-^ ■M, au contraire, quand il veutfrapper/ n'avertit pas.
• Vous voyez « Joseph , «par •ces quelques paroles jetées à la hâte, que j'aurais beaucoup i dire sur ce sujet , et qu'il me serait moins difôcile que vous ne le pensiez d'abord de concilier l'existence de Tetifer avec la justice et la bonté de Oieu. »
Joseph déclara qu'il n'avait rien à objecter à' des constidéraiious si raisonnables et si jusles ,< et W re- Bouvehi les témoignages de sa reconnaissance à son vénérable interlocuteur.