‹ Joseph, ou, Le vertueux ouvrier: ou le vertueux ouvrierChapitre 39 sur 74 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

des principes religieux ; avec ceux-là il y a plus de ressource , surtout quand on sait s'y prendre comme il faut.

— Oui , dit Joseph , tu as raison ; un ouvrier sage, réglé, bon travailleur, se rend par ses qualités si précieux pour son maître , que celui-ci y tiendra nécessairement beaucoup, et lui fera d'utiles concessions. Il y a long-temps que j'ai compris cela et que j'ai résolu de ne point m'écaner de cette ligne. Je fais en sorte de ne pas perdre une minute dans la semaine ; je suis toujours prêt à faire ce que veut mon maître; je deviens pour lui un ouvrier presque nécessaire, et alors je n'ai pas peur qu'il me congédie quand je lui demanderai un peu de repos le dimanche. 11 a trop de bon sens pour cela, et il entend trop bien ses vrais intérêts.

D Quand l'ouvrage commande, et qu'il y aurait beaucoup de perte à l'interrompre , je suis le premier à dire : bourgeois, il faut marcher, puisque la nécessité le commande. Laissez-moi seulement aller à la messe, et je suis à vous. Mais en toute autre circonstance, je le prie de ne pas me forcer la main, et je lui^lis : Tenez, vous vous plaignez d'un tel et d'un tel, qui vous servent mal et font votre tourment; soyci persuadé, bourgeois, que je deviendrais pire qu'eux si je perdais ma foi ; et je la perdrais si je ne la nourrissais pas. Voilà mon système.

— Approuvé , dit l'autre en souriant; mais je crois

que me voilà au bout de ma demi-heure. On me l'a-

' vait donnée à causé de toi , il ne faut pas que j'en

abuse. Adieu ; courage , patience , tu seras bientôt à

nous.

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