CHAPITRE XIII
Le retour au pays.
Joseph était parfaitemeat guéri ; il reprit ses tra* vaux avec un courage plus grand que jamais, et il eut bientôt réparé le temps perdu. Mais, au bout de quelques mois , il ressentit Jes atteintes d*un mal qu^il n'ayait point encore connu , et qu'on appelle le mal du pays. Joseph eut envie de revoir sa famille » sa mère; il y avait cinq ans qu'il en était séparé, et pour un cœur comme le sien c'était une très-longue absence. Marguerite avait de son côté le même désir; elle sou-* baitait ardemment voir son tiis , et elle lui avait déjà écrit plusieurs fois pour le prier de hâter son retour. Il y pensa donc sérieusement , et finit par se décider tout de bon à regagner ses foyers.
Le retour a bien des charmes en pareil cas. Joseph les goûta dans toute leur plénitude. Il apportait à Marguerite le reste de ses épargnes , de petits souvenirs recueillis dans le voyage et surtout dans les lieux que la piété des peuples a rendus célèbres, une fleur cueillie près du tombeau d'un saint , une médaille rare et précieuse ; mats ce qui valait mieux encore, Joseph rapportait à sa mère un cœur bon, sage, chrétien , disposé k la rendre toujours heureuse.
Il lui raconta fort au long ses aventures , et n'oublia pas le naufrage que sa vertu avait été sur le point